Rapport de la première réunion du Groupe consultatif technique sur l' élimination de la lèpre, Genève, 2 et 3 mai 2000
Vue d’ensemble
La lépre n'est plus, de nos jours, la terrible maladie qu'elle a été et, pour les malades, le pronostic est désormais infiniment moins sombre qu'il pouvait l'étre autrefois. Depuis une quinzaine d'années, des progres importants ont permis de réduire la prévalence de la maladie, d'en amoindrir les séquelles particuliérement défigurantes, de soulager les douleurs et les souffrances des malades et de lever l'opprobre social dont ils font l'objet. Cela ne veut pas dire que le probleme de la lepre est résolu, ni que nous pouvons nous permettre de relåcher notre effort en Vue de l'éliminer du champ de la santé publique. Certes, la maladie semble désormais beaucoup moins grave et les invalidités relativement peu fréquentes chez les nouveaux patients, mais la représentation que s'en fait la société n'a guere évolué dans de nombreuses régions du monde. Cela ne transparait que trop dans l'attitude de la communauté, notamment å l'égard des malades invalides ou défigurés.
Les progres fantastiques réalisés dans la lutte antihansénienne au cours des derniéres années Sont dus pour une grande part la mise en oeuvre généralisée de la polychimiothérapie (PCT), qui permet de guérir la maladie et d'alléger sensiblement le fardeau qu'elle fait peser sur les pays oil elle est endémique. Pour i'essentiel, ces progres sont le fruit d'une résolution adoptée en 1991 par l'Assemblée mondiale de la Santé, résolution par laquelle tous lespays membres de l'Organisation oü la maladie était endémique, se Sont engagés å ramener partout dans le monde la prévalence de la lepre moins de un pour I0 000 habitants å la fin de ran 2000.
Se fixer un tel objectifa été extrémement utile en ce sens qu'il a suscité, pour aller de l'avant et arriver au résultat escompté, un engagement politique que lion n'aurait pas pu obtenir par d'autres moyens. II suffit, pour Sen persuader, de considérer ce fait: depuis 1985, laprévalence de la lepre dans le monde a reculé de pres de 85 % et environ 10 millions de malades ont été guéris. Ce résultat est, pour une large part, mettre au crédit des pays d'endémie qui se Sont engagés avec détermination dans l'élimination de la maladie et Sexplique également par liemcacité thérapeutique constante de la PCT ainsi que par le soutien total apporté å cette entreprise par les divers partenaires de IONIS, au nombre desquels plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) donatrices. En outre, la situation épidémiologique de la lepre est particuliérement favorable dans de nombreux pays, notamment en Afrique. Tous Ces progres vont bien au-delå des simples chiffres et des statistiques. Ce qutils ont apporté en faisant reculer la souffrance physique, psychologique et sociale et en améliorant I 'image sanitaire des pays concernés est véritablement inestimable.
Dans un effort de grande envergure pour parvenir å l'élimination en 2005 dans tous les pays, on a lance le 15 novembre 1999 å Abidjan, l'Alliance mondiale pour l'élimination de la lépre (GAEL). Outre I'OMS, les principaux membres de cette alliance sont les gouvemements de quelque I O å 12 pays les plus touchés par l'endémie, la Nippon Foundation, la Fédération internationale des associations contre la lepre (ILEP) et la firme Novartis. L'Alliance coopérera étroitement avec la Banque mondiale, l'Agence danoise pour le développement international (DANIDA) et d'autres organisations non gouvernementales. L'Alliance a pour objectif d'échanger des informations afin d'assurer de meilleurs services aux communautés défavorisées å cet égard. L,'OMS assurera le secrétariat et assumera la direction technique de cette entreprise, dont le gouvernement indien a accepté de prendre la présidence pour la premiere année.
pour conseiller I'OMS sur la maniére la plus effcace de met-tre en pratique la stratégie renforcée et le suivi de son avancement, notamment dans des secteurs tels que le développement des moyens d'action, I 'approvisionnement en médicaments pour la PCT, la communication et l' information, le suivi et la surveillance, le Directeur général de I'OMS a décidé de créer un Groupe consultatiftechnique pour I 'éliminarion de la lepre (TAG). Ce groupe est constitué de six spécialistes indépendants qui ont été choisis en raison de leur compétence en léprologie et de leur capacité å gérer des programmes, notamment dans des domaines comme la santé publique, Pépidémiologie, la mobilisation et la sensibilisation des communautés, la recherche opérationnelle et la prévention des invalidités. C' est une équipe solide au sein de laquelle les compétences techniques et la répartition géographique sont judicieusement dosées.
Le Groupe a regu le mandat suivant :
- examiner et suivre la mise en pratique de la stratégie renforcée pour l' élimination de la lepre;
- conseiller I 'OMS sur la mise en cuvre de nouvelles stratégies et options;
- faire le point des progres réalisés dans l'élimination de la maladie;
- recenser les lacunes ou les obstacles qui pourraient gener la bonne marche des opérations et proposer des solutions pour faciliter la mise en oeuvre des activités envisagées sur le terrain;
- s' occuper de divers problémes de recherche.