Rapport sur la santé dans le monde

Chapitre 2


Amélioration de l’accès au traitement: arguments de santé publique

Parmi les arguments de santé publique qui militent en faveur d’une amélioration urgente de l’accès au traitement, il en est deux qui se détachent nettement : premièrement, la nette réduction de la morbidité et de la mortalité dues au VIH/SIDA qui résulte du traitement. Celle-ci a été bien documentée dans des pays à haut revenu, dans le cadre du programme national de traitement au Brésil (voir l’Encadré 2.1), ainsi qu’au cours de l’exécution de projets novateurs dans des milieux à faible revenu (1–3). Et deuxièmement, l’effet de synergie exercé par le traitement sur les efforts de prévention. La disponibilité d’un traitement peut améliorer la prévention de diverses manières :

  • En augmentant la demande de conseil et de dépistage volontaires : pour une prévention efficace, il est essentiel de favoriser le conseil et le dépistage volontaires. Sur 10 personnes infectées par le VIH en Afrique subsaharienne, 9 ignorent leur état sérologique et, en l’absence d’un traitement, les gens risquent de ne pas vraiment vouloir en être informés. En revanche, lorsqu’un traitement existe, on observe dans de nombreuses régions une augmentation des conseils et dépistages volontaires : ceux-ci ont triplé par exemple dans un dispensaire d’Haïti après l’avènement de la thérapie antirétrovirale (4).
  • En améliorant les possibilités de prévention secondaire : lorsqu’ils se rendent dans un centre de santé pour se faire soigner, les patients ont l’occasion de recevoir une information sur les comportements qui favorisent la prévention. L’intérêt de cette approche a conduit les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis d’Amérique à l’intégrer dans les stratégies de prévention du VIH qu’ils ont récemment conçues pour cibler les personnes dont l’infection est avérée (5).
  • En abaissant le risque de transmission : le traitement réduit le risque d’une transmission sexuelle du VIH en cas de relations sexuelles non protégées. Il faut cependant considérer que l’allongement de l’espérance de vie des patients sous traitement augmente le risque de relations sexuelles entre personnes dont le statut sérologique diffère.

On n’a que peu d’indications de la manière dont la disponibilité d’un traitement influe sur les comportements à risque dans les pays en développement. Pour conjuguer efficacement le traitement et la prévention, il faut les planifier et mesurer soigneusement les résultats. A mesure que le traitement passe à l’échelle supérieure, les programmes doivent constamment déterminer son impact sur la prévention et être en mesure de s’adapter et de réagir sans délai à tout fléchissement des comportements favorables à la prévention.

Documents connexes

Partager