Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS lors du point de presse du 29 avril 2026

29 avril 2026

Bonjour et bienvenue à nos amies et amis de l’ACANU. C’est un honneur de vous accueillir à nouveau au Siège de l’OMS.

Félicitations, Dina, pour votre nomination à la présidence de l’ACANU, et merci également à Fadéla.

C’est bien mieux de se rencontrer en présentiel qu’en ligne. Nous serions ravis de vous accueillir plus souvent.

Je remercie la Présidente de l’ACANU, Dina Abi Saab, ainsi que tous les membres de l’ACANU pour l’intérêt constant qu’ils portent aux activités de l’OMS.

C’est une période chargée et cruciale pour l’Organisation alors que l’Assemblée mondiale de la Santé, où plusieurs questions cruciales seront examinées, se tiendra le mois prochain.

La question la plus importante concerne le Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation, ou Système PABS, qui fait l’objet d’une annexe à l’Accord de l’OMS sur les pandémies, que les États Membres ont adopté à l’Assemblée l’année dernière.

À l’heure où nous parlons, les États Membres négocient le texte de l’annexe PABS dans ce bâtiment.

Ils ont beaucoup avancé, mais ils doivent encore travailler, et des divergences importantes subsistent sur des questions fondamentales.

Néanmoins, avec de la volonté, tout est possible.

Je constate encore qu’il existe une volonté commune de parvenir à un consensus, et donc je continue de croire qu’il y a un moyen d’y arriver.

L’annexe PABS est la dernière pièce du puzzle composé des nombreuses initiatives que l’OMS et ses États Membres ont instaurées après avoir tiré les enseignements de la pandémie de COVID-19.

Au cours des dernières années, l’OMS a pris plusieurs mesures pour protéger le monde face aux situations d’urgence et aux pandémies futures.

L’une d’elles a consisté à renforcer les capacités de production locales de vaccins et d’autres outils, grâce au Centre de transfert de la technologie à ARNm, en Afrique du Sud, et à l’Initiative de l’OMS pour la formation des personnels dans le domaine de la biofabrication, en République de Corée.

Aujourd’hui, l’OMS a annoncé avoir désigné des centres régionaux de formation dans chacune de ses six Régions, afin de constituer la main-d’œuvre qualifiée nécessaire à la production locale de vaccins et de produits biologiques.

Les nouveaux centres de formation se trouvent en Afrique du Sud, au Brésil, en Chine, en Égypte, en Inde, en Irlande et au Sénégal.

Ils fonctionneront dans le cadre d’un réseau mondial coordonné et dispenseront des formations adaptées aux priorités régionales, à la réglementation et aux langues.

On peut aussi renforcer les capacités nationales de préparation aux situations d’urgence en organisant des exercices de simulation.

L’OMS a organisé cette semaine l’exercice Polaris II pour tester comment les systèmes réagissent à une flambée fictive due à une bactérie qui se propage à l’échelle mondiale.

600 expertes et experts des urgences sanitaires et 25 organisations partenaires de 26 pays et territoires, représentant toutes les Régions et tous les niveaux de revenus, y ont participé.

L’exercice Polaris II fait partie d’HorizonX, le programme d’exercices de simulation pluriannuel de l’OMS.

Il est essentiel pour tester des cadres d’urgence dans des conditions réelles, afin que la préparation collective ne soit pas un effort périodique, mais un investissement continu.

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Passons maintenant au Moyen-Orient, où les cessez-le-feu restent fragiles et où les pourparlers de paix sont au point mort.

Au Liban, les frappes ne se sont pas arrêtées, et on continue de compter les morts et les blessés.

Plus d’un million de personnes ont été déplacées. Certaines essaient de retourner dans leurs communautés et leurs foyers, tandis que d’autres restent dans des refuges collectifs où les conditions de vie sont précaires.

Cinquante hôpitaux et centres de soins de santé primaires sont fermés et 16 hôpitaux ont été endommagés.

Il manque des traitements adéquats pour les personnes blessées ou atteintes de diabète, d’hypertension ou d’autres maladies non transmissibles.

