OMS / Dinora Alieva
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De meilleurs laboratoires : améliorer la santé maternelle en rehaussant les normes des tests de laboratoire en Ouzbékistan

23 février 2026

Lorsqu’une femme accouche, le temps constitue un facteur déterminant. L’obtention rapide de résultats de laboratoire précis s’avère essentielle pour la santé maternelle. Par exemple, la détermination exacte du taux d’hémoglobine après l’accouchement permet aux cliniciens d’évaluer l’ampleur de la perte de sang et d’agir sans attendre. L’application de procédures normalisées et l’obtention de résultats vérifiés contribuent à garantir que ces décisions sont fondées sur des données fiables.

Muhabbat Azimova, technicienne de laboratoire principale au Centre périnatal républicain de Tachkent, en sait quelque chose. Depuis 18 ans, elle travaille dans l’ombre pour garantir la précision, la fiabilité et la rapidité des résultats des tests essentiels.

« Si les résultats des tests sanguins sont retardés ou erronés, les conséquences pour la mère peuvent être mortelles », explique Muhabbat. « C’est pourquoi la qualité au laboratoire est essentielle. »

Apprendre de l’expérience : un échange de connaissances transfrontalier

Muhabbat Azimova a fait partie d’un groupe de professionnels de laboratoire ouzbeks ayant participé à une initiative d’apprentissage collaboratif facilitée par l’OMS au Laboratoire national de référence pour la tuberculose de la République kirghize. Cet échange de connaissances s’est déroulé dans le cadre du Programme conjoint « Chaque mère et chaque enfant survivent et prospèrent : réduire les décès maternels et néonatals évitables dans 227 centres périnatals d’Ouzbékistan ». L’initiative se concentre sur les meilleures pratiques en matière de systèmes de gestion de la qualité des laboratoires conformes aux normes internationales.

« L’organisation du laboratoire, les systèmes de stockage, la façon dont on vérifiait tous les résultats avant de les communiquer aux cliniciens, tout cela m’a fortement impressionnée », se souvient Muhabbat. « Cela m’a fait comprendre que lorsque l’on garantit la qualité et que l’on dispose de règles et de procédures standard, cela a un impact direct sur l’amélioration et la précision des résultats et, par conséquent, sur la survie des patients. »

Un groupe de personnes debout ensemble à l’extérieur dans la neige.

Mettre les enseignements en pratique

De retour en Ouzbékistan, Muhabbat et son équipe ont commencé à mettre les enseignements en pratique. Avec l’appui technique de l’OMS, le laboratoire de diagnostic clinique du Centre périnatal républicain a instauré un système de gestion de la qualité. Ce système prévoit des mesures de biosécurité, l’amélioration de la documentation, l’organisation d’une gestion appropriée des réactifs et la communication en temps voulu des résultats aux médecins.

« Nous avons commencé à documenter chaque test, chaque changement d’équipe. Nous avons réorganisé la disposition du laboratoire. Et nous nous sommes assurés que nos nouveaux collègues comprenaient l’importance de ce travail », explique Muhabbat.

Investir dans les personnes, bâtir l’avenir

Muhabbat encadre désormais ses jeunes collègues et plaide en faveur de la formation continue et de l’échange de connaissances. Elle insiste sur l’importance de renforcer le rôle du personnel intermédiaire, notamment les infirmiers, les techniciens de laboratoire et les responsables de la qualité qui sont souvent en première ligne des soins aux patients.

« Bien sûr, disposer d’un bon matériel est important, mais ce n’est pas suffisant ; le matériel seul ne résout pas les problèmes. Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de procédures opérationnelles normalisées, de systèmes de gestion du matériel et d’un personnel qui sache l’utiliser correctement », précise-t-elle.

Deux femmes posent ensemble, l’une avec des fleurs et l’autre montrant une médaille dans un écrin de présentation.

À propos du projet

L’OMS s’emploie au renforcement de la qualité des analyses en laboratoire et à l’empouvoirement des spécialistes des hôpitaux centraux et régionaux d’Ouzbékistan. L’une des principales initiatives à l’appui de ce travail est le Programme conjoint « Chaque mère et chaque enfant survivent et prospèrent : réduire les décès maternels et néonatals évitables dans 227 centres périnatals d’Ouzbékistan », financé par le Fonds Ishonch (Uzbekistan Vision 2030 Fund) et mis en œuvre par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’OMS.

Ainsi l’OMS a-t-elle pu aider le ministère de la Santé à consolider les systèmes de laboratoire à l’échelle nationale en renforçant la gestion de la qualité, la biosécurité et la biosûreté, ainsi que les capacités. Rien que dans le cadre du projet du Fonds Ishonch, l’OMS a aidé à former plus de 80 professionnels de laboratoire à travers l’Ouzbékistan sur la façon d’améliorer l’exactitude et la fiabilité des résultats des tests médicaux.

Outre le renforcement des systèmes de laboratoire par le biais du projet du Fonds Ishonch, l’OMS a également aidé le ministère de la Santé à examiner et à actualiser 43 protocoles cliniques nationaux conformément aux recommandations de l’OMS. Il s’agit notamment de 29 protocoles en obstétrique et en gynécologie, dont 2 concernent l’amélioration de l’utilisation des antimicrobiens dans la pratique clinique, et de 14 protocoles en soins néonatals.

Les protocoles actualisés et approuvés font l’objet d’une introduction progressive par le biais d’activités de formation et de développement des capacités afin de renforcer la prestation de services et la pratique clinique. Plus de 200 formateurs ont été formés aux technologies de soins périnatals efficaces et diffuseront ces connaissances dans tout le pays.

Ces efforts conjoints rapprochent l’Ouzbékistan d’un avenir où aucune mère ni aucun enfant n’est laissé de côté, où qu’ils vivent.