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Adolescents: risques sanitaires et solutions

Aide-mémoire N°345
Mai 2014


Principaux faits

  • On estime à 1,3 million le nombre d’adolescents décédés en 2012; le plus souvent, les décès auraient pu être évités ou traités.
  • Les accidents de la route ont été la première cause de mortalité des adolescents en 2012 et ont fait environ 330 victimes par jour.
  • Le VIH, le suicide, les infections des voies respiratoires inférieures et la violence interpersonnelle constituent les autres causes principales de mortalité des adolescents.
  • Au plan mondial, on a recensé 49 naissances pour 1000 jeunes filles de 15 à 19 ans, d’après les données de 2010.
  • La moitié des troubles de santé mentale à l’âge adulte font leur apparition avant 14 ans, mais la plupart des cas ne sont ni dépistés ni traités.

Environ une personne sur 6 dans le monde est un adolescent: autrement dit, on compte 1,2 milliard de jeunes entre 10 et 19 ans.

La plupart sont en bonne santé, mais on constate encore un nombre important de décès, de maladies et de pathologies chez les adolescents. Les maladies peuvent entraver leur croissance et leur plein épanouissement.

La consommation d’alcool ou de tabac, le manque d’exercice physique, les rapports sexuels non protégés et/ou l’exposition à des violences risquent de compromettre non seulement leur santé présente, mais souvent celle des années à venir.

Il est essentiel de promouvoir des pratiques saines pendant l’adolescence et de prendre des mesures pour mieux protéger les jeunes contre les risques sanitaires afin de prévenir les problèmes de santé à l’âge adulte et d’assurer l’avenir des infrastructures sanitaires et sociales des pays.

Principaux problèmes de santé:

Grossesses et accouchements précoces

Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la deuxième cause de mortalité au monde chez les jeunes filles de 15 à 19 ans.

Onze pour cent du total des naissances dans le monde sont imputables à des jeunes femmes de 15 à 19 ans, dont la grande majorité vit dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Les statistiques mondiales de la santé 2014 établissent à 49 pour 1000 le taux de natalité mondiale pour les adolescentes, étant entendu que, selon les pays, ce taux s’échelonne de 1 à 229 naissances pour 1000 jeunes femmes.

Cela témoigne d’un déclin marqué depuis 1990. Il va de pair avec celui du taux de mortalité maternelle chez les jeunes femmes de 15 à 19 ans.

L’un des objectifs du Millénaire pour le développement, l’OMD 5, vise à instaurer l’accès universel au service de santé génésique, et l’un des indicateurs est la fréquence des grossesses chez les jeunes filles de 15 à 19 ans.

Un meilleur accès à l’information sur la contraception et les services adaptés pourrait faire baisser le nombre de jeunes filles qui sont trop jeunes pour être enceintes et accoucher. Les lois instaurant l’âge nubile à 18 ans minimum peuvent améliorer cette situation pour autant qu’elles soient appliquées.

Les jeunes filles qui sont enceintes doivent avoir accès à des soins prénatals de qualité. Lorsque la législation l’autorise, les adolescentes qui choisissent de mettre un terme à leur grossesse doivent pouvoir avorter dans de bonnes conditions de sécurité.

VIH

Plus de 12 millions d’adolescents vivent avec le VIH. Bien que le nombre global de décès liés au VIH ait diminué de 30% par rapport au niveau record atteint il y a 8 ans, les estimations laissent supposer que les décès liés au VIH chez les adolescents sont en hausse. Cet accroissement, qui s’est surtout manifesté dans la Région africaine de l'OMS, peut fort bien refléter le fait que si davantage d’enfants ayant contracté le VIH survivent à l’adolescence, ils n’obtiennent pas tous les soins et le soutien dont ils ont besoin pour rester en bonne santé et empêcher la transmission.

En Afrique subsaharienne, seuls 10% des jeunes gens et 15% des jeunes femmes de 15 à 24 ans ont conscience de leur état sérologique pour le VIH.

L’OMD 6, pour interrompre la propagation du VIH/sida, est assorti d’indicateurs, dont la prévalence chez les jeunes de 15 à 24 ans et la proportion de ce groupe d’âge ayant une connaissance complète et correcte du VIH/sida.

