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Cancer

Aide-mémoire N°297
Novembre 2014


Principaux faits

  • Les cancers figurent parmi les principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde; en 2012, on comptait approximativement 14 millions de nouveaux cas et 8,2 millions de décès liés à la maladie.1
  • Le nombre de nouveaux cas devrait augmenter de 70% environ au cours des deux prochaines décennies.
  • Chez les hommes, les 5 types de cancer les plus couramment diagnostiqués en 2012 étaient le cancer du poumon, de la prostate, du côlon et du rectum, de l’estomac et du foie.
  • Chez les femmes, les 5 types de cancer les plus couramment diagnostiqués en 2012 étaient le cancer du sein, du côlon et du rectum, du col de l’utérus et de l’estomac.
  • Environ 30% des décès par cancer sont dus aux cinq principaux facteurs de risque comportementaux et alimentaires: un indice élevé de masse corporelle, une faible consommation de fruits et légumes, le manque d’exercice physique, le tabagisme et la consommation d’alcool.
  • Le tabagisme est le facteur de risque le plus important, entraînant dans le monde plus de 22% de la mortalité par cancer et près de 71% des décès par cancer du poumon.
  • Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, on impute jusqu’à 20% des décès par cancer à des infections virales, notamment par le virus de l'hépatite B, C ou le papillomavirus humain (HPV).2
  • Plus de 60% des nouveaux de cancer surviennent en Afrique, Asie, Amérique centrale et Amérique latine. Ces régions représentent 70% des décès par cancer dans le monde.
  • On estime que le nombre de cas de cancer par an devrait augmenter de 14 millions en 2012 à 22 millions au cours des deux prochaines décennies.1

Le terme général de «cancer» s’applique à un grand groupe de maladies pouvant toucher n’importe quelle partie de l’organisme. On parle aussi de tumeurs malignes ou de néoplasmes. L’un des traits caractéristiques du cancer est la prolifération rapide de cellules anormales qui, au-delà de leur délimitation habituelle, peuvent envahir des parties adjacentes de l’organisme, puis essaimer dans d’autres organes. On parle alors de métastases, celles-ci étant la principale cause de décès par cancer.

Le problème

Le cancer est une cause majeure de décès dans le monde à l’origine de 8,2 millions de décès en 2012.1 Les principaux types de cancer sont les suivants:

  • cancer du poumon (1,59 million de décès)
  • cancer du foie (745 000 décès)
  • cancer de l’estomac (723 000 décès)
  • cancer colorectal (694 000 décès)
  • cancer du sein (521 000 décès)
  • cancer de l'œsophage (400 000 décès).

Quelle est la cause du cancer?

Le cancer apparaît à partir d’une seule cellule. La transformation d’une cellule normale en cellule tumorale est un processus passant par plusieurs étapes. Il y a classiquement une évolution vers une lésion précancéreuse puis vers une tumeur maligne. Ces modifications proviennent des interactions entre les facteurs génétiques propres au sujet et des agents extérieurs pouvant être classés en trois catégories:

  • les cancérogènes physiques, comme le rayonnement ultraviolet et les radiations ionisantes;
  • les cancérogènes chimiques, comme l’amiante, les composants de la fumée du tabac, l’aflatoxine (contaminant des denrées alimentaires) ou l’arsenic (polluant de l’eau de boisson);
  • les cancérogènes biologiques, comme des infections dues à certains virus, bactéries ou parasites.

Par le biais de son institution spécialisée, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’OMS tient à jour une classification des agents cancérogènes.

Le vieillissement est un autre facteur fondamental dans l’apparition du cancer. On observe en effet une augmentation spectaculaire de l’incidence avec l’âge, très vraisemblablement due à l’accumulation des risques de cancers spécifiques tout au long de la vie, conjuguée au fait que les mécanismes de réparation tendent généralement à perdre de leur efficacité avec l’âge.

