Madame la Duchesse de Sussex, Meghan,
Chers collègues et amis, chères collègues et amies,
C’est pour moi un honneur de me joindre à Archewell Philanthropies pour présenter le mémorial Lost Screen à Genève à l’occasion de la Soixante-Dix-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé.
Aujourd’hui, nous sommes réunis pour faire acte de mémoire.
Les noms derrière nous ne sont pas des statistiques. Ce sont des enfants.
Alexander. Coco. Riley. Archie. Selena.
Comme l’a dit le maire de Genève, chaque nom représente une vie pleine de promesses. Un fils. Une fille. Un ou une camarade de classe. Une amie, un ami. Un enfant profondément aimé.
Et chaque famille représentée ici a souffert une perte inimaginable.
Au nom de l’Organisation mondiale de la Santé, je vous remercie pour votre courage.
Ces récits montrent combien il est urgent de faire du monde en ligne et du monde hors ligne des lieux sûrs où les jeunes puissent s’épanouir.
Nous sommes confrontés à une crise de santé publique qui touche la santé mentale des jeunes, une crise engendrée par de nombreux facteurs, dont un manque de sécurité numérique.
Ce mémorial pose une question difficile, mais nécessaire : quelle responsabilité partagée est la nôtre en ce qui concerne les environnements dans lesquels nos enfants grandissent ?
Aujourd’hui, des milliards de personnes passent une grande partie de leur vie en ligne.
Pour de nombreux enfants, adolescentes et adolescents, les espaces numériques sont inséparables de la vie réelle.
Ils font partie de la vie quotidienne, ils sont un lieu d’apprentissage, de connexion, de divertissement et d’expression de soi.
Mais nous devons aussi être honnêtes quant aux risques.
Les preuves que certains environnements et plateformes en ligne peuvent être nuisibles, en particulier pour les jeunes, sont de plus en plus nombreuses.
La conception des technologies, les dispositifs de protection et les choix de gouvernance inadaptés exposent les enfants et les populations vulnérables à des risques graves, mais évitables tels que l’exploitation sexuelle, l’addiction et le harcèlement.
Nous avons déjà dû affronter des défis similaires pour les sièges de voiture, les lits à barreaux, les flacons de médicaments et les équipements d’aires de jeux.
Or, nous n’avons pas demandé aux parents de surpasser les fabricants en matière d’ingénierie.
Nous avons demandé aux fabricants de s’assurer que leurs produits ne nuisent pas aux enfants.
Nous avons demandé aux gouvernements de légiférer et de faire appliquer des mesures de protection des consommateurs.
La question demeure – le monde va-t-il ignorer les puissantes entreprises qui conçoivent des produits nuisibles ou dira-t-il enfin : pas nos enfants, ça suffit ?
Il existe des solutions.
Nous pouvons prévenir les méfaits, grâce à des protections et à des normes de conception, accompagnées de dispositifs de responsabilisation rigoureusement appliqués.
Nous pouvons atténuer les méfaits, grâce à l’intervention en cas de crise, au soutien familial et à un accès aux soins rapide et à un coût abordable.
Nous pouvons nous coordonner à l’échelle mondiale. Les méfaits résultant d’une conception dangereuse dans un pays se propagent partout en quelques secondes. Les protections et les normes doivent en faire autant.
Ce mémorial peut être plus qu’un moment de réflexion. Il doit être un appel à l’action collective pour faire en sorte que les espaces numériques soutiennent la santé plutôt que d’y nuire.
Nous le devons à chaque enfant dont le nom figure sur ce mur, ainsi qu’aux familles de ces enfants.
Je tiens à remercier Meghan, la Duchesse de Sussex, pour son leadership et son engagement. Nous sommes fiers de vous et c’est pour moi un honneur insigne de vous inviter, Madame la Duchesse, à prononcer quelques mots.
Je vous remercie.