Rayonnement ultraviolet et le Programme INTERSUN

Charge de morbidité mondiale due au rayonnement ultraviolet solaire

Robyn Lucas, Tony McMichael, Wayne Smith and Bruce Armstrong

Résumé

On a entrepris une analyse de la charge de morbidité afin d’évaluer si le rayonnement ultraviolet solaire était un facteur de risque de maladie chez l’homme. L’objectif était d’apprécier la part jouée par le rayonnement ultraviolet solaire dans les problèmes de santé, qu’il s’agisse de la mortalité ou de la morbidité, en tenant compte de toute la future série d’incapacités faisant suite au diagnostic de la maladie (en utilisant les années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) comme système de mesure commun).

La première étape a consisté à analyser la force de la relation de cause à effet entre l’exposition au rayonnement UV et un certain nombre de maladies recensées dans la littérature comme étant probablement liées à cette exposition. Après avoir identifié neuf types d’effets sur la santé pour lesquels tout porte à croire qu’il y a une relation de cause à effet avec une exposition excessive au rayonnement UV, et trois maladies associées à la sous-exposition, on a procédé à une estimation de la fraction de l’exposition au rayonnement UV attribuable dans la population pour chacun de ces effets, sur la base des études épidémiologiques publiées.

On a utilisé trois méthodes différentes pour calculer la charge de morbidité mondiale due aux maladies mentionnées ci-dessus. La charge de morbidité mondiale du mélanome avait déjà été calculée dans le cadre de l’évaluation OMS de la charge de morbidité mondiale. Les fractions attribuables dans la population calculées pour l’exposition au rayonnement UV ont été appliquées directement à ces estimations. Concernant les autres maladies, pour lesquelles on dispose de données épidémiologiques fiables concernant l’incidence et la mortalité, des rapports exposition-réponse au niveau de la population ont été établis. En se servant du rayonnement UV moyen (1997-2003) annuel ambiant, pondéré en fonction de la population de chaque pays, des taux d’incidence et de mortalité ont été estimés à partir de ces courbes d’exposition-réponse et le poids de la maladie calculé et agrégé par sous-région de l’OMS. Concernant les maladies pour lesquelles on disposait de données épidémiologiques beaucoup moins fiables, l’exposition au rayonnement UV a été estimée en fonction de la position en latitude par bande de 10 degrés. A partir des données disponibles, on a extrapolé les taux d’incidence et de mortalité aux régions ayant la même latitude et calculé la charge de morbidité pour chaque sous-région de l’OMS.

La durée de la maladie et le poids de l’incapacité des différents états de santé ont été tirés de la littérature ou estimés à partir de maladies de gravité semblable en se basant sur l’évaluation d’un groupe de travail créé pour cette étude.

Dans le monde, l’exposition excessive au rayonnement UV solaire a provoqué la perte d’environ 1,5 million de DALY (soit 0,1 % de la charge de morbidité mondiale totale) et 60 000 décès prématurés en l’an 2000. Le poids le plus important résulte des cataractes corticales induites par le rayonnement UV, du mélanome malin et des coups de soleil (bien que ces dernières estimations soient très incertaines en raison de la rareté des données). Il est frappant de noter qu’une situation dans laquelle il y aurait une exposition zéro au rayonnement UV entraînerait non pas une charge de morbidité minimale, mais bien au contraire une charge de morbidité élevée due aux maladies de carence en vitamine D.

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