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Trachome

28 novembre 2025

L’essentiel

  • Le trachome est une maladie infectieuse de l’œil due à la bactérie Chlamydia trachomatis.
  • Cette maladie est un problème de santé publique dans 30 pays et est responsable de cécité ou de déficiences visuelles pour environ 1,9 million de personnes.
  • La cécité due au trachome est difficilement réversible.
  • Selon des données d’avril 2025, 103 millions de personnes vivent dans des zones où le trachome est endémique et risquent la cécité.
  • L’infection se transmet par contact (mains, vêtements, draps ou surfaces dures) et par les mouches qui ont été en contact avec l’écoulement oculaire ou nasal de personnes infectées. En cas d’infections répétées sur plusieurs années, les cils peuvent se retourner vers l’intérieur des cils et frotter contre le globe oculaire. Cela provoque des douleurs et peut endommager de façon permanente la cornée.
  • En 2024, 87 349 personnes ont bénéficié d’un traitement chirurgical pour un stade avancé de la maladie et 44,4 millions de personnes ont été traitées par antibiotiques. La couverture antibiotique au niveau mondial atteignait 39 % en 2024. 

Aperçu

Le trachome est la principale cause de cécité d’origine infectieuse dans le monde. Il est dû à une bactérie intracellulaire obligatoire appelée Chlamydia trachomatis. L’infection se transmet par contact direct ou indirect avec l’écoulement oculaire ou nasal de personnes infectées, en particulier les jeunes enfants qui forment le principal réservoir de l’infection. Certaines espèces de mouches qui ont été en contact avec les yeux ou le nez de personnes infectées peuvent également propager l’infection. 

Symptômes et transmission

Dans les zones où le trachome est endémique, le trachome évolutif (inflammatoire) est fréquent chez les enfants d’âge préscolaire ; la proportion d’enfants touchés peut parfois atteindre 90 %. L’infection est moins fréquente et plus courte à mesure que l’âge avance. Elle est généralement contractée dans un contexte de proximité étroite avec une personne atteinte de la maladie évolutive, principalement dans la sphère familiale. Le système immunitaire peut vaincre un épisode infectieux isolé, mais dans les communautés d’endémie, les sujets se réinfectent fréquemment. 

Après des années d’infections répétées, l’intérieur de la paupière peut se couvrir de tissus cicatriciels (cicatrices conjonctivales) au point que le bord de la paupière se retourne vers l’intérieur et que les cils frottent contre le globe oculaire (trichiasis), ce qui provoque une douleur constante et une intolérance à la lumière ; cette altération de l’œil, parmi d’autres, peut provoquer l’apparition de cicatrices sur la cornée. Si elle n’est pas traitée, cette affection entraîne la formation d’opacités irréversibles, qui évoluent vers une déficience visuelle ou la cécité. L’âge auquel cela se produit dépend de plusieurs facteurs, notamment l’intensité de la transmission locale. Dans les communautés de forte endémie, ces problèmes peuvent apparaître dès l’enfance, mais la déficience visuelle survient généralement entre 30 et 40 ans. 

Les déficiences visuelles ou la cécité entraînent une détérioration des conditions de vie des personnes touchées et de leurs familles qui, en général, comptent déjà parmi les plus pauvres. Les femmes sont jusqu’à quatre fois plus touchées par la cécité que les hommes, probablement parce qu’elles sont davantage en contact avec des enfants infectés et sont donc plus fréquemment infectées. 

Les facteurs environnementaux associés à une transmission plus intense de C. trachomatis sont les suivants :

  • une hygiène insuffisante ;
  • des logements surpeuplés ;
  • un accès insuffisant à l’eau ; et
  • un accès insuffisant aux moyens d’assainissement et leur mauvaise utilisation. 

Répartition géographique

Le trachome est un problème de santé publique dans un grand nombre de régions parmi les plus pauvres et les plus rurales d’Afrique, d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Australie et du Moyen-Orient. 

Il est responsable de déficiences visuelles et de cécité chez environ 1,9 million de personnes. Il est à l’origine d’environ 1,4 % des cas de cécité dans le monde. 

