Rayonnement ultraviolet et le Programme INTERSUN

Les effets connus des UV sur la santé


Quels sont les effets des UV sur l’oeil ?

L’oeil occupe moins de 2 % de la surface totale de l’organisme, mais il est le seul organe qui permette la pénétration de la lumière visible profondément dans celui-ci. Au cours de l’évolution de l’homme, un certain nombre de mécanismes se sont mis en place pour protéger cet organe très sensible des effets nocifs des rayons solaires :

Sur le plan anatomique, l’oeil est renfoncé dans la tête et protégé par l’arcade sourcilière, les sourcils et les cils. Toutefois, ces adaptations anatomiques sont d’un intérêt limité pour protéger contre les UV dans des conditions extrêmes telles que les lits de bronzage ou une forte réflexion au sol due à la neige, à l’eau et au sable.

La contraction de la pupille, la fermeture des paupières et le strabisme réflexe réduisent au minimum la pénétration des rayons solaires dans l’oeil. Ces mécanismes sont activés par une lumière visible vive et non par le rayonnement UV – et par temps nuageux, l’exposition au rayonnement UV peut quand même être élevée. C'est pourquoi l’efficacité de ces défenses naturelles pour protéger contre les lésions dues aux UV reste limitée.

Photokératite et photoconjonctivite

La photokératite est une inflammation de la cornée, tandis que la photoconjonctivite est une inflammation de la conjonctive, c’est-à-dire de la membrane qui tapisse la face profonde des paupières et la face antérieure du globe oculaire. Ces réactions inflammatoires peuvent être comparées à un coup de soleil sur les tissus extrêmement sensibles du globe oculaire et des paupières, qui apparaissent dans les quelques heures suivant l’exposition. La photokératite et la photoconjonctivite peuvent être très douloureuses, mais elles sont réversibles et ne semblent pas entraîner de lésions oculaires ni d’altération de la vision à long terme.

La cécité des neiges est une forme extrême de photokératite. Elle touche parfois les skieurs ou alpinistes soumis à une intensité extrême du rayonnement UV, due à la haute altitude et à une très forte réverbération au sol - la neige fraîche pouvant réfléchir jusqu’à 80 % du rayonnement UV incident. Ces valeurs extrêmes du rayonnement UV tuent les cellules externes du globe oculaire, d’où la cécité. La cécité des neiges est très douloureuse au moment de l’élimination des cellules mortes. Dans la plupart des cas, de nouvelles cellules se développent rapidement et la vision est restaurée en quelques jours. Une cécité des neiges très grave peut comporter des complications telles que des irritations ou un larmoiement chroniques.

Ptérygium

Ce voile conjonctival à la surface de l’oeil est un défaut esthétique courant, probablement en rapport avec une exposition prolongée aux UV. Le Ptérygium peut s’étendre jusqu’au centre de la cornée et réduire ainsi la vision. Il a également tendance à s’enflammer. Bien qu’une ablation chirurgicale soit possible, il a tendance à se reformer.

Cataracte

La cataracte est la principale cause de cécité dans le monde. Les protéines du cristallin se défont, s’enchevêtrent et accumulent les pigments, obscurcissant ce dernier et entraînant au bout du compte la cécité. Même si la cataracte apparaît à différents degrés chez la plupart des sujets lorsqu’ils vieillissent, il semble que son évolution soit favorisée par l’exposition aux UVB. La cataracte se traite chirurgicalement par ablation du cristallin et la mise en place d’un cristallin artificiel ou d’autres moyens de correction optique permettant de restaurer la vision.

Chaque année près de 16 millions de personnes dans le monde souffrent d'une cécité due à l'opacification du cristallin. Les estimations de l’OMS laissent à penser que jusqu’à 20 % des cataractes pourraient être dues à une surexposition aux UV et sont donc évitables.

Cancer de l'oeil

Les données scientifiques actuelles laissent à penser que différentes formes de cancer oculaire pourraient être associées à l’exposition solaire au cours de la vie. Le mélanome est le cancer malin le plus fréquent du globe oculaire et nécessite parfois une excision chirurgicale. L’épithélioma cutané basocellulaire siège fréquemment au niveau des paupières.

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