Eau, assainissement et santé

Les maladies liées à l'eau

Hépatite

L'hépatite, terme général désignant l'inflammation du foie, a un certain nombre de causes infectieuses et non infectieuses. Deux des virus qui causent l'hépatite (hépatite A et E) peuvent être transmis par l'eau et les aliments; l'hygiène est donc importante dans la lutte contre ces virus.

La maladie et son impact sur les populations

Parmi les causes infectieuses, l'hépatite A et E sont associées à des approvisionnements en eau insuffisants ainsi qu’à un assainissement et une hygiène de mauvaise qualité, entraînant une infection et une inflammation du foie. La maladie débute par l'apparition soudaine de fièvre, une faiblesse de l'organisme, un manque d'appétit, des nausées, une gêne abdominale, suivis par un ictère quelques jours après. La maladie peut être bénigne (durant 1-2 semaines) ou grave et invalidante (durant plusieurs mois). Dans les zones de forte endémie d'hépatite A, la plupart des infections survient pendant la petite enfance. La majorité des cas ne présente aucun symptôme; les cas mortels dus à l'hépatite aiguë fulminante sont rares. Presque tous les patients guérissent complètement sans aucun effet à long terme.

Les causes

Les virus de l'hépatite A et E, s'ils n'ont aucun rapport l'un avec l'autre, sont tous deux transmis par la voie oro-fécale, le plus souvent par de l'eau contaminée et d'une personne à l'autre. L'hépatite A pourrait être transmise également par des aliments contaminés par des manipulateurs de denrées alimentaires infectés, des aliments crus, ou des aliments manipulés après la cuisson. L'hépatite A a également causé des flambées épidémiques suite à la consommation de drogues par voie intraveineuse ou par d'autres voies.

Distribution de la maladie

L'hépatite A et E se trouvent toutes deux dans le monde entier. L'hépatite A est particulièrement fréquente dans les pays où les conditions sanitaires et hygiéniques sont médiocres (en Afrique, en Amérique centrale et Amérique du Sud et en Asie). Les pays à économie en transition et certaines régions des pays industrialisés où les conditions sanitaires laissent à désirer sont aussi fortement touchés, par exemple en Europe du Sud et de l'Est et certaines parties du Moyen-Orient. Des flambées d'hépatite E se sont produites en Algérie, au Bangladesh, en Chine, en Ethiopie, en Indonésie, en Iran, en Jamahiriya arabe libyenne, au Mexique, au Myanmar, au Népal, au Pakistan, en Somalie et dans les républiques d'Asie centrale de la CEI.

Ampleur du problème

Le taux de mortalité est faible (0,2% des cas ictériques) et la maladie finit par se résorber. Quelquefois, une nécrose extensive du foie survient dans les 6-8 premières semaines de la maladie. Dans de tels cas, une forte fièvre, des douleurs abdominales marquées, des vomissements, un ictère et une encéphalopathie hépatique (avec coma et crises convulsives) sont les signes de l'hépatite fulminante, qui entraîne la mort chez 70-90% des patients. Dans ces cas, il existe une forte corrélation entre la mortalité et l’âge avancé, et la survie est rare chez les plus de 50 ans. Chez les patients atteints d'une hépatite B ou C chronique ou d'une maladie hépatique sous-jacente, qui ont une surinfection par le virus de l'hépatite A, le taux de mortalité augmente considérablement.

L'amélioration des conditions économiques et sanitaires peut entraîner une incidence plus élevée dans les groupes des plus âgés, avec des taux de notification d'hépatite A cliniquement apparente plus élevés. Dans les pays où les taux d'infection pour l'hépatite A sont très faibles, la maladie peut survenir dans des groupes à risque spécifiques tels les voyageurs. On trouve l'hépatite E chez les adultes jeunes et d’âge moyen. Les femmes au troisième trimestre de la grossesse sont particulièrement prédisposées à l'hépatite aiguë fulminante due à une infection par le virus de l'hépatite E.

Interventions

Etant donné qu'il n'y a pas de médicaments antiviraux spécifiques contre l'hépatite A et E, la prévention de ces maladies virales demeure l'arme la plus importante pour la lutte, comme par exemple:

  • L’éducation sur l'assainissement de bonne qualité et l'hygiène personnelle, notamment le lavage des mains;
  • Des approvisionnements en eau propre suffisante et l’élimination adéquate des déchets;
  • La vaccination contre l'hépatite A pour les personnes à risque, par exemple les personnes se rendant dans des zones où la maladie est fréquente.

Préparé pour la Journée mondiale de l'Eau. Revu par le personnel et les experts du Groupe organique des maladies transmissibles (CDS) et le Service Eau, Assainissement et Santé (WSH), Organisation mondiale de la Santé (OMS).