Rapport sur la santé dans le monde

Chapitre 1


L’interaction fatale: le VIH/SIDA et les autres maladies

L’interaction du VIH/SIDA avec d’autres maladies infectieuses est de plus en plus préoccupante pour la santé publique. En Afrique subsaharienne par exemple, le paludisme, les infections bactériennes et la tuberculose apparaissent comme les principales causes de morbidité associée au VIH (22). Chez l’adulte, l’infection à VIH accroît l’incidence et la gravité des manifestations cliniques du paludisme (23). Dans certaines régions de l’Afrique, le paludisme à falciparum et l’infection à VIH représentent désormais les deux problèmes sanitaires les plus importants.

La pandémie a entraîné des bouleversements dévastateurs dans l’épidémiologie de la tuberculose, notamment en Afrique où environ un tiers de la population est porteuse du bacille tuberculeux sans nécessairement tomber malade, la maladie restant à l’état latent. A la fin de l’année 2000, environ 17 millions de personnes en Afrique et 4,5 millions en Asie du Sud-Est étaient infectées à la fois par le bacille tuberculeux et le VIH (24). On peut s’attendre à ce qu’une forte proportion de ces personnes fassent une tuberculose évolutive si elles ne reçoivent pas de traitement (25), car le VIH, en affaiblissant les défenses immunitaires, accroît considérablement la probabilité de tomber malade pour les personnes porteuses du bacille.

Dans les pays d’Afrique où la proportion des infections à VIH est élevée, y compris ceux qui disposent de programmes de lutte bien organisés, le taux de notification des cas de tuberculose a plus que quadruplé depuis le milieu des années 1980, pour atteindre plus de 200 cas pour 100 000 habitants en 2002 (25). Aux Etats-Unis d’Amérique, 16 % des cas de tuberculose sont attribués au virus.

Dans certaines régions de l’Asie et de l’Europe orientale, il est probable que le nombre de personnes porteuses simultanément d’une souche de bacille tuberculeux multi-pharmacorésistante et du VIH va également augmenter. En Inde, par exemple, l’on estime que 1,7 million d’adultes présentaient en 2000 une co-infection par le bacille tuberculeux et le VIH, le taux de pluripharmacorésistance peut aller jusqu’à 3 % du nombre de tuberculeux non encore traités.

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