Initiative mondiale sur la sécurité des vaccins

Sécurité des souches de vaccin anti-ourlien

A la demande du Groupe stratégique consultatif d’experts de la vaccination (SAGE), le Comité a été chargé d’actualiser l’analyse exhaustive de la sécurité des souches de vaccin anti-ourlien qui avait été faite en 2003, en prêtant une attention particulière au risque de méningite postvaccinale. Une analyse de la sécurité du vaccin fondée sur une étude documentaire récente et les données fournies par certains fabricants de vaccins a été présentée au comité.

Comme la dernière fois qu’il a examiné la question,1 le GACVS a noté que plusieurs systèmes de surveillance et plusieurs études épidémiologiques avaient fait état de cas de méningite à liquide clair et indiqué un taux estimatif d’incidence après l’utilisation de vaccins des souches Urabe, Leningrad-Zagreb, Hoshino, Torii et Miyahara. Les études et les méthodes utilisées étant de qualité variable, on ne peut tirer aucune conclusion certaine quant au risque que présentent ces souches vaccinales. D’après les données recueillies jusqu’à présent, la méningite à liquide clair est peu fréquente et il n’y a aucun cas de méningite confirmé par virologie consécutif à l’utilisation des souches Jeryl-Lynn et RIT 4385. On n’a que peu d’informations sur la souche Leningrad-3 et aucune sur l’innocuité de la souche S79.

A l’issue des campagnes d’administration de masse du vaccin antirougeoleux-antiourlien-antirubéoleux contenant les souches de vaccin antiourlien associées à un risque accru de méningite à liquide clair, on a observé des foyers de manifestations indésirables qui ont perturbé les programmes. Il est possible qu’une plus grande sensibilité de la surveillance des MAPI explique qu’on ait repéré plus facilement le regroupement des cas pendant les campagnes de vaccination de masse. C’est ce qui s’est produit avec les souches Urabe et Leningrad-Zagreb. Au moment de la réunion, tous les cas signalés de méningite ourlienne postvaccinale s’étaient rétablis. Certains d’entre eux avaient été diagnostiqués en laboratoire et ne présentaient guère de signes cliniques significatifs, voire aucun. Malgré leur survenue, le rapport risque/avantage de l’utilisation des vaccins antiourliens de souches Urabe et Leningrad-Zagreb pendant plusieurs années dans le cadre des programmes de vaccination systématique des pays en développement a été jugé acceptable. Toutefois, si l’on prévoit d’utiliser les souches de vaccin associées à un risque accru de méningite à liquide clair lors de campagnes de vaccination de masse, il faut appliquer de bonnes stratégies de communication au sujet des risques et de prise en charge des cas afin de réagir à l’éventuelle notification de groupes de cas de méningite à liquide clair.

Les études supplémentaires entreprises pour comparer l’innocuité de différentes souches de vaccin antiourlien doivent être conçues avec soin afin de faire la distinction entre une possible variabilité des souches et le risque par âge dans différentes populations. La standardisation des définitions de cas et l’indication du degré de gravité aideront à interpréter les résultats.

Le GACVS est satisfait des mesures prises pour créer une banque de souches de virus ourliens vaccinaux au National Institute for Biological Standards and Control, à Potters Bar (Angleterre), et exhorte à accélérer les travaux sur les déterminants biologiques du risque que présentent les différentes souches. Le comité demande à être informé de toute nouvelle donnée sur la sécurité des vaccins antiourliens afin de pouvoir mieux évaluer le risque de méningite à liquide clair ou d’autres affections associées à certaines souches.

1. Voir No. 32, 2003, pp.282-284

Partager