Mélamine et acide cyanurique

Toxicité, évaluation préliminaire du risque et orientation sur les teneurs dans les denrées alimentaires


Toxicité de la mélamine

On n’a pu obtenir aucune donnée sur la toxicité orale de la mélamine chez l’homme. Les données dont on dispose proviennent d’étude sur l’alimentation du rat, de la souris et du chien. Les principaux effets toxiques d’une exposition alimentaire à la mélamine chez le rat et la souris sont la lithiase rénale, des réactions inflammatoires et une hyperplasie de la vessie (OCDE 1998, Melnick et al 1984; Bingham et al 2001; CIRC 1986).

On a signalé une cristallurie à la mélamine chez le chien (Bingham et al. 2001). L’hématurie a été rapportée chez le rat (IUCLID 2000). La dose sans effet observé la plus faible pour la lithiase urinaire est de 63 mg/kg/jour dans une étude de 13 semaines sur le rat (OCDE 1998).

Les études sur les rongeurs ont montré une variation des effets selon le sexe, les mâles étant plus sujets à développer des calculs urinaires (DHSS/NTP). On constate également des différences entre les espèces au niveau de l’incidence de la lithiase urinaire, que l’on pense dues à des variations de la toxicocinétique.

L’analyse des calculs urinaires a montré qu’ils étaient constitués de mélamine et d’acide urique ou de mélamine dans une matrice de protéines, d’acide urique et de phosphate (Ogasawara H et al. 1995; OCDE 1999)

Néphrotoxicité de la mélamine

La plupart des études de toxicité alimentaire aiguë ou subaiguë chez l’animal n’ont pas mis en évidence de néphrotoxicité. Chez la ratte cependant, une étude sur 13 semaines a permis de constater des dépôts calcaires dans les tubules proximaux et, après une étude sur deux ans, on a observé une inflammation chronique des reins (DHSS/NTP).

Chez le rat et le chien, la mélamine à fortes doses a des propriétés diurétiques mais n’entraîne pas une néphrotoxicité (Lipschitz and Stokey, 1945).

Cancérogénicité

On a observé que la consommation pendant 103 semaines d’une alimentation contenant 4500 ppm de mélamine (l’équivalent de 225 mg/kg) induisait des carcinomes de la vessie chez le rat mâle, mais pas chez la femelle, ni chez la souris mâle ou femelle (JMPR 2006). Il y a un lien significatif entre les tumeurs et le développement de calculs urinaires (DHHS/NTP), ainsi qu’avec l’administration de fortes doses.

La mélamine n’est pas génotoxique in vitro ou in vivo.

Le Centre international de Recherche sur le Cancer de l'OMS (CIRC) a conclu qu’il y avait suffisamment de preuves de la cancérogénicité de la mélamine chez l’animal de laboratoire aux doses où elle peut produire des lithiases rénales. En revanche, les preuves de sa cancérogénicité pour l’homme sont insuffisantes.

Partager