Journée mondiale de la Santé

Quelles menaces pèsent sur les établissements de santé et la prestation des soins lors de situations d'urgence?

Journée mondiale de la santé - 7 avril 2009

En dehors de leurs effets sur les populations, les situations d’urgence font peser d’énormes menaces sur les hôpitaux, les cliniques et les autres établissements de santé. Les dégâts, parfois désastreux, aux structures et aux infrastructures surviennent au moment même où on a le plus besoin de ces établissements. Il est arrivé que des personnels de santé soient tués dans l’effondrement d’hôpitaux.

Le principal hôpital de Banda Aceh en Indonésie en ruine au lendemain du tsunami qui a ravagé la région
OMS/Dermot Tatlow
Le principal hôpital de Banda Aceh en Indonésie a été entièrement détruit par le tsunami en 2004, privant toute une population d'accéder aux soins à un moment crucial.

Le nombre des morts et des blessés est encore aggravé quand un hôpital est détruit ou ne peut plus fonctionner que partiellement. Il faut axer l’aide sur les établissements de santé lorsqu’une catastrophe se produit mais, s’ils sont endommagés ou hors d'état de marche, on n'est plus en mesure d'assurer les soins nécessaires aux malades et aux blessés.

Le séisme de 2003 en Algérie a mis hors service 50% des établissements de santé dans la région touchée. Au Pakistan, dans les régions les plus affectées par le tremblement de terre de 2005, 49% des établissements de santé ont été complètement détruits, des hôpitaux les plus modernes aux dispensaires ruraux ou aux points de distribution des médicaments.

Le tsunami dans l’océan Indien en décembre 2004 a touché des systèmes de santé nationaux et locaux desservant des millions de personnes. Dans la province d’Aceh, au nord de l’Indonésie, 61% des établissements de santé ont été endommagés.

Malgré le droit international, des opérations militaires continuent de viser ou d’utiliser les établissements de santé pendant les conflits. En Bosnie-Herzégovine, en Somalie, en République centrafricaine ou encore dans la Bande de Gaza, ils se sont retrouvés dans la ligne de feu.

Il arrive qu’une situation d’urgence ne touche qu'à l’infrastructure de l’établissement de santé: incendie, coupure d’électricité ou d’eau par exemple. Les incidents chimiques ou radiologiques à l’intérieur ou à proximité d’un établissement de santé peuvent également interrompre la prestation des soins.

En outre, ces situations menacent les personnels de santé, les médecins, les infirmiers, les ambulanciers et autres professionnels qui s’efforcent de sauver des vies. Quand un hôpital s’effondre ou quand des tirs d’artillerie détruisent un établissement ou une ambulance, des personnels de santé sont tués ou blessés. Quand ils ne sont plus en mesure de faire leur travail, les soins ne sont plus assurés.

Même si les établissements de santé ne sont pas touchés par les flambées et les épidémies, leurs services et les soins peuvent l’être. La demande accrue et la réduction du personnel peuvent se répercuter sur les soins en perturbant les communications, l’approvisionnement et les transports. La continuité des soins s’en trouve à son tour affectée, y compris pour des maladies chroniques comme l’infection par le VIH ou la tuberculose.

Si les mesures pour prévenir ou combattre les infections ne sont pas efficaces, il arrive alors que les établissements de santé «amplifient» les flambées, en générant des cas parmi les autres patients ou leur personnel, ce qui diminue encore leur capacité à assurer les services nécessaires.

Les coupures d’électricité provoquées par les catastrophes peuvent perturber les unités de traitement de l’eau et d’approvisionnement en eau, augmentant ainsi le risque pour les maladies à transmission hydrique et compromettant le bon fonctionnement de l’hôpital, y compris la chaîne du froid pour la conservation des vaccins. La grande panne d’électricité à New York en 2003 a été suivie par une recrudescence des maladies diarrhéiques.

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