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Les naissances prématurées

Aide-mémoire N°363
Novembre 2015


Principaux faits

  • Chaque année, quelque 15 millions de bébés naissent prématurément (avant 37 semaines révolues de gestation). Ce nombre est en augmentation.
  • À l’origine de près d’un million de décès par an en 2013, les complications des naissances prématurées sont la cause principale de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans.
  • Les trois quarts pourraient être évités grâce à des interventions courantes, à la fois efficaces et peu onéreuses, même sans recourir aux soins intensifs.
  • Sur 184 pays, le taux des naissances prématurées varie entre 5% et 18 % des bébés nés.

Vue d’ensemble

On considère comme prématuré un bébé né vivant avant 37 semaines d'aménorrhée. Cette notion recouvre trois sous-catégories:

  • la prématurité extrême (<28 semaines);
  • la grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine);
  • la prématurité moyenne, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine).

Le déclenchement du travail ou l’accouchement par césarienne ne devrait pas être prévu avant 39 semaines achevées sauf indications médicales.

Le problème

On estime à 15 millions le nombre de bébés prématurés chaque année, ce qui représente plus d’un bébé sur 10. Or plus d'un million d’enfants décèdent chaque année en raison de complications liées à la prématurité. Bon nombre de survivants souffrent d’une incapacité à vie, notamment en matière d’apprentissage, et de troubles visuels et auditifs.

À l’échelle mondiale, la prématurité est la première cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. Dans presque tous les pays disposant de données fiables, les taux de naissances prématurées sont en hausse.

Les taux de survie présentent des inégalités frappantes d’un pays à l’autre. Dans les pays à faible revenu, la moitié des bébés nés à 32 semaines (deux mois trop tôt) décèdent en raison d’un manque de soins réalisables et abordables comme le maintien au chaud, l’allaitement et les soins de base pour traiter les infections et les problèmes respiratoires. Dans les pays à revenu élevé, la quasi-totalité de ces bébés survivent.

La solution

Plus des trois quarts des bébés prématurés peuvent être sauvés si on leur prodigue des soins efficaces et peu dispendieux – par exemple des injections de stéroïdes anténatales (pour les mères qui ont des contractions prématurées dans le but de renforcer le développement pulmonaire du fœtus), la «méthode kangourou» (lorsque l’enfant bénéficie d’un contact peau à peau sur la poitrine de sa mère qui l’allaite fréquemment) et des antibiotiques pour combattre les infections du nouveau-né.

Pour aider à réduire les taux de naissances prématurées, il faut améliorer les soins dispensés aux femmes avant, entre et pendant les grossesses. Un meilleur accès aux contraceptifs et une plus grande autonomie pourraient également aider à réduire le nombre des naissances prématurées.

Comment s’explique la prématurité?

La prématurité tient à diverses raisons. La plupart des naissances prématurées se produisent spontanément, mais certaines résultent d’un déclenchement précoce des contractions ou d’un accouchement par césarienne, que ce soit pour des raisons médicales ou non.

Parmi les causes courantes de naissances prématurées figurent les grossesses multiples, les infections et maladies chroniques, comme le diabète et l’hypertension; il arrive fréquemment, toutefois, que la cause ne soit pas identifiée. Il y aurait aussi une influence génétique. Une meilleure compréhension des causes et des mécanismes permettra de faire progresser l’élaboration de solutions de prévention.

Où et quand la naissance prématurée se produit-elle?

Plus de 60% des naissances prématurées surviennent en Afrique et en Asie du Sud, mais il s’agit vraiment d’un problème planétaire. Dans les pays les plus pauvres, on compte en moyenne 12% de bébés nés prématurément contre 9% dans les pays à revenu plus élevé. Au sein même des pays, les familles les plus modestes présentent un risque accru.

