Virus T-lymphotropique humain de type 1

24 décembre 2025

L’essentiel

  • Le virus T-lymphotrope humain de type 1 (HTLV-1) est un rétrovirus sexuellement transmissible qui provoque une infection chronique à vie chez l’être humain.
  • Il se transmet principalement par les contacts sexuels, l’allaitement maternel, le partage de seringues et les transfusions sanguines non sécurisées.
  • Dans la plupart des cas, il provoque un déficit immunitaire qui accroît le risque d’infection, d’uvéite, de dermatite, de pneumopathie, de leucémie/lymphome T de l’adulte et de myélopathie (paraparésie spastique tropicale).
  • Selon les estimations actuelles, le nombre total de personnes porteuses d’une infection à HTLV-1 était compris entre 5 millions et 10 millions en 2012.
  • Ce virus touche plus de femmes que d’hommes pour des raisons qui ne sont pas bien comprises.
  • Comme il n’existe pas de traitement efficace contre le HTLV-1, la détection et la prévention sont très importantes.

Vue d’ensemble

Le virus T-lymphotrope humain de type 1 (HTLV-1) est un rétrovirus qui provoque une infection chronique à vie chez l’être humain. Il se transmet par l’allaitement maternel, les contacts sexuels, le partage de seringues et les transfusions sanguines non sécurisées. Il provoque une série de manifestations cliniques, notamment un dysfonctionnement du système immunitaire (immunodépression), une inflammation oculaire (uvéite) et de la peau (dermatite) et une pneumonie (pneumopathie). Le HTLV-1 peut entraîner un cancer chez certaines personnes (leucémie/lymphome T de l’adulte) et diverses complications neurologiques telles qu’une myélopathie (paraparésie spastique tropicale).

Transmission

Le HTLV-1 se transmet principalement par les contacts sexuels, l’allaitement maternel, le partage de seringues et les transfusions sanguines non sécurisées. La transmission mère-enfant se produit principalement par l’allaitement maternel à un taux de 20 % à 30 % environ, les durées d’allaitement plus courtes étant associées à des taux de transmission plus faibles.

Les femmes sont plus souvent touchées par le HTLV-1 que les hommes pour des raisons qui ne sont pas bien comprises. Ce phénomène pourrait tenir à une plus grande efficacité de la transmission de l’homme à la femme, mais pourrait également s’expliquer par d’autres facteurs biologiques. Le HTLV-1 a été détecté dans la glaire cervicale et le sperme, mais la numération des lymphocytes est parfois plus élevée dans le sperme, ce qui favorise la transmission.

La transfusion de produits sanguins cellulaires, de même que la transplantation d’organes solides, d’une personne infectée par le HTLV-1 entraîne un risque élevé de transmission. Cependant, la transfusion de plasma acellulaire comporte un risque de transmission faible, voire nul.

Le virus peut se transmettre lors du partage de seringues, qui présente un risque important de propagation de l’infection. Le partage de seringues est une voie de transmission courante du virus, en particulier chez les consommateurs de drogues injectables. Afin de réduire le risque de transmission du virus, il est essentiel d’éviter de partager des seringues et d’assurer la sécurité des injections.

Diagnostic

Le diagnostic de l’infection à HTLV-1 est parfois difficile. Il est généralement posé à l’issue de la détection d’anticorps spécifiques dans des échantillons de sang par titrage immuno-enzymatique. Aucun test ne permet à lui seul de poser un diagnostic définitif d’infection à HTLV-1. Plusieurs tests sont nécessaires. Le deuxième test vise à détecter des anticorps contre différentes protéines du HTLV-1 (par exemple, grâce au transfert de protéines et au dosage immunologique) ou de l’ADN proviral intégré dans le génome de la cellule hôte (par amplification en chaîne par polymérase (PCR)). Cette approche combinée est importante pour confirmer l’infection à HTLV-1 et distinguer le HTLV-1 d’autres types moins courants et moins pathogènes de HTLV, par exemple le HTLV-2. La PCR permet de détecter ou de quantifier l’ADN proviral du HTLV-1 intégré dans le génome de la cellule hôte. Le virus acellulaire est rarement présent dans le plasma des personnes porteuses du virus. Par conséquent, la détection de l’ARN du HTLV-1 n’est pas utilisée à des fins diagnostiques.

