Centre des médias

Dengue et dengue hémorragique

Aide-mémoire N°117
Mars 2014


Principaux faits

  • La dengue est une infection virale transmise par les moustiques.
  • Cette infection provoque un syndrome de type grippal et peut évoluer à l’occasion vers des complications potentiellement mortelles, appelées dengue sévère.
  • L’incidence mondiale de la dengue a progressé de manière spectaculaire au cours des dernières décennies.
  • Désormais, la moitié de la population mondiale environ est exposée au risque.
  • La dengue sévit dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier, avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines.
  • La dengue sévère est une des grandes causes de maladie grave et de mortalité chez les enfants dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine.
  • Il n’existe pas de traitement spécifique pour la dengue ou la dengue sévère, mais la détection précoce et l’accès à des soins médicaux adaptés permettent de ramener les taux de mortalité en dessous de 1%.
  • La prévention et la maîtrise de la dengue reposent uniquement sur des mesures efficaces de lutte antivectorielle, incluant la protection personnelle, des mesures antivectorielles s’inscrivant dans la durée et la lutte chimique.

La dengue est une infection transmise par les moustiques qui sévit dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier. Ces dernières années, la transmission a surtout progressé dans les zones urbaines et périurbaines et cette maladie est devenu un sujet majeur de préoccupation pour la santé publique.

La dengue sévère (que l’on appelait auparavant dengue hémorragique) a été reconnue pour la première fois dans les années 1950, au cours d’épidémies aux Philippines et en Thaïlande. Aujourd’hui, les pays d’Asie et d’Amérique latine sont les plus touchés et elle est devenue une cause majeure d’hospitalisation et de mortalité pour les enfants dans ces régions.

On distingue quatre sérotypes, étroitement apparentés, du virus responsable de la dengue (DEN-1, DEN-2, DEN-3 et DEN-4). La guérison entraîne une immunité à vie contre le sérotype à l’origine de l’infection. En revanche, l’immunité croisée avec les autres sérotypes après guérison n’est que partielle et temporaire. Des infections ultérieures par d’autres sérotypes accroissent le risque de développer une dengue sévère.

Charge mondiale de la dengue

L’incidence de la dengue a progressé de manière spectaculaire dans le monde entier au cours des dernières décennies. Plus de 2,5 milliards de personnes, soit plus de 40% de la population mondiale, sont désormais exposées au risque. Selon les estimations actuelles de l’OMS, il pourrait y avoir chaque année de 50 à 100 millions de cas dans le monde.

Avant 1970, seuls neuf pays avaient connu des épidémies de dengue sévère. Désormais, la maladie est endémique dans plus de 100 pays en Afrique, dans les Amériques, en Méditerranée orientale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, ces deux dernières régions étant les plus touchées.

Le nombre des cas dans les Amériques, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental a dépassé 1,2 million en 2008 et 2,3 millions en 2010 (sur la base des données officielles transmises par les États Membres à l’OMS). Récemment, le nombre des cas notifiés a continué de progresser. En 2013, la région des Amériques a signalé à elle seule 2,35 millions de cas, dont 37 687 cas de dengue sévère.

Non seulement le nombre de cas augmente à mesure que la maladie se propage à de nouvelles zones mais l’on assiste également à des flambées explosives. La menace d’une flambée de dengue existe désormais en Europe et une transmission locale a été rapportée pour la première fois en France et en Croatie en 2010, et des cas importés ont été détectés dans trois autres pays européens. En 2012, une flambée sur l’archipel de Madère (Portugal) a provoqué plus de 2000 cas et des cas importés ont été détectés dans 10 autres pays européens, en dehors du Portugal continental.

En 2013, des cas se sont produits en Floride (États-Unis d’Amérique) et dans la province du Yunnan (Chine). La dengue a continué de sévir dans plusieurs pays d’Amérique latine, notamment au Honduras, au Costa Rica et au Mexique. En Asie, Singapour a notifié une augmentation du nombre des cas après une absence de cas de plusieurs années et des flambées ont également été signalées au Laos. En 2014, les tendances indiquent une augmentation du nombre de cas dans les îles Cook, en Malaisie, à Fidji et à Vanuatu, le virus du type 3 (DEN 3) touchant les pays insulaires du Pacifique après un absence de dix ans.

On estime que, chaque année, 500 000 personnes atteintes de dengue sévère, dont une très forte proportion d’enfants, nécessitent une hospitalisation. Environ 2,5% d’entre eux en meurent.

Transmission

Femelles de moustique Aedes aegypti en train d'absorber du sang humain
OMS/TDR/Stammers

Le moustique Aedes aegypti est le principal vecteur de la dengue. Le virus se transmet à l’homme par la piqûre des femelles infectées. Après une incubation de 4 à 10 jours, un moustique infecté peut transmettre le virus tout le reste de sa vie.

L’être humain infecté est le principal porteur du virus; il permet sa prolifération et sert de source de contamination pour les moustiques qui ne sont pas encore infectés. Les sujets infectés par le virus de la dengue peuvent transmettre l’infection (pendant 4 à 5 jours et au maximum 12 jours) par l’intermédiaire des moustiques du genre Aedes après l’apparition des premiers symptômes.

