Questions et réponses
Q. Le vaccin contre l’hépatite B est-il associé à un risque de leucémie ?
R. Non. Cinq études ont examiné le risque de leucémie consécutif à une vaccination contre l’hépatite B. Les seuls éléments permettant d’envisager cette possibilité sont les premiers résultats de la Northern California Childhood Leukaemia Study conduite par Xiaomei Ma, Monique Does, Patricia A. Buffler et John K. Wiencke. Les auteurs ont présenté leurs résultats lors du Congrès annuel de l’American Association for Cancer Research le 9 avril 2002. Leur étude fait état d’une association épidémiologique entre la vaccination contre l’hépatite B et l’apparition de cas de leucémie dans un groupe de 334 enfants de Californie du Nord. Il s’agit de la première étude à signaler une telle association. Les auteurs émettent l’hypothèse qu’elle pourrait être due au thiomersal, un conservateur contenant du mercure.
Certains éléments permettent cependant de penser qu’il n’existe pas de relation entre le vaccin contre l’hépatite B et la leucémie de l’enfant. En effet, entre 1991 et 1998, le taux de vaccination des enfants américains de 2 ans est passé de 0 à plus de 80 %, sans entraîner d’augmentation des cas de leucémie. Selon le National Cancer Institute, il semblerait que « l’incidence des leucémies de l’enfant ait enregistré une augmentation au début des années 80, alors que le taux enregistré les années précédentes était inférieur à 4 cas pour 100 000 ; les années suivantes, ce taux est resté globalement stable, se situant dans une fourchette de 3,8 à 4,8 cas pour 100 000 » (National Cancer Institute Cancer Facts,12 février 2002 (http://cis.nci.nih.gov/fact/6_40.htm).
Quatre études supplémentaires réalisées en France (deux études jusqu'ici non publiées), en Allemagne (une étude publiée) et en Nouvelle Zélande (une étude publiée) n'indiquent pas de lien entre le vaccin contre l’hépatite B ou tout autre vaccin contenant du thiomersal et la leucémie.
Les résultats préliminaires d’une autre étude sur le sujet effectuée aux Etats-Unis ne confirment pas non plus ce lien, et donnent à penser que ces études doivent résoudre de nombreux problèmes méthodologiques liés à des différences entre les cas et les témoins, la vaccination n’étant pas aussi complète dans les deux groupes.
Q. L’hépatite B, maladie ou infection, est-elle associée à la leucémie ?
Cette association n’a jamais été signalée.
Q. L’association entre le mercure et la leucémie est-elle prouvée ?
R. Non. Les expositions accidentelles à de fortes doses de mercure qui se sont produites à Minamata (Japon) et en Iraq n’ont pas entraîné de flambées de leucémie. Parmi les personnes exposées se trouvaient des femmes enceintes. L’exposition professionnelle au mercure n’est pas non plus associée à la leucémie. L’association entre le thiomersal présent dans les vaccins contre l’hépatite B et la leucémie n’est pas plausible du point de vue biologique, car les cancers provoqués par des métaux cancérogènes ne se déclarent que si l’exposition à ces métaux se fait de manière continue ou répétée ; or le thiomersal est excrété beaucoup plus rapidement de l’organisme et sa demi-vie est très courte. Il faut enfin savoir que le mercure provenant des vaccins contre l’hépatite B ne représente qu’une infime partie du mercure présent dans les vaccins que les enfants reçoivent aux Etats-Unis d’Amérique.
Q. D’autres recherches sur le risque de leucémie consécutif à la vaccination contre l’hépatite B sont-elles en cours ?
Les auteurs de l’étude la plus récente prévoient de réexaminer leurs données. D’autres chercheurs américains disposant d’une base de données considérable se consacrent également à ce problème. Par ailleurs, la question est toujours à l’étude en France, dans le cadre d’une enquête globale sur les facteurs de risque de cancer chez l’enfant, leucémie comprise. Les résultats de l’étude devraient être connus vers le milieu de 2004.
Q. Les parents doivent-ils continuer de faire vacciner leurs enfants contre l’hépatite B ?
R. Oui. Les risques liés à l’hépatite B demeurent. Comme le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale l’indique très clairement, l’étude californienne ne justifie aucune modification des recommandations de l’OMS.
Lorsqu’ils ont présenté leur étude, les auteurs de l’étude californienne ont déclaré qu’« étant donné le rôle majeur que joue le vaccin contre l’hépatite B dans la prévention de l’hépatome (cancer du foie), surtout dans les populations à haut risque comme les enfants nés de mères positives pour l’antigène de surface du virus de l’hépatite B, les risques connus de maladie grave doivent passer avant les risques présumés que sous entend notre étude … ».