Mélamine et acide cyanurique

Toxicité, évaluation préliminaire du risque et orientation sur les teneurs dans les denrées alimentaires


Orientation sur les niveaux d’alerte sanitaire pour les aliments

L'administration américaine la Food and Drug Administration (FDA) a publié dans son évaluation provisoire une méthode pour déterminer un «niveau d’alerte» pour les denrées alimentaires. C’est le niveau auquel la dose journalière tolérable (DJT) est atteinte en tenant compte des habitudes de consommation locales et de la population concernée.

On peut appliquer cette méthode pour obtenir des indications sur les niveaux de contamination à la mélamine qui pourraient entraîner des problèmes sanitaires dans des aliments bien précis.

Pour cette méthode, il faut prendre en considération le poids moyen de la population ciblée pour calculer la quantité tolérable de mélamine par personne et par jour, en tenant compte de la quantité de l’aliment en question consommée chaque jour.

En partant d’une DJT de 0,5 mg/kg, on obtient pour une personne de 50 kg une dose journalière tolérable de 25 mg de mélamine. Si l’on part du principe que cette personne boit un litre de lait par jour, la dose journalière tolérable DJT est alors atteinte à la teneur de 25 mg de mélamine par litre de lait. C’est cette teneur qui sera alors considérée comme «niveau d’alerte».

Pour un nourrisson de 5 kg, la quantité admissible de mélamine est alors de 2,5 mg/kg, qui sera atteinte en consommant 750 ml de préparation liquide (ou reconstituée) contaminée à une teneur aux environs de 3,3 mg/l (ppm).

À titre de comparaison, le produit Sanlu incriminé dans les intoxications en Chine avait une teneur supérieure à 2 500 mg/kg de poudre, ce qui correspond à environ 350 ppm pour le produit reconstitué (en partant du principe d’une dilution par 7 pour la reconstitution du produit).

On relèvera que cette méthode a une grande marge d’incertitude. On a signalé pour la mélamine une toxicocinétique différente selon les espèces et l’on n’a pas suffisamment d’informations sur la sensibilité particulière des nourrissons. On n’a pas assez d’informations non plus sur les interactions entre la mélamine et l’acide cyanurique. De plus, l’exposition alimentaire à la mélamine et aux analogues structurels résultant de la migration de ces composants à partir des matériaux en contact avec les denrées ou à partir d’autres sources n’a pas été incluse, mais l’on considère que cette source d’exposition reste faible en général.

Au moment d’envisager des mesures réglementaires sur l’impact potentiel des produits alimentaires contaminés sur la santé humaine, il faut donc tenir compte de la disponibilité de ces denrées et d’autres facteurs. Dans toute la mesure du possible, des enquêtes doivent être menées sur la (les) source(s) de contamination à la mélamine.

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