Aedes aegypti vit en milieu urbain et se reproduit principalement dans des conteneurs produits par l’homme. Contrairement à d’autres moustiques, il se nourrit le jour, avec un pic d’activité tôt le matin et le soir avant le crépuscule. Pendant chaque période où elle se nourrit, la femelle pique de multiples personnes.

Aedes albopictus, vecteur secondaire de la dengue en Asie, s’est propagé en Amérique du Nord et en Europe, en grande partie à cause du commerce international de pneus usagés (un gîte larvaire) et du mouvement des marchandises (par exemple la canne chinoise ou lucky bambou). Cette espèce a une très grande faculté d’adaptation et peut donc survivre dans les régions plus tempérées et plus fraîches de l’Europe. Sa propagation est due à sa tolérance aux températures en dessous de 0°, à sa possibilité d’hiberner et à sa capacité de s’abriter dans des micro-habitats.

Caractéristiques

La dengue est une maladie grave de type grippal qui touche les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes mais dont l’issue est rarement fatale.

On suspectera la dengue en présence d’une forte fièvre (40°C), accompagnée de deux des symptômes suivants: céphalées sévères, douleurs rétro-orbitaires, musculaires, articulaires, nausées, vomissements, adénopathie ou éruption cutanée. Les symptômes perdurent en général de 2 à 7 jours et apparaissent à la suite d’une période d’incubation de 4 à 10 jours après la piqûre d’un moustique infecté.

La dengue sévère est une complication potentiellement mortelle due à une fuite plasmatique, une accumulation liquidienne, une détresse respiratoire, des hémorragies profuses ou une insuffisance organique. Les signes d’alerte surviennent de 3 à 7 jours après les premiers symptômes, conjointement à une baisse de la température (en dessous de 38°C). On peut alors observer des douleurs abdominales sévères, des vomissements persistants, une hyperpnée, des saignements des gencives, de la fatigue, une agitation, du sang dans les vomissures. La mort peut survenir dans les 24 à 48 heures suivantes de cette phase critique; un traitement médical adapté est alors nécessaire pour éviter les complications et le risque de décès.

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique de la dengue.

Pour la dengue sévère, une prise en charge par des médecins et infirmiers expérimentés et connaissant les effets et l’évolution de la maladie peut sauver des vies en ramenant le taux de mortalité de plus de 20% à moins de 1%. Il est essentiel de maintenir les volumes liquidiens du patient dans le traitement de la dengue sévère.

Vaccination

Il n’y a pas de vaccin contre la dengue. La mise au point d’un vaccin contre la dengue/la dengue sévère est difficile malgré des progrès récents au stade du développement. L’OMS donne des avis techniques et des orientations aux pays et aux partenaires privés pour soutenir la recherche d’un vaccin et l’évaluation. Plusieurs vaccins candidats en sont à divers stades des essais.

Prévention et lutte

Un agent de santé cubain recherche ddans des pneus des gites larvaires de moustiques vecteurs
OMS/TDR/Crump

Actuellement, la seule méthode pour prévenir ou combattre la transmission du virus consiste à lutter contre les vecteurs par les moyens suivants:

  • éviter que les moustiques n’aient accès aux gîtes larvaires par une gestion et une modification de l’environnement;
  • éliminer correctement les déchets solides et enlever les habitats créés par l’homme;
  • couvrir, vider et nettoyer toutes les semaines les conteneurs pour la conservation de l’eau domestique;
  • épandre des insecticides adaptés sur les conteneurs pour la conservation de l’eau à l’extérieur;
  • prendre des mesures de protection des personnes et du foyer par la pose de moustiquaires aux fenêtres, le port de vêtements à manches longues, l’utilisation de matériels imprégnés d’insecticide, de spirales et de pulvérisateurs;
  • améliorer la participation et la mobilisation des communautés pour une lutte antivectorielle durable;
  • en cas d’urgence épidémique, les mesures de lutte antivectorielle comprennent également l’épandage et les pulvérisations d’insecticides
  • contrôler et surveiller activement les vecteurs pour déterminer l’efficacité des interventions de lutte.

Action de l’OMS

  • L’OMS aide les pays à confirmer les flambées épidémiques par l’intermédiaire de son réseau de laboratoires collaborateurs;
  • elle fournit une assistance technique et des orientations aux pays pour une gestion efficace des flambées épidémiques de dengue;
  • elle aide les pays à améliorer leurs systèmes de notification et à saisir la véritable charge de la maladie;
  • avec certains de ses centres collaborateurs, elle assure des formations sur la prise en charge clinique, le diagnostic et la lutte antivectorielle au niveau régional;
  • elle élabore des stratégies et des politiques fondées sur des bases factuelles;
  • elle élabore de nouveaux outils, dont des produits insecticides et des techniques d’application;
  • elle réunit les notifications officielles de dengue et de dengue sévère en provenance de plus d’une centaine d’États Membres;
  • elle publie régulièrement des lignes directrices et des manuels pour la gestion des cas, la prévention et la lutte à l’intention des États Membres.

Contact:
OMS
Centre des médias
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

Partager