Eau, assainissement et santé

Les maladies liées à l'eau

Schistosomiase

La maladie et ses effets sur les populations

La schistosomiase est une maladie hydrique considérée comme la deuxième infection parasitaire en importance après le paludisme, en termes de santé publique et d'impact économique. Les signes qui suivent l'infection sont des éruptions ou des démangeaisons cutanées. Deux mois après l'infection, de la fièvre, des frissons, une toux et des douleurs musculaires peuvent apparaître alors que les parasites atteignent leur maturité. Les infections non traitées peuvent entraîner l'apparition de sang dans les urines et les selles, accompagnée d'une hépatomégalie et d'une splénomégalie. Chez les enfants, ceci a un impact négatif en termes de croissance, d’état nutritionnel et de développement cognitif. L'infection chronique entraîne des maladies hépatiques, rénales et vésicales. Quelques fois, le système nerveux est touché, ce qui cause des crises convulsives, des paralysies et une inflammation de la moelle épinière.

Les causes

La schistosomiase chez l'homme, l'hôte final, est causée par les trois principales espèces de plathelminthes, à savoir Schistosoma haematobium, S. japonicum, et S. mansoni. En Asie, le bétail et le buffle d'Asie peuvent être d'importants hôtes réservoirs. L'infection survient lorsque des larves nageant librement pénètrent la peau de l'homme. Les larves se développent dans des gastéropodes d'eau douce. Les hommes sont infectés lorsqu'ils entrent dans des eaux infestées de larves à des fins domestiques, professionnelles et récréatives. Après avoir pénétré la peau, les larves se transforment et sont transportées par le sang jusqu'aux veines qui drainent les intestins ou la vessie où elles parviennent à maturité, s'accouplent et produisent des œufs. Les œufs causent des atteintes à différents tissus, notamment la vessie et le foie. La réaction aux œufs dans les tissus provoque une inflammation et la maladie. Lorsque les hommes infectés excrètent dans l'eau des œufs parasités avec les fèces ou l'urine, les œufs éclosent donnant naissance à des larves qui, à leur tour, infectent les gastéropodes aquatiques. Dans le gastéropode, le parasite se transforme et se divise en larves de la seconde génération qui sont libérées dans l'eau douce, prêtes à infecter d'autres hommes. Ceux qui travaillent dans les secteurs de l'irrigation ou la pêche courent un plus grand risque de contracter la schistosomiase. Avec l'augmentation du tourisme sauvage ou des voyages hors des sentiers battus, davantage de touristes sont infectés.

Distribution de la maladie

La schistosomiase est endémique dans 76 pays, la plupart étant situés en Afrique. Les autres régions touchées sont les suivantes: Amériques (Brésil, Suriname et Venezuela, ainsi que plusieurs îles des Caraïbes); Méditerranée orientale (Arabie saoudite, République islamique d'Iran, Iraq, République arabe syrienne et Yémen); Asie de l'Est (Cambodge, Chine, Indonésie, Japon, République démocratique populaire lao et Philippines).

Ampleur du problème

Au minimum, 600 millions de personnes risquent de contracter l'infection et 200 millions sont infectées par la schistosomiase. Vingt (20) millions de ces derniers ont une forme grave de la maladie et 120 millions en ont les symptômes. On estime que 80% de la transmission survient en Afrique sub-saharienne. Les projets concernant les ressources hydriques pour la production d’électricité et l'irrigation ont provoqué une énorme augmentation de la transmission et des flambées de schistosomiase dans plusieurs pays d'Afrique. Au nord du Sénégal, une région qui ne connaissait pas la schistosomiase intestinale avant la construction du barrage de Diama en 1986, la quasi-totalité de la population était infectée en 1994.

Interventions

Une amélioration de l'assainissement et de l'alimentation en eau potable minimise la contamination de l'eau douce et réduit le contact avec celle-ci, limitant donc la transmission. La modification de l'environnement qui permet d’éviter les vecteurs gastéropodes et de limiter le contact de l'homme avec l'eau permet une lutte à long terme contre la schistosomiase. L’éducation sanitaire est une composante fondamentale qui garantit la participation communautaire aux interventions de lutte. Dans les zones de forte prévalence et d'intensité de l'infection, la chimiothérapie avec le praziquantel, ciblée sur les enfants d’âge scolaire et les groupes à haut risque, constitue le moyen le plus efficace de réaliser la stratégie recommandée pour la lutte contre la morbidité. Les études d'impact sur la santé appropriées pour les nouveaux projets d'irrigation et les autres projets concernant les ressources hydriques fourniront une base solide pour incorporer des garanties sanitaires dans les plans d'aménagement et de construction.

Préparé pour la Journée mondiale de l'eau. Revu par le personnel et les experts du Groupe organique des maladies transmissibles (CDS) et le Service Eau, Assainissement et Santé (WSH), Organisation mondiale de la Santé (OMS).

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