Journée mondiale de la Santé

Déclaration

Dr Margaret Chan
Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé

Journée mondiale de la santé - 7 avril 2009

La plupart des décès surviennent immédiatement après l’événement ou la catastrophe à l'origine d'une situation d’urgence et c’est à ce moment qu’il faut pouvoir agir pour sauver des vies. Pour cela, la population compte sur la célérité et l’efficacité des hôpitaux: ce sont eux qui peuvent assurer les conditions de survie, c'est à partir de ces structures que l’aide d'urgence peut intervenir.

Le Directeur général de l'OMS, Dr Margaret Chan, rencontre des infirmières au lendemain du tremblement de terre qui a durement frappé la province chinoise du Sichuan en novembre 2008
OMS/Nick Otto
Le Directeur général de l'OMS, Dr Margaret Chan, rencontre des infirmières au lendemain du tremblement de terre qui a durement frappé la province chinoise du Sichuan en novembre 2008.

La tragédie d’une situation d’urgence ou d’une catastrophe majeure est aggravée en cas de carence des établissements de santé. Quand un hôpital s’effondre ou que ses services sont interrompus, les vies qui dépendent des soins d’urgence sont perdues. La cessation des services ordinaires peut également s’avérer mortelle.

Dans des situations d’urgence de grande ampleur, tremblements de terre ou inondations par exemple, certains pays ont pu perdre jusqu’à 50% de leurs capacités hospitalières, juste au moment où ils en avaient le plus besoin.

En dehors des souffrances accrues et des vies perdues, la carence des établissements de santé pendant une situation d’urgence peut provoquer une indignation populaire, en particulier si le grand public pense qu’il faut incriminer la mauvaise qualité des bâtiments ou que les codes de la construction n'ont pas été respectés

Ces inquiétudes du public sont pleinement justifiées. Comme nous le montrons dans nos documents, la construction d’un nouvel hôpital pouvant résister aux tremblements de terre, aux inondations ou à des vents violents ne coûte pas cher. Il est encore moins cher de rénover les établissements existants pour que leurs services puissent continuer de fonctionner à un moment critique. Enfin, intégrer la gestion du risque et la préparation aux situations d’urgence dans les plans opérationnels d’un hôpital ne coûte presque rien.

Pour la Journée mondiale de la Santé 2009, l’OMS préconise une série de bonnes pratiques pouvant être appliquées dans n’importe quelle situation pour assurer la sécurité des hôpitaux dans les situations d’urgence. En dehors d’un emplacement sûr et d’une construction résistante, une planification de qualité et des exercices réguliers peuvent aussi contribuer à maintenir les fonctions essentielles d'un établissement de santé. Les mesures à l’efficacité avérée englobent la mise en place de systèmes d’alerte précoce, l'évaluation de la sécurité de l’établissement, la protection des équipements et des fournitures ainsi que la formation du personnel à prendre en charge des victimes en grand nombre, sans oublier les mesures de lutte anti-infectieuse.

Selon les situations d’urgence, on observe chez les victimes des pathologies typiques, traumatismes par écrasement dans les tremblements de terre ou hypothermies pour les inondations par exemple, auxquelles correspondent des besoins précis en matière de formation ou de matériel. On peut anticiper ces besoins et augmenter les capacités sanitaires pour y faire face.

Il est avisé de réfléchir et de planifier à l’avance. On observe dans le monde entier une recrudescence des situations d’urgence et des catastrophes. Il est certain que cette tendance va se poursuivre avec l’urbanisation, qui concentre les populations sur des sites dangereux, et le changement climatique, qui augmente la fréquence et la gravité des événements météorologiques extrêmes. Nous devons nous attendre à un nombre croissant de régions où des catastrophes pourront se produire.

L’expérience a abondamment démontré les énormes bénéfices que l'on peut en attendre, y compris au niveau politique, quand les hôpitaux résistent et fonctionnent comme des havres de sécurité et de solidité au milieu du désastre et du désespoir. Nous ne devons jamais l’oublier: les hôpitaux et les établissements de santé représentent des investissements conséquents. En assurant leur sécurité dans les situations d’urgence, nous protégeons ces investissements, tout en préservant la santé et la sécurité des populations, ce qui est la première de nos préoccupations.

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