Les 10 pays qui possèdent les taux les plus élevés de naissances prématurées sont les suivants1:

  • Inde: 3 519 100
  • Chine: 1 172 300
  • Nigeria: 773 600
  • Pakistan: 748 100
  • Indonésie: 675 700
  • États-Unis d’Amérique: 517 400
  • Bangladesh: 424 100
  • Philippines: 348 900
  • République démocratique du Congo: 341 400
  • Brésil: 279 300

Les 10 pays qui détiennent les taux de naissances prématurées les plus faibles pour 100 naissances vivantes sont les suivants1:

  • Malawi: 18,1 pour 100
  • Comores: 16,7
  • Congo: 16,7
  • Zimbabwe: 16,6
  • Guinée équatoriale: 16,5
  • Mozambique: 16,4
  • Gabon: 16,3
  • Pakistan: 15,8
  • Indonésie: 15,5
  • Mauritanie: 15,4

Sur les 65 pays présentant des données fiables en matière de tendance, tous à l’exception de 3 font état d’une augmentation du taux de naissances prématurées au cours des 20 dernières années.

Cela peut notamment s’expliquer par une meilleure évaluation, un accroissement de l’âge maternel et des problèmes de santé maternelle sous-jacents comme le diabète et l’hypertension, l’utilisation accrue de traitements contre l’infertilité qui se traduit par des taux plus élevés de grossesses multiples, et des changements de pratiques obstétricales comme l’augmentation du nombre de césariennes avant terme.

Il y a un écart de survie spectaculaire des bébés prématurés selon leur lieu de naissance. Par exemple, plus de 90% des bébés extrêmement prématurés (<28 semaines) nés dans un pays à revenu faible décèdent au cours des premiers jours de leur vie; en revanche, moins de 10% des bébés ayant le même nombre de semaines de gestation meurent dans les pays à revenu élevé.

Action de l’OMS

En mai 2012, l’OMS et ses partenaires ont publié un rapport intitulé Arrivés trop tôt: rapport des efforts mondiaux portant sur les naissances prématurées, présentant les toutes premières estimations jamais réalisées sur les naissances prématurées ventilées par pays.

L’OMS s’engage à réduire les problèmes de santé et le nombre de vies perdues suite à une naissance prématurée en prenant les actions spécifiques ci-après:

  • collaborer avec les États Membres et ses partenaires pour mettre en oeuvre le plan d’action mondial pour mettre un terme aux décès évitables des nouveau-nés, adopté en mai 2014 dans le cadre de la Stratégie mondiale du Secrétaire général des Nations Unies pour la santé de la femme et de l’enfant.
  • œuvrer de concert avec les États Membres pour renforcer la mise à disposition et la qualité des données sur les naissances prématurées;
  • fournir tous les 3 à 5 ans des analyses actualisées des niveaux et tendances des naissances prématurées dans le monde;
  • collaborer avec les partenaires du monde entier pour mener des recherches sur les causes des naissances prématurées, et tester l’efficacité et les méthodes d’exécution des interventions visant à empêcher les naissances prématurées et à traiter les bébés qui sont nés avant terme;
  • actualiser périodiquement les lignes directrices cliniques pour la prise en charge de la grossesse et des mères présentant des contractions précoces ou un risque d’accouchement prématuré, ainsi que les lignes directrices pour les soins dispensés aux bébés prématurés, y compris la «méthode kangourou», l’alimentation des bébés ayant une insuffisance pondérale à la naissance, le traitement des infections et des problèmes respiratoires, et les soins de suivi à la maison; et
  • mettre au point des outils permettant d’améliorer les compétences des soignants et d’évaluer la qualité des soins dispensés aux bébés prématurés.

Lignes directrices pour améliorer la survie et l'état de santé des prématurés

L’OMS a élaboré de nouvelles lignes directrices comportant des recommandations pour améliorer la survie et l'état de santé des prématurés. Cet ensemble d’interventions essentielles peut améliorer les chances de survie et les résultats en matière de santé des nourrissons prématurés.

Il y a des interventions destinées à la mère, par exemple des injections anténatales de stéroïdes, l’administration d’antibiotiques en cas de rupture de la poche des eaux avant le début du travail et le sulfate de magnésium pour éviter de futurs troubles neurologiques de l’enfant.

Il y a aussi des interventions destinées au nouveau-né, par exemple les soins de protection thermique (avec la «méthode kangourou» lorsque l’enfant est stable), l’administration d’oxygène sans risque et d’autres traitements pour aider les enfants à respirer plus facilement.


1Blencowe H, Cousens S, Oestergaard M, Chou D, Moller AB, Narwal R, Adler A, Garcia CV, Rohde S, Say L, Lawn JE. National, regional and worldwide estimates of preterm birth. The Lancet, June 2012. 9;379(9832):2162-72. Estimates from 2010.

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