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Pollution de l’air à l’intérieur des habitations et la santé

Aide-mémoire N°292
Mars 2014


Principaux faits

  • Environ 3 milliards de personnes font la cuisine et chauffent leur logement à l’aide de foyers ouverts ou de simples poêles dans lesquels ils brûlent de la biomasse (bois, déjections animales, résidus agricoles) et du charbon.
  • Plus de 4 millions de personnes meurent prématurément de maladies imputables à la pollution de l’air domestique due à la cuisine à base de combustibles solides
  • Plus de la moitié des décès par pneumonie chez l’enfant de moins de cinq ans sont dus à l’inhalation de matières particulaires provenant de la pollution de l’air intérieur.
  • On impute 3,8 millions de décès prématurés par maladies non transmissibles, comprenant des accidents vasculaires cérébraux, des cardiopathies ischémiques, des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et des cancers du poumon, à l’exposition à des polluants de l’air à l’intérieur des habitations.

Pollution de l’air à l’intérieur des habitations et énergies domestiques

Environ 3 milliards de personnes continuent de faire cuire leurs aliments et de chauffer leur logement au moyen de combustibles solides (à savoir le bois, les résidus agricoles, les déjections animales, le charbon et le charbon de bois) dans des foyers ouverts ou des poêles qui fuient. Il s’agit pour la plupart de personnes pauvres, vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Ces combustibles et méthodes de cuisson produisent de forts niveaux de pollution de l’air dans les logements, qui mettent en jeu une multitude de polluants nocifs pour la santé, notamment de fines particules de suie qui pénètrent dans les poumons en profondeur. Dans les habitations insuffisamment ventilées, la teneur en particules fines dans la fumée domestique peut atteindre une concentration 100 fois supérieure aux niveaux acceptables. Les femmes et les jeunes enfants, passant le plus de temps près de l’âtre, sont particulièrement exposés.

Effets sur la santé

Chaque année, 4,3 millions de personnes meurent prématurément de maladies imputables à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations, qui résulte d’une utilisation inefficace de combustibles solides (selon les données de 2012). La répartition de ces décès par cause est la suivante:

  • 34% accidents vasculaires cérébraux;
  • 26% cardiopathies ischémiques;
  • 22% bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO),
  • 12% pneumonie; et
  • 6% cancer du poumon.
Accidents vasculaires cérébraux

Près d’un quart de tous les décès prématurés dus aux accidents vasculaires cérébraux (soit environ 1,4 million, la moitié étant des femmes) peut être attribué à une exposition chronique aux polluants rejetés dans l’air intérieur lors de la cuisson d’aliments à l’aide de combustibles solides.

Cardiopathies ischémiques

On estime qu’environ 15% de l’ensemble des décès dus à des cardiopathies ischémiques, soit plus d’un million de décès prématurés par an, résultent de l’exposition à de l’air pollué à l’intérieur des habitations.

Bronchopneumopathies chroniques obstructives

Plus d’un tiers des décès prématurés par bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) chez l’adulte découle, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, d’une exposition à la pollution de l’air intérieur. Les femmes exposées à de fortes concentrations de fumée domestique ont 2,3 fois plus de chances de souffrir de BPCO que celles qui utilisent des combustibles plus propres. L’exposition à la fumée domestique double presque ce risque (facteur 1,9) chez les hommes, déjà soumis à un risque accru de BPCO du fait de leur taux de tabagisme plus élevé.

Pneumonie

L’exposition à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations multiplie presque par deux le risque de pneumonie chez l’enfant. Plus de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans survenant à la suite d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures est due à l’inhalation de matières particulaires provenant de combustibles domestiques solides (OMS, 2014).

Cancer du poumon

Environ 17% des décès prématurés causés par un cancer du poumon résultent, chez l’adulte, de l’exposition à des carcinogènes présents dans l’air domestique du fait de sa pollution par la cuisson d’aliments au moyen de combustibles solides comme le bois, le charbon et le charbon de bois. Les femmes courent un risque accru du fait de leur rôle dans la préparation des aliments.

Autres effets sur la santé

De façon plus générale, les matières particulaires fines et autres polluants présents dans les fumées domestiques provoquent l’inflammation des voies respiratoires et des poumons, ce qui détériore la réponse immunitaire et réduit le pouvoir oxyphorique du sang.

Certaines données prouvent les liens entre la pollution de l’air à l’intérieur des logements et le faible poids de naissance, la tuberculose, la cataracte et les cancers nasopharyngé et laryngé.

Effets sur l’équité en santé, le développement et le changement climatique

À défaut d’une réorientation significative des politiques, le nombre total de personnes utilisant des combustibles solides restera globalement inchangé d’ici 2030 (Banque mondiale, 2010). L’emploi de combustibles polluants impose également un lourd tribut au développement durable:

  • L’approvisionnement en combustible occupe beaucoup de temps pour les femmes et les enfants, ce qui limite d’autant leur participation à d’autres activités productives (notamment rémunératrices) ainsi que la scolarisation des enfants. Dans les environnements les moins sûrs, l’approvisionnement s’accompagne de risques de traumatismes et de violence.
  • Le noir de carbone (particules de suie) et le méthane émis par les foyers de cuisson inefficaces sont de puissants polluants qui favorisent les changements climatiques.
  • Le manque d’accès à l’électricité dont souffrent au moins 1,2 milliard de personnes (qui conduit un grand nombre d’entre elles à utiliser des lampes au kérosène pour s’éclairer) engendre d’autres risques sanitaires, notamment de brûlures, de traumatismes ou d’empoisonnement par ingestion de combustible, et constitue un frein à d’autres possibilités en matière de santé et de développement, notamment l’étude ou l’artisanat, qui nécessitent un éclairage suffisant.

