Rapport sur la santé dans le monde

Chapitre 2


Amélioration de l'accès au traitement: arguments économiques et sociaux

Les analyses économiques et sociales justifient amplement l’adoption de mesures d’urgence pour élargir l’accès au traitement. Alors qu’un certain nombre d’études antérieures ont pu donner à penser que l’utilisation de médicaments antirétroviraux n’est pas rentable dans les pays pauvres, des travaux récents montrent le contraire (6). Il ressort du Rapport sur la santé dans le monde 2002 que certains types de traitement pourraient être rentables même dans des régions dépourvues de ressources (7). Depuis la parution de ce rapport, les prix des médicaments ont chuté d’environ 50 % et les protocoles mis au point pour l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » devraient contribuer à améliorer encore la rentabilité, notamment dans les pays où les personnes atteintes d’infections opportunistes sont hospitalisées. L’utilisation des antirétroviraux devrait réduire le nombre de ces infections, au moins pendant plusieurs années, ce qui aurait pour effet d’abaisser les dépenses de santé consacrées au VIH/SIDA comme le montre l’expérience du Brésil (8).

Comme le montre le chapitre 1, un grand nombre d’études antérieures ont sérieusement sous-estimé l’effet cumulatif des problèmes économiques et sociaux dus au VIH/SIDA dans les pays fortement atteints. En rendant la santé à des millions de personnes et en leur permettant de percevoir un revenu, d’élever leurs enfants et d’apporter une contribution à la société, le traitement antirétroviral peut contribuer à atténuer les pertes de capital humain et de productivité. Grâce au programme brésilien d’accès universel au traitement antirétroviral, la survie moyenne des personnes vivant avec le SIDA qui sont soignées dans des établissements publics est passée de moins de six mois à un minimum de cinq ans (9). La qualité de vie des patients s’est aussi considérablement améliorée : ceux-ci continuent à travailler, à subvenir aux besoins de leur famille, à éduquer leurs enfants et à fréquenter leurs amis.

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