Le système de santé a été affaibli au moment même où elles en ont le plus besoin.

Depuis le début du conflit, l’OMS a recensé 149 attaques visant les services de santé au Liban, 26 en Iran et six en Israël.

Ces attaques ont fait 111 morts et 233 blessés, principalement au Liban.

Comme nous ne cessons de le répéter, le meilleur remède est la paix.

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Parlons maintenant de la situation en Haïti, où des gangs armés contrôlent environ 90 % de la capitale, Port-au-Prince, et étendent leur emprise à d’autres régions du pays.

Plus de la moitié de la population souffre aujourd’hui d’insécurité alimentaire aiguë, et plus d’un quart des enfants de moins de cinq ans admis dans des centres de santé souffrent de malnutrition aiguë.

À Port-au-Prince, la moitié des établissements hospitaliers sont fermés ou ont été détruits, et un tiers seulement sont pleinement opérationnels.

Les gangs ont de plus en plus recours à la violence sexuelle, y compris au viol collectif et à l’exploitation sexuelle, pour contraindre les communautés et affirmer leur domination.

40 % de la population – soit 4,4 millions de personnes – n’a pas accès aux services de santé essentiels.

Une importante épidémie de diphtérie qui s’est déclarée cette année a déjà causé 469 cas suspects ou confirmés, dont sept mortels.

L’OMS soutient un plan national de riposte, qui prévoit une campagne de vaccination pour près de 600 000 enfants.

Cette année, l’Organisation a déjà livré près de 30 tonnes de médicaments et de fournitures médicales à 16 établissements de santé et partenaires.

Nous soutenons également le seul hôpital public de référence de Port-au-Prince, ce qui a permis à plus de 7000 patientes et patients d’accéder à des soins d’urgence gratuits et à plus de 450 femmes de bénéficier de césariennes.

Mais nous exhortons la communauté internationale à accorder l’attention voulue à Haïti, qui traverse une crise grave.

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Malgré les nombreux problèmes que connaît notre monde, il y a aussi beaucoup de bonnes nouvelles dont on peut se réjouir.

Par exemple, l’OMS a annoncé aujourd’hui qu’elle a validé l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique en Australie.

Le trachome est la principale cause infectieuse de cécité dans le monde, et il sévissait en particulier dans les communautés autochtones d’Australie.

En 2006, l’Australie a lancé un programme national pour mettre en œuvre la stratégie de lutte contre le trachome recommandée par l’OMS.

Elle est désormais le trentième pays où l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique a été validée, et le troisième cette année, après la Libye en février et l’Algérie ce mois-ci.

En mars, l’élimination de la lèpre a également été vérifiée au Chili.

Depuis 1997, l’OMS a confirmé l’élimination d’une maladie tropicale négligée à 90 reprises dans 63 pays.

Cela montre ce que l’engagement politique et les bons outils permettent de faire.

Et ce n’est pas valable seulement pour les MTN. La semaine dernière, l’OMS a validé l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH aux Bahamas.

Le paludisme en est un autre exemple.

Au cours des 70 dernières années, l’OMS a certifié 47 pays et un territoire comme exempts de paludisme, et de nombreux autres pays sont en voie d’obtenir cette certification.

De nouveaux outils nous permettent d’espérer de libérer enfin le monde du paludisme.

Samedi dernier, le 25 avril, nous avons célébré la Journée mondiale de lutte contre le paludisme.

À cette occasion, l’OMS a annoncé avoir préqualifié le premier traitement antipaludique mis au point spécifiquement pour les nouveau-nés et les nourrissons.

Jusqu’à présent, les nourrissons atteints de paludisme sont traités à l’aide de formulations destinées aux enfants plus âgés, ce qui augmente le risque d’erreurs de dosage, d’effets secondaires et de toxicité.

Cette nouvelle formulation d’artéméther-luméfantrine contribue à combler des lacunes anciennes de la couverture thérapeutique pour les quelque 30 millions d’enfants qui naissent chaque année dans les zones d’endémie palustre en Afrique.

