Journée mondiale de la Santé

Un environnement sain pour les enfants : OMS/Point de repère N°3, avril 2003

Des mesures doivent être prises d’urgence pour préserver la santé et la vie des enfants

Plus de cinq millions d’enfants de 0 à 14 ans meurent chaque année de maladies ou de pathologies provoquées par l’environnement dans lequel ils vivent, s’instruisent et s’amusent. Pourtant, on comprend toujours mal les liens existant entre cet environnement et leur possibilité d’être en bonne santé. La Journée mondiale de la Santé entend cette année galvaniser l’action sur ce thème et y sensibiliser le public. Les problèmes sont clairs.

LES ENFANTS DIFFERENT DES ADULTES

Ils ont une vulnérabilité particulière. Au cours de leur croissance et de leur développement, ils passent par des phases de sensibilité, c’est-à-dire des périodes au cours desquelles leurs organes et leurs systèmes biologiques deviennent particulièrement sensibles à certains dangers présents dans leur environnement.

Leur vulnérabilité particulière s’explique par le fait qu’ils sont en phase de croissance et consomment plus d’aliments, d’air et d’eau que les adultes en proportion de leur poids. Leur système immunitaire, leur appareil reproducteur, leur appareil digestif et leur système nerveux central continuent de se développer et ils passent plus de temps près du sol où s’accumulent la poussière et les produits chimiques.

Les enfants sont également exposés aux dangers de l’environnement avant leur naissance, notamment en cas de tabagisme de la mère ou de dépendance à d’autres substances. L’exposition à des risques liés à l’environnement dans les premiers stades du développement peut entraîner des lésions irréversibles.

QUE SAIT-ON ?

Une proportion importante de la charge mondiale de morbidité (peut-être un tiers) est provoquée par des risques environnementaux, et les enfants de moins de cinq ans en souffrent à hauteur de 40 % (alors qu’ils ne représentent que 10 % de la population mondiale). Certaines statistiques parlent d’elles-mêmes:

Salubrité de l’eau à usage domestique

  • On estimait en 2000 que 1,1 milliard de personnes n’avaient pas accès à une source « améliorée » .
  • Les affections diarrhéiques sont les principales maladies provoquées par le manque d’accès à une eau salubre. Elles sont la deuxième cause de mortalité chez l’enfant dans le monde après les infections respiratoires aiguës. On estime que, chaque année, 1,3 millions d’enfants meurent de diarrhées, soit près de 12 % du total des décès d’enfants de moins de 5 ans dans les pays en développement.
  • D’autres maladies infectieuses au mode de transmission similaire touchent les enfants, comme les hépatites A et E.
  • L’insalubrité de l’eau à usage domestique s’associe également à des infections de la peau et de l’œil, comme le trachome, ou encore à la schistosomiase, que l’on peut contracter en puisant de l’eau là où elle est infestée par le parasite.

Hygiène et assainissement

  • Dans le monde, 2,4 milliards de personnes, la plupart vivant dans les zones périurbaines (zones de transition entre le milieu rural et le milieu urbain) ou rurales des pays en développement n’ont pas accès à des infrastructures sanitaires améliorées (c’est-à-dire à des conditions probables de salubrité).
  • C’est en Asie et en Afrique, où respectivement 31 % et 48 % de la population rurale n’y ont pas accès, que la couverture est la plus faible.
  • Mais, même là où il existe de bonnes infrastructures, elles ne suffisent pas toujours à améliorer l’état de santé. Il faut encourager enfants et adultes à se laver les mains avec du savon ou des cendres avant les repas et après la défécation.
  • Le manque d’hygiène contribue à la propagation des maladies diarrhéiques provoquées par la contamination de l’eau et de la nourriture. Les aliments contaminés, notamment ceux donnés aux nourrissons en complément du lait maternel, sont l’une des principales causes de diarrhées infantiles pouvant entraîner la mort, notamment dans les pays en développement.

Pollution de l’air

  • La pollution de l’air est un facteur de risque pour les affections respiratoires aiguës ou chroniques et d’autres maladies : près de deux millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année des suites d’une infection aiguë des voies respiratoire, bien souvent aggravée par les risques environnementaux.
  • La pollution de l’air à l’intérieur des maisons (combustion de biocombustibles ou de charbon, fumée de tabac ambiante) et à l’extérieur, principalement due à la circulation automobile et aux activités industrielles, pose de graves problèmes. On estime qu’un quart de la population mondiale est exposée à des concentrations nuisibles de polluants atmosphériques comme des matières particulaires, le dioxyde souffre et d’autres produits chimiques.

Vecteurs de maladie

  • En principe, toutes les maladies à transmission vectorielle représentent un grave danger pour la santé des enfants. La présence des vecteurs (dont les moustiques et les vers) résulte souvent d’une mauvaise gestion des ressources hydriques (avec par exemple la présence de mares d’eau stagnante). Certaines de ces maladies font courir un risque particulier aux enfants, soit parce que le système immunitaire n’est pas encore en mesure de faire face à l’agression de l’agent infectieux, soit parce que le comportement de l’enfant accroît sa vulnérabilité à la maladie.
  • A lui seul, le paludisme est la cause d’un million de décès d’enfants par an environ; beaucoup de ces enfants ont moins de 5 ans et la plupart sont en Afrique.
  • La schistosomiase, l’encéphalite japonaise, la leishmaniose et la dengue représentent également de graves menaces pour les enfants en raison de la morbidité et de la mortalité qu’ont ces maladies dans cette tranche d’âge.

