Initiative mondiale sur la sécurité des vaccins

Questions et réponses

Janvier 2004

1. Quelles sont les manifestations indésirables associées à la vaccination antiourlienne?

On utilise différentes souches atténuées de virus ourliens pour produire les vaccins vivants atténués contre les oreillons. Les manifestations indésirables les plus courantes après la vaccination sont la parotidite et/ou un œdème des glandes sous-maxillaires avec un fébricule. On observe parfois une fièvre modérée, des réactions locales et des réactions allergiques. La méningite à liquide clair a été signalée avec une fréquence très variable selon les vaccins utilisés.

2. A-t-on mis en évidence une variabilité des risques encourus avec les différents vaccins antiourliens?

L’OMS a demandé récemment à des experts d’étudier la sécurité des différentes souches vaccinales. L'étude a montré que l’on avait observé des taux plus élevés de méningite à liquide clair pour les vaccins utilisant les souches Urabe, Leningrad-Zagreb et Leningrad-3 par rapport à la souche Jeryl-Lynn. Cette étude a été présentée au Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale (qui conseille l’OMS) celui-ci a conclu que les données disponibles ne permettent pas, en terme de méningite à liquide clair, d’établir une distinction concernant la sécurité entre les souches Urabe, Leningrad-Zagreb et Leningrad-3. Il a également conclu que les risques estimés varient d’une étude à l’autre, ce qui reflète les différences quant aux cadres et aux conditions et quant au degré de surveillance des manifestations indésirables. De plus, il a noté qu'aucune donnée n'avait été mis a sa connaissance pour prouver l’existence de cas de méningite à liquide claire avec confirmation virologique consécutifs à l’utilisation du vaccin Jeryl-Lynn. (NB : cette étude n’a pas évalué les taux en fonction des souches pour les manifestations indésirables plus courantes et moins graves).

3. Quelles sont les recommandations de l’OMS pour le choix des vaccins antiourliens à utiliser par un programme de vaccination?

Les pays choisissent les vaccins qui seront homologués et utilisés dans leurs programmes de vaccination. Ils prennent ces décisions en fonction de l’épidémiologie, de l’importance des maladies pour la santé publique et des ressources disponibles pour une utilisation efficace des vaccins dans le cadre des programmes. Par exemple, une couverture insuffisante de la vaccination antiourlienne chez l’enfant (en dessous de 80 %) peut entraîner une modification indésirable de l’épidémiologie avec une augmentation de l’incidence des oreillons dans des tranches d’âge plus élevées. Actuellement 102 (53 %) des 192 Etats Membres de l’OMS ont inclus les oreillons dans le programme de vaccination systématique des enfants, en utilisant la plupart du temps le vaccin antirougeoleux-antiourlien-antirubéoleux. Il s’agit pour la plupart de pays d’Europe ou de la région des Amériques. Le Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale (qui conseille l’OMS) a conclu que les données disponibles ne permettent pas, en terme de méningite à liquide clair, d’établir une distinction concernant la sécurité entre les souches Urabe, Leningrad-Zagreb et Leningrad-3. Si les vaccins à souche Urabe, Leningrad-Zagreb et Leningrad-3 sont utilisés dans des campagnes de masse, le Comité recommande aux programmes de vaccination nationaux de tenir compte du regroupement potentiel de cas de méningite à liquide clair suivant les campagnes. Cela signifie que les pays doivent envisager de mettre en place un système pour surveiller l’apparition éventuelle de méningites postvaccinales et prendre en charge les patients. Les informations sur l’épidémiologie des oreillons pendant la campagne pourraient jouer un rôle important dans la compréhension des taux rapportés de méningite à liquide clair.

4. Comment puis-je savoir quel vaccin antiourlien je dois utiliser pour moi ou mon enfant?

Les parents qui envisagent de faire vacciner leurs enfants contre les oreillons (ou de se faire vacciner eux-mêmes) doivent se renseigner auprès des autorités sanitaires locales chargées du programme national de vaccination. C’est à chaque pays qu’il revient de décider s’il inclut la vaccination antiourlienne dans le programme de vaccination, en fonction de l’épidémiologie des oreillons, de l’importance de la maladie pour la santé publique et des ressources disponibles pour inclure efficacement ce vaccin dans le programme. Ensuite, le programme national sélectionne le vaccin antiourlien en se basant sur des considérations d’innocuité et de disponibilité, en tenant compte des recommandations de l’OMS.

5. Que fait l’OMS pour veiller à ce que les pays choisissent le(s) vaccin(s) antiourlien(s) le(s) plus sûr(s) pour leur programme national?

Les recommandations actuelles de l’OMS aux pays (voir ci-dessus) reposent sur les informations dont elle dispose. Sur les conseils du Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale (GACVS), l’OMS prévoit de créer un laboratoire international de référence pour les isolements de virus ourliens qui établira une banque de souches de virus ourliens vaccinaux. En gros, cet établissement permettra d’étudier les caractéristiques génétiques et moléculaires des souches utilisées pour la production des vaccins et de mieux définir leur sécurité pour déterminer les recommandations au niveau de leur utilisation.