L’action de l’OMS

L’OMS mène des efforts visant à évaluer quelles nouvelles technologies de cuisson domestique et quels combustibles produisent le moins d’émissions et, partant, sont les plus adaptés en termes de santé. L’Organisation fournit en outre un soutien technique pour permettre aux pays d’évaluer et de transposer à plus grande échelle des méthodes de cuisson et de chauffage favorables à la santé.

L’OMS mène d’autres activités, notamment:

Nouvelles lignes directrices concernant l’utilisation de combustibles et la qualité de l'air à l’intérieur des habitations

Pour favoriser la qualité de l’air à l’intérieur et alentours des foyers, les nouvelles lignes directrices de l’OMS concernant l’utilisation de combustibles et la qualité de l’air à l’intérieur des habitations présentent des recommandations sanitaires concernant l’efficacité des combustibles et des installations de cuisson ou de chauffage, ainsi que des stratégies visant à généraliser des technologies énergétiques propres à protéger la santé dans les foyers. Elles se fondent sur des lignes directrices concernant la qualité de l’air et sur un guide récent sur les niveaux des polluants intérieurs spécifiques qui ont déjà été publiés par l’OMS.

Base de données sur les énergies domestiques

La base de données de l’OMS sur les énergies domestiques permet de suivre les progrès réalisés dans le monde autour de la transition vers des combustibles plus propres et des foyers améliorés, et contribue à évaluer la charge de morbidité imputable aux énergies domestiques ainsi que la situation des pays en développement en termes d’accès à l’énergie.

Recherche et évaluation des programmes

L’OMS collabore avec les pays, les chercheurs et d’autres partenaires en vue d’harmoniser les méthodes d’évaluation entre les différents milieux, et ainsi de jauger les effets sur la santé avec cohérence et rigueur, et d’y incorporer l’évaluation économique des bénéfices pour la santé.

Rôle directeur et plaidoyer dans le milieu de la santé

Secteur de la santé

L’OMS s’emploie à intégrer les lignes directrices et ressources en faveur d’énergies domestiques propres dans les initiatives mondiales de promotion de la santé de l’enfant et dans les outils d’aide à la décision, tels que le Plan d’action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée, de même que dans d’autres volets des orientations politiques de l’OMS en matière de santé.

L’OMS se fait la voix des arguments sanitaires probants en faveur d’une énergie domestique moins polluante dans le cadre de plusieurs forums mondiaux portant sur la santé de la mère et de l’enfant en lien avec la pneumonie, ou encore sur les maladies non transmissibles chez l’adulte. De tels efforts peuvent contribuer à sensibiliser à l’importance de fournir des énergies domestiques propres et d’étendre leur utilisation, en tant que mesure essentielle de santé publique préventive.

Santé et changement climatique

L’OMS est partenaire de la Coalition pour le climat et l’air pur visant à réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat (CCAC). En tant que membre du groupe spécial du CCAC, l’OMS apporte un soutien technique en vue de récolter les bienfaits sanitaires d’actions visant à réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat, et s’emploie à intensifier l’engagement du secteur de la santé en faveur de la lutte contre de tels polluants et de l’amélioration de la qualité de l’air.

Santé, énergie et développement durable

L’OMS a proposé d’utiliser la baisse de la charge de morbidité liée à la pollution de l’air (intérieur et extérieur) en tant qu’indicateur d’un objectif de développement durable pour l’après-2015 en matière d’énergie.

L’OMS a également apporté son concours à l’élaboration du cadre de suivi permettant de mesurer les progrès accomplis en direction de l’objectif d’un accès universel à l’énergie moderne, porté par l’Initiative Énergie durable pour tous du Secrétaire général des Nations Unies.

L’OMS est aussi partenaire de la Global Alliance for Clean Cookstoves (Alliance mondiale pour les foyers améliorés), conduite par la Fondation pour les Nations Unies, aux côtés d’une multitude d’organes des Nations Unies, de donateurs, d’ONG, d’organisations de la société civile et de partenaires nationaux. L’Alliance fait la promotion de foyers de cuisson à combustion de biomasse améliorés, susceptibles de réduire la pollution de l’air intérieur de manière significative.

Soutien aux objectifs du Millénaire pour le développement

  • En agissant sur la pollution de l’air, on participe à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier des OMD 4 (Réduire la mortalité de l’enfant) et 5 (Améliorer la santé maternelle).
  • Cela permet également d’agir sur l’égalité entre les sexes (OMD 3) et de libérer du temps pour les femmes, que celles-ci pourront souhaiter consacrer à des activités rémunératrices qui contribuent à éliminer l’extrême pauvreté et la faim (OMD 1).
  • Enfin, l’utilisation d’énergie propre dans les habitations favorise la viabilité environnementale (OMD 7). Chaque année, l’OMS communique des données concernant la proportion de la population utilisant des combustibles solides pour cuire les aliments, en tant qu’indicateur essentiel permettant d’évaluer les progrès réalisés en termes de santé et de développement.
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