Sécurité mondiale des vaccins

Le point sur l’innocuité du vaccin antiméningococcique A conjugué

Extrait du rapport de la réunion du GACVS du 16 au 17 juin 2010, publié dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS du 23 juillet 2010

Le Comité a pris connaissance de données relatives à l’innocuité clinique provenant d’études sur un nouveau vaccin antiméningococcique A conjugué (MenAfriVac, Serum Institute of India, Pune, Inde) et de plans pour des campagnes de vaccination de masse imminentes. Ce produit est un vaccin conjugué lyophilisé contre la méningite A, mis au point par le Projet de vaccins contre la méningite. Les données relatives à l’innocuité présentées en décembre 2009 n’avaient pas suscité de préoccupations particulières, mais le Comité avait souligné la nécessité d’obtenir des informations complémentaires, concernant un plus grand nombre de participants, pour mieux évaluer le profil d’innocuité.

La réactogénicité et l’innocuité du vaccin ont été évaluées dans le cadre de 7 essais cliniques (dont 3 se poursuivent) dans 5 pays (Gambie, Ghana, Inde, Mali et Sénégal). L’un d’entre eux portait sur des enfants âgés de 14 semaines à 18 mois et les autres ont été menés avec des volontaires âgés de 1 à 29 ans, la tranche d’âge ciblée par les campagnes initiales de vaccination de masse. Au 31 mai 2010, au total 4614 participants vaccinés et 2040 témoins ont été suivis pour collecter des données sur l’immunogénicité et les réactions indésirables pendant au moins 1 mois après la vaccination et sur les réactions indésirables graves pendant au moins 1 an. Au total, 237 événements indésirables graves ont été signalés (dont 16 mortels); après évaluation du lien de cause à effet, on a estimé que 235 de ces événements étaient sans rapport avec le vaccin. L’une des manifestations graves pour lesquelles on a estimé qu’il y avait un lien probable avec le vaccin a été une réaction d’hypersensibilité avec oedème facial chez un nourrisson âgé de 10 mois. C’est une réaction bien documentée, se produisant avec les vaccins antiméningococciques et d’autres vaccins conjugués. L’autre manifestation indésirable grave en relation avec la vaccination a été un cas de convulsion fébrile simple chez un enfant de 17 mois après l’administration du vaccin antiméningococcique A plus un vaccin pentavalent diphtérie, tétanos, coqueluche, Haemophilus influenzae type b plus hépatite B. Les deux enfants ont guéri sans garder de séquelles. Dans toutes les études achevées, les fréquences des autres événements indésirables graves ont été semblables chez les participants vaccinés et chez les témoins. La plupart des manifestations graves signalées (189/237) sont provenues d’une étude en cours sur les enfants âgés de 14 semaines à 18 mois; 74 (39%) d’entre elles ont été attribuées au paludisme, 66 (35%) à la gastroentérite aiguë et 33 (14%) à une infection aiguë des voies respiratoires. Leur survenue correspond à la morbidité saisonnière spécifique pour cet âge dans les zones où l’étude se déroule.

MenAfriVac n’a pas été administré aux femmes enceintes ou à celles qui allaitent, mais on sait que 15 femmes ont commencé une grossesse peu après l’administration du vaccin. Sur les 14 grossesses arrivées à leur terme qui ont été étudiées, 13 ont abouti à la naissance d’un enfant vivant normal et 1 à la naissance d’un enfant mort-né, 13 mois après la vaccination, à la suite d’une dystocie chez une femme de 26 ans ayant des antécédents d’enfants mort-nés. Le Comité a recommandé de faire des études pour évaluer l’innocuité du vaccin en cas de grossesse, à cause de la probabilité d’une administration fortuite chez des femmes enceintes au cours des campagnes de vaccination de masse.

Le Comité a également souligné l’importance d’obtenir des informations complémentaires sur le MenAfriVac en ce qui concerne la durée de la protection, son effet sur le portage de Neisseria meningitidis, les interactions avec les vaccins administrés par le Programme élargi de vaccination, les effets éventuels sur la prévalence d’autre sérotypes (remplacement du sérotype), son innocuité et son immunogénicité pour des groupes considérés comme potentiellement exposés à un risque élevé, personnes infectées par le VIH ou sévèrement dénutries par exemple.

Le Comité a conclu que les données rassemblées lors des essais cliniques ne faisaient pas apparaître de problèmes sensibles d’innocuité pour ce vaccin. Comme il sera bientôt utilisé dans le cadre de campagnes de masse, le Comité a réitéré son avis antérieur, à savoir que, dans toute la mesure du possible, une introduction par étape serait souhaitable, de façon à pouvoir obtenir des données complémentaires sur l’innocuité, au moyen d’une surveillance post-commercialisation attentive. À cet égard, il se félicite que de telles études soient effectivement prévues.

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