Initiative mondiale sur la sécurité des vaccins

Déclaration sur le thiomersal

juillet 2006

Le Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale conclut à l’absence de preuves de la toxicité des vaccins contenant du thiomersal (éthylmercure) chez le nourrisson, l’enfant ou l’adulte.

C’est en 1999 que certains se sont inquiétés aux Etats-Unis de l’exposition au mercure suite à l’administration de vaccins contenant du thiomersal. Ces craintes se fondaient sur le calcul de l’apport cumulé de mercure dans les schémas de vaccination des nourrissons, qui peut dépasser le taux maximum recommandé par les autorités américaines pour le méthylmercure. Le thiomersal cependant, agent de conservation utilisé pour certains vaccins, ne contient pas du méthylmercure mais de l’éthylmercure. Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale a procédé à une première évaluation de la question lors d’une réunion spéciale en août 2000 et a poursuivi son examen depuis lors.

D’après les avis des experts et les données examinées par le Comité, les profils pharmacocinétiques de l’éthylmercure et du méthylmercure sont très différents. La demi-vie de l’éthylmercure est plus courte (moins d’une semaine) que celle du méthylmercure (un mois et demi) et la présence de l’éthylmercure dans le sang est donc de courte durée. De plus, l’éthylmercure est activement éliminé par les intestins alors que le méthylmercure s’accumule dans l’organisme.

Quatre études épidémiologiques indépendantes ont été conduites au Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord et au Danemark sur la fréquence des troubles neurologiques du comportement en relation avec des vaccins contenant du thiomersal. Les résultats ne remettent pas en question l’innocuité des vaccins infantiles contenant du thiomersal. Deux études récentes ont été publiées sur la diminution supposée des troubles du développement neurologique aux Etats-Unis d'Amérique après la suspension des vaccins contenant le thiomersal dans le programme national de vaccination. Le Comité a jugé que les conclusions des auteurs n'étaient pas convaincantes en raison de la conception des études et de la source des données.

Le Comité a examiné les informations disponibles sur une étude en cours de la pharmacocinétique du thiomersal chez les macaques et a évalué la validité du modèle animal pour l'étude des associations entre le thiomersal et les troubles neurologiques du comportement chez l'homme. Il a été informé d'études se déroulant actuellement sur le sujet aux Etats-Unis d'Amérique et en Italie, ainsi que d'une étude sur la qualité des vaccins sans thiomersal présentés en flacons multidoses, évaluée sur la base de la stérilité restant après 30 jours.

Sur la base de ce qui précède, le comité a conclu que les dernières études sur la pharmacocinétique et la mise au point des vaccins ne justifiaient pas les inquiétudes quant à l’innocuité du thiomersal (éthylmercure). Il en déduit qu’aucune raison de sécurité ne justifie de modifier les pratiques vaccinales actuelles avec des vaccins contenant du thiomersal, les risques supposés n'étant pas prouvés. Néanmoins, il n’est pas forcément possible d’extrapoler les données recueillies chez des nouveau-nés bien nourris à des enfants prématurés ou malnutris. Même s'il sera difficile de faire des études dans de tels groupes, le Comité préconise de continuer les recherches.

Le Comité continuera d’examiner les faits et les données épidémiologiques susceptibles d’être dégagés par les études en cours.

Partager