Eau, assainissement et santé

La santé et la gestion intégrée des ressources hydriques

Le septième objectif du Millénaire pour le développement vise à assurer la durabilité sur le plan de l’environnement, et sa première cible consiste à intégrer les principes du développement durable dans les politiques et les programmes nationaux et à inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales. En ce qui concerne les ressources en eau, le Sommet mondial pour le développement durable (Johannesburg, 2003) a décidé d’inclure la formulation de plans nationaux relatifs à la gestion intégrée des ressources hydriques et à la rationalisation de l’utilisation de l’eau dans cette cible.

Qu’est-ce que la gestion intégrée des ressources hydriques ?

La gestion intégrée des ressources hydriques consiste à promouvoir le développement et la gestion coordonnés des ressources en eau, des terres et d’autres ressources apparentées, afin de maximaliser de façon équitable le bien-être économique et social qui en résulte sans compromettre la durabilité des écosystèmes vitaux.

Soutien à la réalisation des OMD dans leur ensemble

Une approche du développement et de la gestion des ressources hydriques, élargie à l’ensemble du bassin, a des répercussions immédiates sur les cibles des OMD liées à :

  • la réduction de la pauvreté et de la faim (au moyen du développement de l’agriculture irriguée et de la fourniture d’un accès à l’eau potable) ;
  • la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes (au moyen d’une évolution des rôles sexospécifiques dans la gestion des ressources terrestres et hydriques) ;
  • la réduction de la mortalité de l’enfant (au moyen de son impact positif sur les niveaux de risque relatifs aux maladies d’origine hydrique) ;
  • la lutte contre les grandes maladies transmissibles, et notamment le paludisme (au moyen d’une meilleure gestion de l’eau et de la réduction des gîtes larvaires des moustiques) ; et
  • l’élargissement de l’accès à l’eau potable (au moyen d’une meilleure répartition des ressources hydriques entre les divers groupes d’utilisateurs).

Gestion intégrée des ressources hydriques, santé et maladie

Plusieurs questions sanitaires se détachent comme étant fondamentalement liées à cet objectif et à cette cible.

  • L’état nutritionnel des communautés s’améliorera considérablement avec la gestion intégrée des ressources en eau, car celle-ci améliorera la capacité de production des systèmes agricoles.
  • L’agriculture de subsistance permettra ainsi de diversifier et d’assurer la production alimentaire, tandis que l’agriculture de rapport produira des récoltes de plus grande valeur qui offriront aux communautés les moyens d’acheter une nourriture quantitativement et qualitativement meilleure.
  • Les facteurs de risque relatifs aux maladies d’origine hydrique se distinguent de ceux ayant trait à l’accès à l’eau potable (maladies diarrhéiques, helminthiases, autres maladies hydriques).
  • Les maladies liées à l’écosystème aquatique dont dépendent les insectes vecteurs de maladies (paludisme, schistosomiase, filariose lymphatique et un certain nombre d’arboviroses).
  • Une grande part de la charge de la maladie est attribuée aux pratiques actuelles du développement et de la gestion des ressources hydriques, lesquelles, du fait même de leurs répercussions sanitaires, ne peuvent souvent pas être caractérisées comme durables.

Que faut-il pour atteindre l’objectif en question ?

La gestion intégrée des ressources en eau rencontrera des difficultés sur le plan sanitaire et se heurtera notamment à la pression exercée dans certaines régions du monde pour accélérer l’exploitation des ressources hydriques face à la pénurie croissante d’eau de bonne qualité (l’externalité étant une dégradation des questions de santé) et la fragmentation des systèmes de gouvernance (horizontale entre les secteurs publics et verticale dans le cadre de la décentralisation), ce qui rendra la collaboration intersectorielle plus difficile. Il est par conséquent essentiel que les questions de santé soient intégrées dans les politiques et les programmes nationaux de gestion intégrée des ressources en eau. Les ministères de la santé devront être renforcés pour leur permettre de jouer un rôle de première importance dans cette relation.

Atteindre l’objectif fixé est important sur le plan de la santé

Les pays qui adoptent la gestion intégrée des ressources en eau dans leurs politiques et stratégies nationales liées aux ressources hydriques vont jeter les bases de plusieurs avantages sanitaires ; ces avantages seront différents en fonction des maladies hydriques rencontrées et des schémas d’utilisation de l’eau qui seront recherchés dans le cadre de ce type de gestion. Dans les pays où la malnutrition dans les zones rurales est un problème crucial de santé publique, cette gestion contribuera à la sécurité alimentaire et à la diversification des régimes alimentaires. Le développement des projets d’irrigation et la construction de barrages et de diverses infrastructures hydrauliques selon les principes de la gestion intégrée permettront d’adopter un maximum de mesures de protection et d’amélioration de la santé. Les questions liées à la qualité de l’eau et à leur impact sur les maladies transmissibles ou non seront traitées au mieux selon les mêmes principes. Dans les régions exposées aux inondations, c’est la gestion intégrée qui offrira les meilleures options pour protéger les communautés locales des risques d’inondation.

Action de l’OMS

L’action menée par l’OMS dans le cadre de son programme Eau, assainissement et santé au Siège, dans les bureaux régionaux et les bureaux de pays comprend deux composantes stratégiques qui consistent à :

  • renforcer les capacités nationales en ce qui concerne l’évaluation de l’impact sanitaire du développement des ressources hydriques ; et
  • promouvoir les meilleures pratiques liées à la gestion de l’eau pour protéger et améliorer la santé.

En ce qui concerne la première composante, l’Organisation offre un module général de renforcement des capacités qui vise à formuler des politiques, consolider les institutions et développer les savoir-faire. En ce qui concerne la deuxième composante, l’Organisation prépare actuellement des guides, des normes et des critères relatifs aux meilleures pratiques pouvant être appliqués dans le contexte de la gestion intégrée.

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