Eau, assainissement et santé

Les maladies liés à l'eau

Dengue et dengue hémorragique

La maladie et ses effets sur les populations

La dengue, maladie infectieuse transmise par des moustiques, est devenue ces dernières années un important sujet de préoccupation pour la santé publique internationale. La dengue est une maladie grave de type grippal qui touche les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes, mais dont l'issue est rarement fatale. La dengue hémorragique est une complication potentiellement mortelle et elle constitue aujourd'hui une cause importante de décès chez les enfants dans plusieurs pays d'Asie.

La dengue présente un tableau clinique qui varie selon l’âge du patient. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, elle peut prendre la forme d'un syndrome fébrile avec éruption. Chez l'enfant plus âgé et l'adulte, on peut observer soit un syndrome fébrile bénin, soit une maladie incapacitante classique d'installation brusque avec forte fièvre, éruption, céphalées intenses et douleurs rétro-orbitaires, musculaires ou articulaires, et éruption. Cette dernière peut ne pas être visible chez les personnes ayant la peau foncée. La dengue hémorragique est une complication potentiellement mortelle de la dengue qui se caractérise par une forte fièvre, des phénomènes hémorragiques - souvent accompagnés d'une hépatomégalie - et, dans les cas les plus graves, un collapsus cardio-vasculaire. Elle commence en général par une forte montée fébrile accompagnée d'une rougeur du visage et d'autres symptômes généraux de la dengue. La fièvre se maintient habituellement de deux à sept jours. Elle peut atteindre 40-41° C et être accompagnée de convulsions.

Les causes

Il y a quatre virus distincts, mais étroitement liés, qui causent la dengue. L'infection par l'un d'entre eux fournit une immunité à vie contre la réinfection par ce type, mais elle ne confère qu'une protection partielle et passagère contre une infection ultérieure par l'un quelconque des trois autres types. De fait, on s'accorde à penser que l'infection ultérieure par différents types du virus accroît le risque de maladie plus grave connue sous le nom de dengue hémorragique. Les virus de la dengue sont transmis à l'homme par la piqûre de moustiques femelles infectées du genre Aedes. Les moustiques acquièrent généralement le virus durant un repas de sang sur des sujets infectés pendant la période de circulation du virus dans leur sang. Ceci correspond approximativement à la même période durant laquelle ils sont fébriles. Une fois qu'il est infecté, un moustique peut transmettre le virus aux sujets sensibles pendant le reste de sa vie. Les moustiques femelles infectées peuvent également transmettre le virus à la génération suivante de moustiques.

Distribution de la maladie

Au niveau mondial, la prévalence de la dengue progresse de façon spectaculaire depuis quelques décennies. La dengue sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète, avec une prédilection pour les zones urbaines et périurbaines, où les moustiques du genre Aedes sont prévalents. On trouve maintenant la maladie dans plus de 100 pays d'Afrique, des Amériques, de la Méditerranée orientale, de l'Asie du Sud et du Sud-Est et du Pacifique occidental. Il s'agit d'une maladie typique des zones urbanisées où les moustiques trouvent des possibilités de reproduction dans des petites retenues d'eau à l'intérieur et aux alentours des maisons: récipients d'eau de boisson, pneus de voiture mis au rebut, vases de fleurs et pièges à fourmis sont des gîtes larvaires connus.

Ampleur du problème

Au niveau mondial, on estime qu'il y a environ 50-100 millions de cas de dengue et environ 500 000 cas de dengue hémorragique chaque année.

Interventions

Actuellement, il n'existe pas de vaccin pour se protéger contre la dengue. La méthode de prévention la plus efficace est d’éliminer le moustique qui cause la maladie. Ceci nécessite la destruction des gîtes larvaires des moustiques, connue en tant que réduction à la source. L’élimination appropriée des déchets solides contribue à réduire les retenues d'eau dans des articles mis au rebut. D'autres mesures de lutte comprennent la prévention des piqûres de moustique par l'utilisation de moustiquaires, de vêtements de protection et de produits répulsifs; dans les zones à risque d’épidémie, l'application d'insecticide est pratiquée (au moyen d'une méthode d'application appelée brumisation) pour réduire la population de moustiques.

Préparé pour la Journée mondiale de l'Eau. Revu par le personnel et les experts du Groupe organique des maladies transmissibles (CDS) et le Service Eau, Assainissement et Santé (WSH), Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Partager