Rapport sur la santé dans le monde

Chapitre 3

participation communautaire: sensibilisation & action

On a vu dans le chapitre 2 comment l’OMS et ses partenaires galvanisent les énergies en vue d’étendre l’accès au traitement dans le cadre d’une action globale contre la pandémie. La constitution de partenariats étroits avec les communautés et certains groupes de la société civile, notamment les personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, sera d’une importance capitale pour réaliser l’objectif des « 3 millions d’ici 2005 », garantir le succès de l’action d’ensemble et atteindre le but plus général que constitue le renforcement des systèmes de santé. Cette participation communautaire comportera une action de sensibilisation, des prestations de services et un soutien aux patients. Pour que les communautés participent à fond à cet effort, il faudra faire évoluer le mode de distribution des services de santé publique.

Tout au long de l’histoire du VIH/SIDA, beaucoup de communautés et de groupes se sont attachés avec une énergie remarquable à aider ceux dont l’existence était affectée par la maladie. Parmi les exemples de ce dynamisme, le présent chapitre en rappelle quelques-uns des plus stimulants qui ont eu une profonde influence sur la perception de la maladie par la population et les responsables politiques et dont les effets bénéfiques pour la collectivité dans son ensemble se font profondément et durablement sentir. Aujourd’hui, cet engagement communautaire est un outil précieux qui peut être mis à contribution pour étendre l’accès au traitement antirétroviral. Au-delà de cet objectif essentiel, il sera un puissant moteur du progrès vers une amélioration plus générale de la santé publique et de l’accès aux soins.

Après avoir rappelé comment la participation communautaire a peu à peu pris la place qui lui est désormais reconnue dans l’action de santé publique, ce chapitre passe en revue quelques-unes des étapes historiques qui ont marqué l’engagement de la société civile dans la lutte contre le VIH/SIDA. A cette occasion, il souligne les ressources qu’offre une démarche respectueuse des droits des personnes pour réaliser des objectifs de nature sanitaire. Enfin, le chapitre se penche sur la participation de la société civile et de la communauté à l’action menée en vue de l’extension du traitement, et plus particulièrement sur le rôle des agents de santé communautaires.

On entend par communauté des groupes de personnes vivant à proximité les unes des autres, ou qui ont établi divers liens sociaux, souvent du fait qu’elles partagent les mêmes motivations et les mêmes besoins. Au sein d’une même communauté, il existe des groupes constitués autour du problème du VIH/SIDA et formés, par exemple, de personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, de leurs amis, des membres de leurs familles et de leurs porte-parole. Ces « communautés VIH/SIDA » peuvent ou non se structurer sous la forme d’organisations officielles. Les organisations de la société civile – c’est-à-dire celles qui ne relèvent pas de la puissance publique ou de l’industrie privée – sont constituées d’associations de personnes vivant avec le VIH/SIDA et de leurs porte-parole, d’organisations confessionnelles ou d’autres groupes tels que les syndicats ou les associations patronales.

Pour atteindre l’objectif des « 3 millions d’ici 2005 », il va falloir établir des partena-riats entre les gouvernements nationaux, les organisations internationales, la société civile et les communautés et tirer parti des ressources propres à chacun pour obtenir des résultats sur le terrain. Il est indispensable que l’action soit conduite par les gouvernements car la société civile ne peut pas se substituer au secteur public. Toutefois, certaines instances gouvernementales pourront constituer des partenariats avec des groupes de la société civile et mettre en place des dispositifs permettant d’utiliser les compétences existant au sein des diverses communautés. L’OMS et d’autres organisations internationales sont en mesure de faciliter ce processus et de lui apporter leur soutien. Par cette collaboration avec les communautés, l’initiative des « 3 millions d’ici 2005 » exprime l’idéal de la santé pour tous proclamé en 1978 à Alma-Ata (une ville du Kazakhstan appelée aujourd’hui Almaty) selon lequel le droit à la santé est indissociable du droit des individus à participer aux décisions touchant leur existence.

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