Système d’informations nutritionnelles sur les vitamines et les minéraux (VMNIS)

Prévalence mondiale de la carence en vitamine A dans la population à risque : 1995-2005

Récapitulatif de la prévalence de la carence en vitamine A dans le monde

En 1987, sur la base de l’étude des manifestations oculaires de la xérophtalmie ou des concentrations sériques (plasmatiques) déficitaires en rétinol (<0,35 µmol/l), l’OMS a estimé que la carence en vitamine A était endémique dans 39 pays. En 1995, l’Organisation a mis à jour ses estimations et constaté que la carence en vitamine A constituait un problème de santé publique dans 60 pays, et l’était vraisemblablement dans 13 pays supplémentaires. Les estimations actuelles reflètent la situation au cours de la période allant de 1995 à 2005, et indiquent que dans 45 puis dans 122 pays la carence en vitamine A est un sujet de préoccupation pour la santé publique compte tenu de la prévalence de la cécité nocturne et de la carence biochimique en vitamine A (concentration sérique en rétinol <0,70 µmol/l), respectivement, chez les enfants d’âge préscolaire.

Dans la présente mise à jour, les estimations de la carence en vitamine A sont fournies pour les enfants d’âge préscolaire, comme dans la version précédente, et également pour les femmes enceintes. Elles reposent sur un bilan de mieux en mieux évalué de la cécité nocturne et des mesures de la concentration sérique (plasmatique) en rétinol, désormais plus largement utilisées, moyennant une valeur seuil de <0,70 µmol/l (<20 µg/dl) pour définir la carence.

À l’échelle mondiale, on estime que la cécité nocturne touche 5,2 millions d’enfants d’âge préscolaire (IC de 95 % : 2,0-8,4 millions) et 9,8 millions de femmes enceintes (IC de 95 % : 8,7-10,8 millions), ce qui correspond respectivement à 0,9 % et 7,8 % de la population susceptible de souffrir de carence en vitamine A. Une faible concentration sérique en rétinol (<0,70 µmol/l) concerne, d’après les estimations, 190 millions d’enfants d’âge préscolaire (IC de 95 % : 178-202 millions) et 19,1 millions de femmes enceintes (IC de 95 % : 9,3-29,0 millions) à l’échelle mondiale. Cela correspond à 33,3 % de la population d’âge préscolaire et à 15,3 % des femmes enceintes dans les populations qui courent le risque d’une carence en vitamine A à l’échelle mondiale. Les Régions OMS de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est sont apparues comme les plus touchées par la carence en vitamine A pour les deux groupes de population.

Malgré une nette augmentation des données présentées, il existe encore de nombreux pays où les données de prévalence au niveau national font défaut. Il est nécessaire d’informer et de motiver les gouvernements et les organismes pour qu’ils recueillent et transmettent à l’OMS les données nationales relatives à la prévalence de la carence et, dans la mesure du possible, les critères de couverture du programme concernant l’apport en vitamine A en vigueur au moment où les données d’évaluation de la carence dans la population ont été recueillies.

Nous espérons que le présent rapport sera utile aux lecteurs et qu’ils n’hésiteront pas à nous transmettre leurs éventuelles observations (micronutrients@who.int). Nous espérons aussi que ces informations contribueront à notre objectif commun qui est d’éliminer la carence en vitamine A en tant que problème de santé publique.

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