Sécurité mondiale des vaccins

Innocuité des vaccins anti-papillomavirus humain

Extrait du rapport de la réunion du GACVS du 17 au 18 décembre 2008, publié dans le relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS du 30 janvier 2009

Le Comité a examiné les dernières recommandations du SAGE relatives aux vaccins anti-PVH, ainsi que les données liées à leur utilisation à grande échelle et les publications sur les débuts de la surveillance postcommercialisation. Les données après mise sur le marché provenant des Etats-Unis concernant un vaccin (Gardasil) ont été rassurantes: le profil de sécurité du vaccin anti-PVH était semblable à celui trouvé dans les essais avant homologation. On n’a trouvé aucune preuve de la présence de manifestations indésirables graves qui n’auraient pas été détectées auparavant et qui seraient en rapport avec l’utilisation de ce vaccin. Parmi les nouveaux articles scientifiques relatifs à l’utilisation des vaccins anti-PVH publiés depuis la réunion de juin 2007 du GACVS,3 3 se sont intéressés aux résultats concernant l’innocuité, faisant état d’observations relatives à des cas de syncope, d’hypersensibilité, d’anaphylaxie et de maladies démyélinisantes centrales. La découverte d’une étude de Brotherton et al.4 menée en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) à la suite de l’introduction du Gardasil est à noter. Ils ont notifié 7 cas d’anaphylaxie survenus dans les 30 minutes suivant la vaccination au cours de l’administration de 269 000 doses de vaccin. Ce taux était significativement plus élevé que celui observé dans un programme de vaccination antiméningococcique C comparable mené en milieu scolaire. Toutefois, il n’y a pas eu de séquelles graves après une prise en charge appropriée. Après un examen méthodologique soigneux, pas plus cette notification que les autres n’ont suscité suffisamment de préoccupations pour que l’on modifie le conseil donné précédemment par le GACVS. En particulier, il n’y a pas eu de preuve convaincante en faveur d’une association entre la vaccination anti-PVH et les maladies démyélinisantes centrales dans la publication qui a suivi.5 Si des réactions allergiques et une syncope peuvent se produire après l’injection du vaccin anti-PVH, l’application des précautions habituelles devrait suffire à en limiter les effets.

Comme de nombreux pays n’ont introduit que récemment les vaccins anti-PVH à l’échelle nationale et qu’il existe des plans visant à introduire ces vaccins dans de nombreux pays où les possibilités de surveillance des manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) ne sont pas toujours les mêmes, le Comité demande qu’on porte une attention accrue à la création des moyens nécessaires à la surveillance postcommercialisation dans les pays où une telle introduction est prévue. Le Comité a également convenu de mettre totalement à jour l’examen du profil d’innocuité postcommercialisation des vaccins anti-PVH lors de sa réunion de juin 2009.


3 Voir No 28/29, 2007, pp. 255-256.

4 Brotherton JML et al. Anaphylaxis following quadrivalent human papillomavirus vaccination. Canadian Medical Association Journal, 2008, 179:525-533.

5 Sutton I et al. CNS demyelination and quadrivalent HPV vaccination. Multiple Sclerosis, 19 septembre 2008. [publication en ligne avant impression].

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