Initiative mondiale sur la sécurité des vaccins

Panencéphalite sclérosante subaiguë et vaccination antirougeoleuse

Publié dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS le 13 janvier 2006

Le Comité a passé en revue l’épidémiologie de la panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS) et la prétendue relation entre vaccination antirougeoleuse et survenue d’une PESS. Les délibérations ont été considérablement facilitées par un rapport effectué sur commande par des experts de l’Agence de protection sanitaire du Royaume-Uni. Des experts de la Division of Viral and Rickettsial Diseases du National Center for Infectious Diseases (NCID) des CDC se sont joints à la réunion, lesquels se sont rangés aux conclusions et recommandations générales des experts de la HPA. Il a été montré que l’incidence véritable de la PESS était d’environ 4-11 cas pour 100 000 cas de rougeole, alors que si l’infection rougeoleuse est contractée très tôt dans la vie, le risque peut être supérieur (18 pour 100 000 cas). Un taux aussi élevé que 27,9 cas de SSPE pour 100 000 cas de rougeole a été cité. Dans de nombreux pays où la lutte antirougeoleuse est satisfaisante, on a observé une élévation de l’âge d’apparition de la PESS attribuable au fait que les sujets avaient contracté la rougeole au moment où la prévalence de la maladie était la plus forte.

Les données épidémiologiques disponibles mettent en évidence un effet protecteur direct du vaccin contre la PESS dû à la prévention de la rougeole. Dans les pays où la lutte contre la rougeole par la vaccination est efficace, on observe une diminution des nouveaux cas de PESS quelques années après la chute de l’incidence de la maladie. Toutefois, compte tenu de la période de latence de la PESS suite à une infection rougeoleuse naturelle, il faudra compter au moins 5 ans avant d’enregistrer un effet sur l’incidence de la PESS, et plus de 10 ans avant d’observer une diminution importante. Même avec l’élimination de la rougeole, des cas de PESS peuvent encore se produire 20 à 30 ans après les derniers cas de rougeole en raison de la dissymétrie de la distribution du temps de latence de cette maladie. Une réémergence des cas de PESS a été observée à la suite de flambées de rougeole à l’issue d’une période de lutte antirougeoleuse satisfaisante. Les données épidémiologiques disponibles, de même que les données relatives au génotypage du virus ne suggèrent pas que le virus vaccinal puisse être à l’origine d’une PESS. Elles ne suggèrent pas non plus que l’administration du vaccin antirougeoleux puisse accélérer l’évolution de la PESS ou déclencher une PESS chez une personne qui sans la vaccination, aurait développé la maladie à un stade ultérieur. Le vaccin ne peut pas non plus entraîner l’apparition d’une PESS là où elle ne serait pas survenue en l’absence de vaccination chez une personne présentant déjà une infection persistante bénigne par le virus rougeoleux sauvage au moment de la vaccination.

Pour les situations où des cas de PESS surviennent chez des personnes vaccinées qui n’avaient aucun antécédent connu d’infection rougeoleuse naturelle, les données disponibles indiquent que c’est cette infection qui est la cause de la PESS et non le vaccin.

Dernière révision de la page le 7 janvier 2009

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