Les jeunes gens doivent savoir comment se protéger et avoir les moyens de le faire. Cela suppose l’aptitude à se procurer des préservatifs pour éviter la transmission sexuelle du virus, ainsi que du matériel d’injection propre pour ceux qui s’injectent des drogues. Il faut aussi améliorer l’accès aux services de conseil et de dépistage du VIH.

D’autres maladies infectieuses

Grâce à une meilleure vaccination de l’enfant, les décès et lésions invalidantes dus à la rougeole ont fortement reculé – de 90% notamment dans la Région africaine de l'OMS entre 2000 et 2012. Cela dit, la diarrhée, les infections des voies respiratoires inférieures et la méningite figurent parmi les 10 principales causes de décès chez les 10-19 ans.

Santé mentale

La dépression est la principale cause de maladie et d’incapacité chez les adolescents et le suicide est la troisième cause de décès. La violence, la pauvreté, l’humiliation et la dévalorisation risquent de favoriser l’apparition des problèmes de santé mentale.

L’acquisition des aptitudes utiles dans la vie par les enfants et les adolescents et le fait de trouver dans les écoles et les communautés un soutien psychosocial sont à même de favoriser une bonne santé mentale. Les programmes tendant à renforcer les liens entre les adolescents et leur famille ont aussi leur importance. Tout problème qui survient devrait être détecté et pris en charge par des soignants compétents et attentionnés.

Violence

La violence est une cause majeure de décès. On estime que 180%adolescents meurent chaque jour suite à des actes de violence interpersonnelle. Dans la Région des Amériques de l'OMS, un décès d’adolescent sur trois, survenant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, est dû à la violence. Au plan mondial, quelque 30% des jeunes filles de 15 à 19 ans sont soumises à la violence d’un partenaire.

Pour aider à prévenir la violence, il faut favoriser au début de la vie une relation épanouissante entre parents et enfants, permettre l’acquisition des aptitudes utiles, et réduire l’accès à l’alcool et aux armes à feu. En prodiguant des soins efficaces et empathiques aux victimes adolescentes de la violence et un appui continuel, on les aide à guérir des conséquences physiques et psychologiques qu’elle a.

Alcool et drogue

La consommation nocive d’alcool par les adolescents est un sujet de préoccupation majeur dans de nombreux pays. Elle diminue la maîtrise de soi et favorise les comportements à risque, comme les rapports non protégés.

C’est l’une des causes principales de traumatismes (dont ceux dus aux accidents de la route), de violence (notamment liée au partenaire) et de décès prématurés. La consommation nocive d’alcool peut aussi déboucher sur des problèmes de santé qui se manifesteront plus tard au cours de la vie et affecter l’espérance de vie.

Violence

C’est l’une des principales causes de mortalité pour les jeunes, notamment les garçons: on estime qu’environ 430 jeunes de 10 à 24 ans meurent chaque jour d’actes de violence interpersonnelle. Toujours selon les estimations, 20 à 40 fois plus de jeunes ont besoin d’un traitement hospitalier pour des traumatismes dus à la violence.

Pour aider à prévenir la violence, il faut favoriser au début de la vie une relation épanouissante entre parents et enfants, permettre l’acquisition des aptitudes utiles, et réduire l’accès à l’alcool et aux moyens de tuer, comme les armes à feu. En prodiguant des soins efficaces et empathiques aux victimes adolescentes de la violence et un appui continuel, on les aide à guérir des conséquences physiques et psychologiques qu’elle a.

Les stratégies visant à réduire la consommation nocive d’alcool consistent notamment à fixer un âge minimum pour l’achat et la consommation d’alcool et à réglementer le ciblage publicitaire des boissons alcoolisées auprès des jeunes. La consommation de drogues chez les 15 à 19 ans est aussi une source de préoccupation.