Dans l’ensemble, l’Afrique reste le continent le plus touché et celui où les efforts de lutte sont les plus intensifs. 

Au 12 novembre 2025, l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique avait été validée dans 27 pays (Arabie saoudite, Bénin, Burundi, Cambodge, Chine, Égypte, Fidji, Gambie, Ghana, Inde, Iraq, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Mexique, Myanmar, Népal, Oman, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, République islamique d’Iran, Sénégal, Togo, Vanuatu et Viet Nam). 

Impact économique

La charge du trachome pour les personnes et les communautés touchées est considérable. Son coût en termes de perte de productivité due aux déficiences visuelles et à la cécité est estimé entre 2,9 et 5,3 milliards de dollars des États-Unis (USD) par an, et peut atteindre 8 milliards USD si l’on inclut le trichiasis. 

Prévention, lutte et élimination

Les programmes d’élimination du trachome dans les pays d’endémie sont mis en œuvre dans le cadre de la stratégie CHANCE, recommandée par l’OMS, qui comprend :

  • la chirurgie pour traiter le stade cécitant de la maladie (trichiasis trachomateux) ;
  • les antibiotiques pour traiter l’infection, en particulier dans le cadre de campagnes d’administration de masse d’azithromycine – un antibiotique donné par le fabricant aux programmes d’élimination par l’intermédiaire de l’Initiative internationale contre le trachome ;
  • le nettoyage du visage ; et
  • le changement de l’environnement, en particulier l’amélioration de l’accès à l’eau potable et l’assainissement. 

La plupart des pays d’endémie sont en train d’accélérer la mise en œuvre de cette stratégie afin d’atteindre les cibles de l’élimination. 

Les données communiquées à l’OMS par les États Membres en 2024 montrent que, cette année-là, 87 349 personnes atteintes de trichiasis trachomateux ont bénéficié d’une chirurgie correctrice et 44,4 millions de personnes vivant dans les communautés d’endémie ont reçu un traitement antibiotique pour éliminer le trachome. 

Les efforts d’élimination doivent se poursuivre si l’on veut atteindre la cible fixée dans la résolution WHA51.11 de l’Assemblée mondiale de la Santé, à savoir l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique (1). La coopération d’autres acteurs impliqués dans les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement et dans le développement socio-économique est particulièrement importante. 

Action de l’OMS

L’OMS a adopté la stratégie CHANCE en 1993. Elle a pour mandat de diriger et de coordonner les efforts internationaux visant à éliminer le trachome en tant que problème de santé publique et de faire rapport sur les progrès accomplis en vue d’atteindre cette cible. 

En 1996, l’OMS a lancé l’Alliance pour l’élimination mondiale du trachome d’ici 2020. Ce partenariat soutient la mise en œuvre de la stratégie CHANCE par les États Membres et le renforcement des capacités nationales en menant des enquêtes épidémiologiques, en assurant des activités de suivi et de surveillance, en évaluant des projets et en mobilisant des ressources. 

La résolution WHA51.11 adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en 1998 visait l’élimination mondiale du trachome en tant que problème de santé publique à l’horizon 2020. La Feuille de route pour les maladies tropicales négligées 2021-2030, approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2020 par sa décision WHA73(33), a fixé une nouvelle date butoir pour l’élimination mondiale de cette maladie, à savoir 2030.


1. L’élimination du trachome en tant que problème de santé publique est définie comme suit : i) prévalence du trichiasis trachomateux non connu du système de santé <0,2 % chez les personnes âgées de ≥15 ans (soit environ 1 cas pour 1000 habitants) ; et ii) prévalence de l’inflammation trachomateuse-folliculaire <5 % chez les enfants âgés de 1 à 9 ans, maintenue pendant au moins deux ans en l’absence de traitement antibiotique de masse en cours, dans chaque zone où le trachome était auparavant endémique ; plus iii) existence d’un système capable d’identifier et de prendre en charge les cas incidents de trichiasis trachomateux à l’aide de stratégies définies, dont il est prouvé qu’il dispose de ressources financières appropriées pour mettre en œuvre ces stratégies.