Urgente nécessité d'augmenter le nombre de sages-femmes dans le monde, selon nouveau rapport

Genève, le 22 juin 2011 | Non moins de 3,6 millions de décès pourraient être évités chaque année dans 58 pays en développement si les services de sage-femme sont améliorés d'ici à 2015, selon un important nouveau rapport publié cette semaine par l'UNFPA, à l'occasion du Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) en cours à Durban (Afrique du Sud). Le rapport L'Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011 révèle de nouvelles données confirmant qu'il existe un écart considérable entre le nombre de sages-femmes en activité et de celles qui seraient nécessaires pour sauver des vies.

“Pour faire en sorte que chaque femme et son nouveau-né aient accès à des services de sage-femme de haute qualité, il nous faut prendre des mesures hardies afin de partir de ce que nous avons déjà accompli à travers les communautés, pays et régions du monde entier”, a déclaré Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, dans son Avant-propos du rapport.

Chaque année, 358 000 femmes meurent durant la grossesse ou l'accouchement, quelque deux millions de nouveau-nés meurent dans leurs premières 24 heures de vie et on compte 2,6 millions de cas de mortinatalité, tout cela en raison de soins de santé inadéquats ou insuffisants.

Le rapport révèle qu'à moins de former, déployer et retenir dans un environnement habilitant 112 000 sages-femmes de plus, 38 des 58 pays visés par l'enquête risquent de ne pas atteindre la cible de 95 % des naissances assistées par des accoucheuses qualifiées d'ici à 2015, comme l'exige l'Objectif 5 du Millénaire pour le développement relatif à la santé maternelle. Le rapport est le fruit d'une collaboration de plus de 30 partenaires, dont l'Alliance mondiale pour les personnels de santé (l'Alliance).

L'Alliance ce centre sur les approches novatrices en matières de recrutement, fidélisation et motivation des sages-femmes

L'Alliance a contribué de manière significative à l'élaboration du rapport. Le document de fond (disponible qu'en anglais) Midwifery Workforce Management and Innovation, préparé par des collaborateurs techniques de l'Alliance, ce centre sur trois aspects essentiels à la gestion des effectifs de sages-femmes: gérer l'incorporation à l'effectif de sages-femmes, la maintien au sein de l'effectif, et sa sortie. Le document montre que les nations ayant adopté en priorité des approches novatrices en matière de recrutement, fidélisation et motivation des sages-femmes sont sur la bonne voie en ce qui concerne la santé de la femme et de l'enfant. De plus, l'Alliance a joué un rôle important dans l'adoption à l'automne passé de la Stratégie mondiale du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour la santé de la femme et de l'enfant.

« La corrélation étroite entre l'accès à un personnel de santé compétent, motivé et encadré et la santé de la femme et de l'enfant est bien établie aujourd'hui. Le rapport montre que quelques pays devront plus que décupler le nombre des sages-femmes en exercice, et la plupart des autres devront doubler, voire tripler ou quadrupler leurs effectifs de sages-femmes pour améliorer la qualité et la couverture des soins ». Souligne le Dr. Mubashar Sheikh, Directeur exécutif de l'Alliance. Il ajoute que « La formation et l'éducation devront être renforcées de manière urgente et significative dans bien des pays afin de permettre aux sages-femmes de prodiguer des soins de qualité ».

Elargir l'accès des femmes à des services de sage-femme de haute qualité est devenu un but central des efforts déployés au niveau mondial pour concrétiser le droit de chaque femme aux meilleurs soins de santé possibles durant la grossesse et l'accouchement. L'Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011 est le premier rapport mondial traitant exclusivement des sages-femmes, et marque donc une étape importante vers la reconnaissance des sages-femmes comme maillons essentiels des systèmes de santé en bon état de fonctionnement.

Partager