Traumatismes

Les traumatismes involontaires sont une grande cause de mortalité et d’incapacité chez les adolescents. En 2012, quelque 120 000 adolescents sont décédés dans un accident de la route. Les jeunes conducteurs ont besoin de conseils en matière de sécurité routière et les lois interdisant la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de drogues doivent être strictement appliquées. Les taux d’alcoolémie dans le sang doivent être inférieurs pour les conducteurs adolescents.

Il est recommandé d’instaurer des permis progressifs, assortis d’une tolérance zéro, pour les conducteurs débutants.

La noyade est aussi une cause importante de décès chez les adolescents – 60 000 adolescents, dont deux tiers de garçons, se sont noyés en 2012.

Malnutrition et obésité

Dans les pays en développement, nombreux sont les garçons et les filles qui arrivent dénutris à l’âge de l’adolescence, ce qui les rend plus vulnérables à la maladie et à une mortalité prématurée. Le nombre d’adolescents qui sont en surpoids ou obèses est en augmentation aussi bien dans les pays à revenu faible qu’à revenu élevé.

Activité physique et nutrition

Les données d’enquête disponibles montrent que moins d’un adolescent sur quatre se conforme aux lignes directrices recommandées pour l’activité physique – 60 minutes quotidiennes d’activité physique modérée à intense. L’anémie ferriprive touche les filles et les garçons et est la troisième cause d’années de vie perdues – décès ou incapacité. La supplémentation en fer et en acide folique aide à promouvoir la santé des adolescents avant qu’ils ne deviennent parents.

Promouvoir une nourriture saine et habituer les adolescents à pratiquer une activité physique sont les fondements d’une bonne santé à l’âge adulte. Réduire la commercialisation de produits alimentaires ayant une teneur élevée en graisses saturées, en acides gras trans, en sucres libres ou en sel et favoriser l’accès à une nourriture saine ainsi qu’à l’activité physique ont une importance pour tout un chacun, mais en particulier pour les enfants et les adolescents.

Consommation de tabac

C’est la plupart du temps à l’adolescence qu’on commence à consommer du tabac. L’interdiction de la vente des produits du tabac aux mineurs et l’augmentation du prix de ces produits moyennant des taxes plus élevées, l’interdiction de la publicité pour le tabac et l’instauration d’un environnement sans tabac sont des mesures cruciales.

Au niveau mondial, au moins un jeune adolescent (13-15 ans) sur 10 au moins consomme du tabac, et ce chiffre est beaucoup plus élevé dans certains endroits. La consommation de cigarettes semble reculer chez les jeunes adolescents de certains pays à revenu élevé.

Droits des adolescents

Les droits des adolescents à survivre, se développer et s’épanouir sont consacrés dans les documents juridiques internationaux. Le Comité des droits de l’enfant (CRC), qui surveille la Convention relative aux droits de l’enfant, a publié en 2013 des lignes directrices sur le droit des enfants et des adolescents à posséder le meilleur état de santé qu’ils sont capables d’atteindre.

En 2003, le CRC a publié des lignes directrices sur les obligations des États à reconnaître les besoins sanitaires et les besoins de développement spécifiques aux adolescents et aux jeunes gens ainsi que les droits s’y rapportant. La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes énonce aussi les droits des femmes et des jeunes filles à la santé et à des soins de santé appropriés.

Action de l’OMS

En mai 2014, l’OMS a publié un rapport de premier plan intitulé «La santé des adolescents dans le monde». Ce rapport analyse les données connues sur la santé des adolescents, y compris les facteurs positifs ou négatifs, souligne les lacunes des politiques et des services et fait la synthèse des orientations et des recommandations de toute l’Organisation.

Le rapport, qui se concentre sur le secteur de la santé, examine les domaines ayant connu des améliorations importantes et recouru à des approches novatrices. Dans l’ensemble, l’OMS s’acquitte de diverses fonctions pour améliorer la santé des jeunes, et notamment:

  • rédiger des lignes directrices reposant sur des données factuelles pour soutenir les services de santé et d’autres secteurs;
  • formuler à l’intention des pouvoirs publics des recommandations sur la santé des adolescents et les services de santé adaptés aux adolescents;
  • sensibiliser l’opinion et les groupes concernés aux problèmes de santé des jeunes gens.
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