Vaccination anti-hépatite B et polyarthrite rhumatoïde
Le GACVS a examiné l’association potentielle entre la vaccination anti-hépatite B et la survenue d’une polyarthrite rhumatoïde. Avant les premières discussions sur le sujet, qui ont eu lieu en juin 2006, le Comité avait commandé un examen exhaustif de la littérature. Lors de sa réunion, le Comité avait examiné des données plus récentes, en particulier sur les questions d’ordre génétique.
La littérature associant le vaccin anti-hépatite B à la polyarthrite rhumatoïde comprend principalement des rapports faisant état de cas isolés, des séries de cas et quelques études cas-témoins. Les études publiées sont limitées et difficiles à interpréter en raison de problèmes liés à la méthodologie utilisée et au contrôle des facteurs de confusion. La seule étude cas-témoins de qualité réalisée n’a pas mis en évidence une association statistiquement significative, mais elle avait une puissance statistique limitée et de grands intervalles de confiance. Cependant, comme seule une faible proportion des cas avait reçu le vaccin anti-hépatite B, la part de celui-ci dans l’incidence de la polyarthrite rhumatoïde est tout au plus très faible. Le GACVS avait également vu les résultats préliminaires d’une grande étude basée sur le projet United States Vaccine Safety DataLink (VSD) en juin 2006, étude qui a été analysée sous différents angles, mais dont aucun n’a montré une association significative entre le vaccin anti-hépatite B et la polyarthrite rhumatoïde.
On a avancé l’idée que le fait de ne pas trouver un risque général accru suite à la vaccination anti-hépatite B pourrait venir de ce que l’effet indésirable de la vaccination n’est présent que dans un petit sous-groupe qui pourrait présenter un risque accru de polyarthrite rhumatoïde du fait de son patrimoine génétique. Le GACVS a examiné les résultats préliminaires des analyses génétiques effectuées dans le cadre de l’étude cas-témoins VSD, qui a permis de classer les cas et les témoins en fonction de leur situation vis-à-vis de l’allèle HLA-DRB1*04. Le choix de ce marqueur a reposé en grande partie sur le fait qu’il avait été décrit comme étant un biomarqueur de la sensibilité génétique à développer une polyarthrite rhumatoïde.
Une analyse préliminaire de l’interaction entre vaccin anti-hépatite B et situation vis-à-vis du système HLA concernant la survenue d’une polyarthrite rhumatoïde a été présentée au GACVS. La question est ici pertinente si l’effet indésirable est limité ou généralement observé dans un sous-groupe particulier déterminé génétiquement. L’avantage est que l’analyse peut être effectuée en prenant seulement les cas de polyarthrite rhumatoïde. On les compare entre groupes génétiquement déterminés, qui ne différeront pas pour ce qui concerne la probabilité d’une exposition au vaccin anti-hépatite B, ce qui explique que les facteurs de confusion ne constituent pas un problème important.
Il existe différents sous-types de l’allèle HLA-DRB1*04 parmi lesquels 9 sont apparus dans cette étude; les analyses ont été limitées à 2 d’entre eux.
On s’est intéressé à l’exposition au vaccin anti-hépatite B au cours des 90, 180 et 365 jours ayant précédé le début des symptômes de polyarthrite rhumatoïde. Il n’y a pas eu de données statistiquement significatives indiquant un risque augmenté dans les sous-groupes génétiques examinés, et les estimations ponctuelles étaient inférieures à l’unité. Toutefois, un risque augmenté dans un des sous-groupes n’a pu être exclu en raison de la faible puissance de l’étude, du fait du petit nombre de cas vaccinés. Il s’agit là d’un inconvénient inévitable, mais qui indique également clairement que la vaccination anti-hépatite B peut tout au plus avoir un effet très faible sur l’incidence de la polyarthrite rhumatoïde. En outre, on ignore toujours si l’allèle HLA-DRB1*04 est le meilleur marqueur génétique du risque accru de polyarthrite rhumatoïde.
Le GACVS a conclu qu’après examen des données limitées dont il disposait, il n’y avait aucune preuve convaincante en faveur d’une association entre la vaccination contre l’hépatite B et la polyarthrite rhumatoïde. Le GACVS réexaminera la question si de nouveaux résultats viennent à être disponibles.