Ce mois-ci, l’OMS a également préqualifié trois nouveaux tests de diagnostic rapide permettant de détecter des souches de paludisme que les anciens tests ne détectaient pas.

La préqualification par l’OMS est un gage de qualité, de sécurité et d’efficacité, et permettra aux établissements du secteur public d’acheter ce médicament.

Les vaccins, les nouveaux outils de diagnostic et les moustiquaires de nouvelle génération permettent de franchir une nouvelle étape pour libérer le monde du paludisme.

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Des progrès considérables ont aussi été enregistrés dans la lutte contre l’hépatite.

Le Rapport mondial sur l’hépatite, publié hier, montre que depuis 2015, le nombre annuel de nouveaux cas d’hépatite B a baissé de 32 %, et que le nombre de décès liés à l’hépatite C a reculé de 12 % à l’échelle mondiale.

Grâce à la vaccination, la prévalence de l’hépatite B chez les enfants de moins de cinq ans est également tombée à 0,6 % seulement, 85 pays atteignant l’objectif de prévalence de 0,1 % ou moins à l’horizon 2030.

L’Égypte, la Géorgie, le Royaume-Uni et le Rwanda montrent qu’il est possible d’éliminer l’hépatite en tant que problème de santé publique.

Cependant, plus de 1,3 million de personnes sont mortes de l’hépatite B ou C en 2024, et 287 millions de personnes en sont atteintes. La grande majorité d’entre elles n’a pas accès à un traitement. 

Nous disposons d’outils pour prévenir, diagnostiquer et traiter l’hépatite. L’OMS appelle tous les pays à élargir l’accès à ces outils.

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Enfin, demain est le dernier jour de la Semaine mondiale de la vaccination, qui nous rappelle chaque année l’utilité des vaccins pour sauver des vies.

Lors de la Semaine mondiale de la vaccination en 2023, l’OMS, Gavi et l’UNICEF ont lancé « le grand rattrapage », une initiative visant à toucher les enfants qui n’ont pas été vaccinés, notamment pendant la pandémie de COVID-19.

Le grand rattrapage, qui s’est terminé à la fin du mois dernier, a été un grand succès.

Ensemble, nous avons délivré plus de 100 millions de doses de vaccins pour 18,3 millions d’enfants environ dans 36 pays,

dont 12,3 millions d’enfants zéro dose, qui n’avaient jamais été vaccinés contre aucune maladie, et 15 millions d’enfants qui n’avaient jamais été vaccinés contre la rougeole.

La rougeole est un parfait exemple montrant que les vaccins permettent d’éliminer des maladies dans des communautés et des pays entiers.

À l’échelle mondiale, l’élimination de la rougeole a été vérifiée dans 95 pays et l’élimination de la rubéole dans 115 pays.

Cependant, ce statut peut être perdu et, chaque année, des millions d’enfants dans le monde ne reçoivent toujours pas les vaccins essentiels.

L’OMS continue de collaborer avec Gavi, l’UNICEF et d’autres partenaires pour aider les pays à vacciner ces enfants en élargissant les programmes de vaccination systématique, dans le cadre du parcours de chaque pays sur la voie de la couverture sanitaire universelle.

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 Et enfin, comme vous le savez peut-être, notre chère amie et collègue Fadéla Chaib prend sa retraite de l’OMS.

Fadéla travaille à l’OMS depuis 25 ans, et depuis quelques années, elle dirige à Genève notre équipe chargée des relations avec les médias – vous la connaissez donc très bien. Merci encore à l’ACANU de lui avoir rendu hommage.

Beaucoup d’entre vous connaissent Fadéla et travaillent avec elle depuis des années. Elle a joué un rôle essentiel pour présenter les activités de l’OMS au monde. 

Je sais qu’elle va vous manquer, tout comme à nous.

Fadéla, merci pour votre dévouement. Shukran jazeelan. Je vous souhaite beaucoup de bonheur pour la suite. Vous êtes une personne extraordinaire.

Une fois encore, je vous remercie de votre participation aujourd’hui et j’attends vos questions avec intérêt.

Christian, je vous rends la parole.