Facteurs de risque du cancer

Le tabagisme, la consommation d’alcool, une mauvaise alimentation et la sédentarité sont les principaux facteurs de risque dans le monde. Certaines infections chroniques sont des facteurs de risque pour le cancer et ont une grande importance dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Le virus de l’hépatite B (HBV), le virus de l’hépatite C (HCV) et certains types de papillomavirus humain (HPV) augmentent respectivement le risque de développer un cancer du foie ou du col de l’utérus. L’infection à VIH accroît fortement le risque de développer un cancer comme celui du col de l’utérus.

Comment réduire la charge du cancer?

On a des connaissances étendues sur les causes du cancer, les interventions pour sa prévention et la prise en charge de la maladie. On peut réduire et endiguer le cancer en appliquant des stratégies fondées sur des bases factuelles pour la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des patients. Avec une détection précoce et un traitement adéquat, les chances de guérison sont grandes pour de nombreux cancers.

Modifier et éviter les facteurs de risque

On pourrait éviter plus de 30% de la mortalité dûe au cancer en modifiant ou en évitant les principaux facteurs de risque, à savoir:

  • le tabagisme;
  • la surcharge pondérale ou l’obésité;
  • la consommation insuffisante de fruits et légumes;
  • le manque d’exercice physique (sédentarité);
  • la consommation d’alcool;
  • l’infection à HPV sexuellement transmissible;
  • l’infection à virus HBV;
  • les rayonnements ionisants et non ionisants;
  • la pollution de l’air des villes;
  • les fumées à l’intérieur des habitations dues à l’utilisation de combustibles solides par les ménages.

À lui seul, le tabagisme est le facteur de risque cancéreux le plus important, entraînant dans le monde plus de 20% de la mortalité par cancer et près de 71% des décès par cancer du poumon. Dans de nombreux pays à revenu faible, jusqu’à 20% des décès par cancer sont dus aux infections à HBV et à HPV.

Stratégies de prévention

  • éviter les facteurs de risque énumérés ci-dessus;
  • vacciner contre le virus du papillome humain (HPV) et contre le virus de l’hépatite B (HBV).;
  • lutter contre les risques professionnels;
  • réduire l’exposition aux rayonnements non ionisants provenant des UV;
  • réduire l’exposition aux rayonnements ionisants (imagerie diagnostique professionnelle ou médicale).

Dépistage précoce

La détection et le traitement précoces des cas permettent de réduire la mortalité due au cancer. Un dépistage précoce comporte deux volets:

Diagnostic précoce

La prise de conscience des premiers signes et symptômes (pour des cancers comme celui de la peau, du col de l’utérus, du sein, du côlon et du rectum ou de la cavité buccale) afin de les diagnostiquer et de les traiter à un stade précoce. Le diagnostic précoce est particulièrement pertinent lorsqu’il n’y a pas de méthode efficace de dépistage ni – comme dans bon nombre de pays à revenu faible – d’intervention thérapeutique à conduire. En l’absence de détection ou de dépistage précoce, les patients sont diagnostiqués très tardivement au moment où le traitement curatif n’est plus envisageable.

Dépistage

Il se définit par l’utilisation systématique d’un test dans une population asymptomatique ciblée. Il vise à repérer les personnes présentant des anomalies évocatrices d’un cancer particulier ou d’un stade précancéreux et à les adresser rapidement à la structure appropriée pour le diagnostic et le traitement. Les programmes de dépistage sont particulièrement efficaces pour les cancers fréquents, pour lesquels on dispose d’un test économique, d’un coût abordable, acceptable et accessible pour la majorité de la population exposée.

Exemples de méthodes de dépistage:

  • l’inspection visuelle après application d’acide acétique (IVA) pour le cancer du col dans les milieux défavorisés;
  • test de dépistage du VPH pour le cancer du col de l’utérus;
  • le test de Papanicolaou pour le dépistage du cancer du col dans les milieux à revenu élevé ou intermédiaire;
  • la mammographie pour le dépistage du cancer du sein dans les milieux à revenu élevé ou intermédiaire.