Risques chimiques

  • Environ 50 000 enfants meurent chaque année des suites d’une intoxication non intentionnelle.
  • La présence des polluants chimiques dans l’environnement est due aux activités industrielles non réglementées, à la densité de la circulation automobile et aux décharges toxiques.
  • Les pesticides mal utilisés, mal entreposés ou mal éliminés peuvent nuire aux enfants et à leur environnement. Les produits de nettoyage domestique, le pétrole, les solvants, les médicaments et d’autres produits chimiques deviennent une source de danger s’ils sont entreposés dans des réceptacles mal adaptés ou des endroits accessibles aux enfants.

Traumatismes non intentionnels (accidents)

  • On estime qu’en 2001, 685 000 enfants de moins de 15 ans ont perdu la vie à la suite de traumatismes non intentionnels.
  • On classe dans cette catégorie les accidents de la route, les intoxications, les chutes, les brûlures et les noyades.
  • La grande majorité de ces accidents surviennent chez les enfants des pays à revenu faible ou moyen : 80 % de tous les décès d’enfants dus à des traumatismes non intentionnels surviennent dans les Régions de l’Afrique, de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.
  • Environ 20 % des décès par accident surviennent chez des enfants de moins de 15 ans et les traumatismes non intentionnels font partie des 10 principales causes de mortalité dans cette tranche d’âge.
  • A travers le monde, les principales causes de décès par suite de traumatisme non intentionnel parmi les enfants sont les accidents de la circulation (21 % des décès pour cette classe d’âge) et les noyades (19 %).

FACE A CES RISQUES, QUE PEUT-ON FAIRE POUR AMELIORER LA SANTE DE NOS ENFANTS?

Il existe un certain nombre de mesures simples, peu coûteuses, efficaces et ayant des effets durables pour lutter contre les risques environnementaux menaçant la santé des enfants. Ces mesures peuvent être prises à domicile comme à l’école.

Salubrité de l’eau à usage domestique

  • Il est prouvé que la conservation de l’eau dans de bonnes conditions d’hygiène à domicile et son traitement si elle est de qualité douteuse réduisent la contamination et ont de nombreux avantages pour la santé

Hygiène et assainissement

  • Le lavage des mains à l’eau et au savon avant de préparer la nourriture, avant les repas et après la défécation réduit sensiblement le risque de maladies diarrhéiques.
  • L’application des cinq clefs de l’OMS pour des aliments plus sûrs permet de diminuer les risques de maladies d’origine alimentaires : propreté, séparation des aliments crus et des aliments cuits, cuisson soigneuse, conservation des aliments à la bonne température, utilisation d’eau saine et de produits sûrs.

Pollution de l’air

  • Une bonne ventilation, l’utilisation de combustibles propres et l’amélioration des poêles domestiques sont autant de mesures qui réduisent la pollution de l’air à l’intérieur des habitations et freinent l’apparition ou l’aggravation des infections respiratoires aiguës.

Vecteurs de maladie

  • Les enfants se couchant en général plus tôt que les adultes, au moment où les moustiques entrent en activité, l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pose d’écrans aux fenêtres, aux portes et aux porches sont des moyens de protection très efficaces contre le paludisme en ce qui les concerne.

Risques chimiques

  • Veiller à ce que les produits de nettoyage, les combustibles, les solvants, les pesticides et tout autre produit chimique utilisés à la maison et à l’école soient emballés et entreposés dans de bonnes conditions de sécurité et soient clairement étiquetés.

Traumatismes non intentionnels (accidents)

  • Militer pour la sécurité routière et la bonne organisation de la circulation.

QU’Y A-T-IL DE NOUVEAU?

En 2002, lors du Sommet mondial sur le Développement durable, l’OMS et ses partenaires ont lancé une nouvelle initiative : l’Alliance en faveur d'un environnement sain pour les enfants. Cette alliance a adopté un nouveau cadre de travail pour souligner les risques environnementaux, en les regroupant dans six domaines prioritaires, et pour orienter les actions de prévention et les interventions là où les enfants passent le plus de temps, c’est à dire, chez eux, à l’école et dans leur quartier.

Depuis ses débuts, l’Alliance s’est efforcée de construire un mouvement sur de larges assises impliquant des organismes du niveau local au niveau mondial : gouvernements, organisations intergouvernementales, organisations non gouvernementales, institutions et groupements du secteur privé.

L’ALLIANCE : LA JOURNEE MONDIALE DE LA SANTE ET AU-DELA

Le 7 avril 2003 sera un tremplin qui donnera à l’Alliance et à toutes les parties intéressées l’élan nécessaire pour améliorer la santé des enfants et mettre en œuvre dans les pays et les collectivités ces mesures et d’autres. Ceux qui participent à l’œuvre de l’Alliance travailleront ensemble à préparer l’avenir en veillant à ce que nos enfants grandissent dans la santé, la sécurité et le bonheur. C’est ainsi qu’ils pourront le mieux devenir les gardiens de notre planète.

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