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En première ligne de la santé : les 35 ans de service d’Armine dans la région de Lori en Arménie

15 décembre 2025
Dans le paisible village arménien de Dsegh, niché dans les montagnes verdoyantes du Lori, vit Armine, une infirmière, une confidente et une amie pour tous. Depuis plus de 35 ans, elle est une présence constante vers laquelle les membres de sa communauté se tournent, que l’on soit malade ou en bonne santé.

Armine est née et a grandi à Dsegh, et elle n’a jamais quitté cet endroit qui a fait d’elle ce qu’elle est. Chaque matin, alors que les premiers rayons du soleil effleurent les montagnes, elle commence sa journée avec le même objectif que celui qu’elle poursuit depuis des décennies : protéger et soigner la santé des membres de sa communauté. « La santé n’est pas tout, mais sans la santé, il n’y a rien du tout », dit-elle avec un doux sourire, en rappelant que, petite fille, elle rêvait de porter une blouse blanche et de tenir la main d’un patient. 

Ses journées sont remplies de consultations planifiées, de visites à domicile et de conversations amicales. Parfois, le premier appel de la journée n’a absolument rien de médical. C’est un voisin qui a besoin de parler, de partager une inquiétude ou de célébrer un petit bonheur. Armine est toujours à l’écoute. Pour elle, être infirmière est plus qu’un job. Il s’agit d’incarner ce lien de confiance entre les personnes et le système de santé. 

Une première ligne de défense

Il y a aussi des souvenirs douloureux, des moments où, malgré tous les efforts consentis, une vie n’a pu être sauvée. Mais il y a aussi des moments de triomphe, comme celui d’un patient qui reprend conscience ou d’un nouveau-né qui pousse son premier souffle après une lutte intense. Ces moments, dit-elle, sont au cœur de son travail. 

Armine dessert 7 villages où vivent environ 770 personnes, réparties sur 3 générations. Elle les connaît tous par leur nom, et elle connaît leur histoire et leur vie. Chaque visite à domicile ne consiste pas seulement à dispenser des soins médicaux, mais aussi à faire preuve de compassion et d’empathie. « L’amour de mes patients et mon optimisme me donnent de la force », déclare-t-elle. 

Quand Armine est fatiguée, elle se réfugie dans son jardin fleuri, où elle retrouve la paix avant de retourner soigner les autres. Elle croit profondément au pouvoir des soins de santé primaires, la première ligne de défense de chaque communauté. Selon elle, administrer les vaccins au bon moment, assurer des soins préventifs et intervenir sans délai peut souvent déterminer une issue de vie ou de mort. Le dévouement d’Armine à sa profession permet à sa communauté de rester forte, en bonne santé, et pleine d’espoir.

Des soins de qualité et abordables pour tous

Armine et les infirmiers et infirmières comme elle sont le premier maillon essentiel entre les populations et les systèmes de santé, ainsi que la colonne vertébrale de la couverture sanitaire universelle, en garantissant l’accès, en promouvant la prévention, en réduisant les inégalités, en donnant aux communautés les moyens d’agir et en renforçant les soins de santé primaires.

Pour affermir ce premier lien, le ministère arménien de la Santé et l’OMS collaborent, aux côtés de l’Union européenne (UE), à la mise en place d’une base plus solide pour les soins de santé primaires, pierre angulaire de la couverture sanitaire universelle et d’une Arménie en meilleure santé. 

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet financé par l’UE « Résilience sanitaire dans le Partenariat oriental », une collaboration pluriannuelle avec la Direction générale de l’élargissement et du voisinage oriental de la Commission européenne visant à promouvoir la résilience des systèmes de santé dans les 5 pays du Partenariat oriental, dont l’Arménie. 

Le programme pose les bases d’une offre de soins de qualité et abordables pour tous, partout en Arménie, en révisant les réglementations des personnels de santé et les procédures de délivrance de leur autorisation d’exercer, en formant les décideurs politiques au leadership, en analysant le marché du travail de la santé, en procédant à la prévision et à la planification des effectifs, ainsi qu’en examinant les politiques de migration et de rétention du personnel de santé.