Traitement

L’exactitude du diagnostic est essentielle pour administrer un traitement adapté et efficace car chaque type de cancer nécessite un protocole spécifique comprenant une ou plusieurs modalités comme la chirurgie et/ou la radiothérapie, et/ou la chimiothérapie. L’objectif primordial est de guérir la maladie ou de prolonger la durée de vie. Améliorer la qualité de vie des patients est aussi un objectif de premier plan. Les soins de soutien ou les soins palliatifs et le soutien psychologique peuvent y contribuer.

Potential de guérison parmi les cancers se prêtant à une détection précoce

Certains des types de cancer les plus répandus tels que le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la cavité buccale et le cancer colorectal présentent des taux de guérison plus élevés s’ils sont décelés et traités précocement conformément aux meilleures pratiques.

Potentiel de guérison pour certains autres cancers

Certains types de cancer, bien que disséminés, tels que les leucémies et les lymphomes chez l’enfant, ou le séminome du testicule, présentent des taux de guérison élevés s’ils sont traités correctement.

Soins palliatifs

Les soins palliatifs consistent à soulager plutôt qu’à guérir les symptômes provoqués par le cancer. Les soins palliatifs peuvent aider les gens à vivre plus confortablement; il s’agit d’un besoin humanitaire urgent partout dans le monde pour les personnes atteintes de cancer ou d’autres maladies chroniques mortelles. Ils sont particulièrement nécessaires là où il existe une forte proportion de malades à un stade avancé pour lesquels les chances de guérison sont très minces.

Les soins palliatifs permettent d’atténuer les problèmes physiques, psychosociaux et spirituels chez plus de 90% des malades du cancer à un stade avancé.

Stratégies de soins palliatifs

Des stratégies efficaces de santé publique, comportant des soins dans la communauté ou à domicile, sont indispensables pour soulager la douleur, dispenser des soins palliatifs aux malades et aider leur famille dans les milieux défavorisés.

Il est indispensable d’améliorer l’accès à la morphine par voie orale pour traiter la douleur cancéreuse modérée à sévère, dont souffrent plus de 80% des malades en phase terminale.

L’action de l’OMS

En 2013, l’OMS a lancé son Plan d’action mondial pour la prévention et la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 qui vise à réduire de 25% la mortalité prématurée due au cancer, aux maladies cardio-vasculaires, diabète et aux maladies respiratoires chroniques. Certaines des cibles volontaires sont plus pertinentes pour la prévention du cancer comme celle relative à la réduction de 30% de la consommation de tabac au cours de la période comprise entre 2014 et 2025.

L’OMS et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) collaborent avec d’autres organisations des Nations Unies au sein de l’Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles et avec d’autres partenaires pour:

  • renforcer l’engagement politique en faveur de la prévention et de la lutte anticancéreuses;
  • coordonner et mener les recherches sur les causes de cancer chez l’homme, ainsi que sur les mécanismes de la carcinogénèse;
  • élaborer des stratégies de prévention et de lutte anticancéreuses;
  • suivre la charge du cancer (dans le cadre des travaux de l’Initiative mondiale pour le développement des registres du cancer);
  • produire de nouvelles connaissances et diffuser celles qui existent déjà pour faciliter la mise en œuvre de méthodes de lutte anticancéreuse fondées sur des bases factuelles;
  • élaborer des normes et des outils pour guider la planification et la mise en œuvre d’interventions pour la prévention, la détection précoce, le traitement et les soins;
  • faciliter la création de vastes réseaux de partenaires et d’experts de la lutte anticancéreuse aux niveaux mondial, régional et national;
  • renforcer les systèmes de santé aux niveaux national et local pour soigner et guérir les malades;
  • fournir une assistance technique pour le transfert rapide et efficace des interventions fondées sur les meilleures pratiques dans les pays en développement.

Références

1 World Cancer Report 2014, IARC

2de Martel C, Ferlay J, Franceschi S, et al. Global burden of cancers attributable to infections in 2008: a review and synthetic analysis. The Lancet Oncology 2012;13: 607-615.

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