Symptômes et complications

La plupart des personnes infectées par le HTLV-1 sont asymptomatiques, tandis qu’environ 5 % à 10 % des de personnes présentent une affection clinique reconnue associée au virus. L’infection peut aussi entraîner une uvéite, une dermatite et une pneumopathie.

Le HTLV-1 peut provoquer une leucémie/un lymphome T de l’adulte (cancer du sang). Il peut aussi entraîner des adénopathies, une hépatosplénomégalie et une hypercalcémie par atteinte de la peau, des poumons, des os et d’autres organes.

Le HTLV-1 peut également provoquer une myélopathie associée au HTLV-1 (paraparésie spastique tropicale). Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique du système nerveux central, caractérisée par une faiblesse spastique évolutive des membres inférieurs, des douleurs lombaires et un dysfonctionnement intestinal ou vésical. Parmi les signes cliniques, on peut noter une faiblesse musculaire, une hyperréflexie et un clonus au niveau des membres inférieurs, ainsi qu’un réflexe cutané plantaire (signe de Babinski) et une démarche spastique. Le risque vie entière de leucémie/lymphome T de l’adulte chez les personnes porteuses d’une infection à HTLV-1 est estimé à 5 %, et celui de myélopathie associée au virus HTLV-1 (paraparésie spastique tropicale) à 2 %.

Prévention

Parmi les stratégies et les interventions de santé publique susceptibles de prévenir la transmission du HTLV-1 figurent notamment :

  • la substitution de l’allaitement maternel par des préparations pour nourrissons afin de prévenir la transmission mère-enfant chez les femmes porteuses du HTLV ;
  • la leucoréduction par la méthode de congélation et de décongélation du lait maternel, dans certains contextes ;
  • le port du préservatif afin de réduire le risque de transmission sexuelle ;
  • la mise en œuvre d’un programme de distribution d’aiguilles et de seringues ; et
  • le dépistage du HTLV-1 dans les dons de sang.

Il est important d’accroître la sensibilisation du public pour soutenir ces interventions et de s’assurer que suffisamment d’outils de diagnostic sont disponibles dans les endroits où la prévalence est élevée pour dépister le HTLV-1 et poser le diagnostic.

Il n’existe actuellement aucun vaccin contre le HTLV-1, bien que la mise au point d’un vaccin soit considérée comme réalisable. À ce jour, aucun vaccin candidat contre le HTLV-1 n’a fait l’objet d’un essai clinique permettant d’établir son efficacité.

Traitement 

À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement contre l’infection à HTVL-1. Le traitement est axé sur la prise en charge des affections associées et comprend des corticostéroïdes, des médicaments immunomodulateurs, la chimiothérapie et la transplantation.

Action de l’OMS

En collaboration avec les États Membres et ses partenaires, l’OMS s’emploie à élaborer des orientations sur les méthodes de surveillance du HTLV-1, y compris les méthodes de détermination de la prévalence ainsi que les méthodes de suivi des interventions. Il s’agit notamment de méthodes d’évaluation rapide et d’estimations de la charge de morbidité. Des orientations spécifiques sont également nécessaires pour les milieux à faibles ressources sur les approches de dépistage et les stratégies de détection du HTLV-1 adaptées au contexte et à l’objectif.

D’autres tests et analyses permettront de déterminer s’il existe un niveau de charge provirale en deçà duquel le risque de transmission est négligeable, ainsi que des données précises pour mieux définir le risque de transmission mère-enfant du HTLV-1 et l’efficacité des stratégies de prévention.

L’OMS élabore actuellement les premières orientations tenant compte des données factuelles et des bonnes pratiques les plus récentes concernant le dépistage du HTLV-1 et la prévention. Elles s’intégreront dans un processus plus large de définition des priorités et des principes concernant le dépistage et la prévention du HTLV-1 et favoriseront la définition d’une action de santé publique.