Initiative mondiale sur la sécurité des vaccins

Déclaration du Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale (janvier 2004)

Un compte rendu actualisé sur la sécurité de la vaccination antivariolique a été présenté au Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS), lors de sa neuvième réunion à Genève (Suisse) les 3 et 4 décembre 2003. Deux rapports d’experts sur le sujet avait déjà été présentés au Comité, auparavant dont l’examen détaillé des données historiques et l’expérience récente, en particulier aux Etats-Unis.1 Ces informations soulignent la grande variabilité de la pathogénicité des souches utilisées auparavant. Le Comité à fait observer que les données concernant la sécurité des vaccins anciens, ne s’appliquent pas nécessairement aux nouveaux vaccins antivarioliques et qu’il ne faut pas croire qu’ils soient plus sûrs.

Le Comité a conclu que les données étaient insuffisantes pour définir l’incidence des manifestations indésirables chez les primovaccinés par opposition aux revaccinés après un intervalle prolongé. Il a relevé qu’il importait de faire preuve d’un esprit d’ouverture dans les programmes de surveillance des manifestations indésirables de façon à favoriser la détection de manifestations auparavant passées inaperçues. Si le vaccin est utilisé dans des campagnes de masse, il serait particulièrement important d’appuyer les programmes de vaccination antivariolique par une surveillance des manifestations indésirables. La mise en œuvre dans des milieux où n’existent pas de programmes éducatifs et où l’on exclut soigneusement les volontaires présentant un risque relatif potentiellement accru (les porteurs du VIH par exemple), pourrait aboutir à un accroissement des risques vaccinaux. Le risque d’exposition doit être étudié soigneusement en relation avec chaque scénario susceptible de se produire. Dans le cadre d’une vaccination de masse, les réactions aux vaccins peuvent constituer une charge de morbidité importante.

Le compte rendu actualisé repose sur l’étude de 38 759 personnes vaccinées aux Etats-Unis depuis janvier 2003, dont 65 % d’agents de santé et au moins un agent de santé dans 45 % des hôpitaux. On dispose en outre d’un registre de 160 femmes enceintes exposées au vaccin antivariolique pendant ou immédiatement avant la grossesse, identifiables par des tests. Le Comité a observé que les effets indésirables signalés régulièrement chez les personnes vaccinées contre la variole sont la myopéricardite et la myocardiopathie dilatée ; la fréquence de ces effets indésirables dépasse celle à laquelle on pourrait s’attendre du fait d’un simple coïncidence.

Le Comité n’a pas modifié ses conclusions de la réunion de juin 20031, selon lesquelles il existe un risque réel de manifestations indésirables graves consécutives à la vaccination antivariolique, y compris des problèmes de sécurité n’ayant pas été reconnus précédemment, qu’il peut aussi y avoir des risques importants pour les contacts des sujets vaccinés et que la vaccination supposerait l’existence de capacités et de ressources significatives. Le Comité continuera de suivre la question de la sécurité des vaccins antivarioliques.


1REH no. 32, 2003, p. 282-284

Dernière révision de la page le 7 janvier 2009

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