Rapport sur la santé dans le monde

Chapitre 2


Coûts de l'initiative « 3 millions d'ici 2005 »

Le coût exact de l’initiative dépend de la rapidité du passage à l’échelle supérieure dans les pays participants. Il s’élèvera sans doute à un total d’au moins US $5,5 milliards d’ici à la fin de 2005 dans le groupe des pays fortement atteints qui correspond à 90 % de la cible (18). Cette estimation suppose que 25 % de la cible seront atteints d’ici 2004 et les 75 % restants l’année suivante. Elle repose aussi sur l’hypothèse que les prix des médicaments demeureront aux niveaux les plus bas actuellement disponibles mentionnés par le Département OMS Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques (à savoir US $304 par personne et par an pour un traitement de première intention). Les coûts totaux du programme pourraient être considérablement réduits si les prix des médicaments pouvaient avoisiner dans tous les cas ceux qui ont été négociés par la Fondation William J. Clinton pour les 14 pays qu’elle soutient (à savoir moins de US $140 par personne et par an pour le traitement de première intention).

Les projections des coûts sont basées sur les schémas thérapeutiques requis à trois points d’entrée : les services antituberculeux, les dispensaires prénatals et les établissements de santé. Au niveau du malade, elles couvrent les services suivants :

  • conseil et distribution de préservatifs pour les personnes faisant l’objet d’un dépistage dans le cadre du programme ;
  • médicaments antirétroviraux (médicaments de première intention pour toutes les personnes dépistées à un stade avancé de la maladie et médicaments de deuxième intention pour les échecs thérapeutiques) ;
  • antirétroviraux pour prévenir la transmission mère-enfant chez les femmes qui se sont révélées VIH-positives dans les dispensaires de soins prénatals et qui n’ont pas dépassé les premiers stades cliniques de la maladie ;
  • traitement et prophylaxie des affections opportunistes ;
  • soins palliatifs ;
  • épreuves de toxicité pour les sujets présentant des signes toxiques et changement de médicaments en cas de toxicité avérée.

Au niveau du programme, les coûts comprennent la formation des médecins, des infirmières, des autres personnels soignants, des agents de santé communautaires et des bénévoles non professionnels, l’encadrement et le suivi, l’accroissement de la capacité des systèmes de distribution et de stockage des médicaments, le recrutement des agents de santé communautaires, les mesures de précaution systématiques et la prophylaxie postexposition. Ils couvrent aussi l’achat d’un nombre approprié d’appareils automatiques pour la numération des CD4, l’établissement de la formule sanguine et la détermination des paramètres chimiques du sang dans les pays à bas revenu à partir de 2005.

La Figure 2.2 montre le détail des coûts estimatifs de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » sur deux ans (2004–2005). Il n’est pas surprenant que le coût des médicaments antirétroviraux y occupe la plus grande place et que le traitement des infections opportunistes, les soins palliatifs et les précautions systématiques en soient aussi des composantes majeures.

Ces estimations englobent les activités de prévention requises pour un appui direct à la stratégie des « 3 millions d’ici 2005 ». Elles supposent aussi que les autres mesures de prévention du VIH/SIDA se poursuivront au rythme actuel. Elles ne prévoient aucun bouleversement dans l’infrastructure des systèmes de santé, une telle mesure n’étant guère envisageable en raison de la brève période d’exécution de l’initiative. S’il faut développer simultanément d’autres interventions ( par exemple pour lutter contre le paludisme et/ou la tuberculose avec un financement du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme), on risque de rencontrer des obstacles à court terme du fait d’une pénurie de personnel ou de l’insuffisance des structures sanitaires ou des moyens de laboratoire. Pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015, y compris ceux qui se rapportent au VIH/SIDA, il va être nécessaire d’investir immédiatement dans l’infrastructure ainsi que dans le renforcement des systèmes de santé pour de nombreux pays qui mettent en œuvre l’initiative « 3 millions d’ici 2005 ». Ces questions seront examinées plus avant au chapitre 4.

Le chiffre de US $5,5 milliards concerne les pays où la charge du VIH/SIDA est la plus élevée. Il remplace les estimations supérieures faites précédemment qui ont été revues à la baisse, notamment pour les raisons suivantes : le modèle de soins sur lequel se fondaient les calculs antérieurs prévoyait davantage d’épreuves et d’heures de personnel que celui qui a été adopté par l’OMS pour faire face à la situation d’urgence thérapeutique due au SIDA, et les prix des médicaments ont chuté dans une large mesure.

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