Centre des médias

La santé mentale: renforcer notre action

Aide-mémoire N°220
Septembre 2010


Principaux points

  • Plus de 450 millions de personnes souffrent de troubles mentaux, et elles sont bien plus nombreuses encore à présenter des problèmes mentaux.
  • La santé mentale fait partie intégrante de la santé; en effet, il n’y a pas de santé sans santé mentale.
  • La santé mentale est plus que l’absence de troubles mentaux.
  • La santé mentale est déterminée par des facteurs socioéconomiques, biologiques et environnementaux.
  • Il existe des stratégies et des interventions intersectorielles d’un bon rapport coût/efficacité pour promouvoir la santé mentale.

La santé mentale est une composante essentielle de la santé. La Constitution de l’OMS définit la santé comme suit: «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Cette définition a pour important corollaire que la santé mentale est davantage que l’absence de troubles ou de handicaps mentaux.

La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. Dans ce sens positif, la santé mentale est le fondement du bien-être d’un individu et du bon fonctionnement d’une communauté.

Les déterminants de la santé mentale

Des facteurs sociaux, psychologiques et biologiques multiples déterminent le degré de santé mentale d’une personne à un moment donné. Ainsi, des pressions socio-économiques persistantes sont des facteurs de risque reconnus pour la santé mentale des individus et des communautés. Les données factuelles qui l’attestent le mieux sont les indicateurs de pauvreté, notamment les faibles niveaux d’instruction.

Les problèmes de santé mentale sont également associés aux éléments suivants: changement social rapide; conditions de travail éprouvantes; discrimination à l’égard des femmes; exclusion sociale; mode de vie malsain; risques de violence ou de mauvaise santé physique; et violations des droits de l’homme.

Par ailleurs, certains profils psychologiques et certains traits de personnalité prédisposent aux troubles mentaux. Enfin, les troubles mentaux peuvent être dus à des causes biologiques, notamment à des facteurs génétiques et à des déséquilibres chimiques du cerveau.

Stratégies et interventions

La promotion de la santé mentale passe par des actions tendant à créer des conditions de vie et un environnement qui favorisent la santé mentale et permettent d’adopter et de conserver un mode de vie sain. Il existe ainsi un large éventail de mesures visant à augmenter la probabilité de voir plus de gens jouir d’une bonne santé mentale.

Un contexte garantissant le respect et la protection des droits civils, politiques, socioéconomiques et culturels fondamentaux est indispensable pour promouvoir la santé mentale. Sans la sécurité et la liberté apportées par ces droits, il est très difficile de conserver une bonne santé mentale.

Les politiques nationales de santé mentale ne doivent pas limiter leur champ d’action aux troubles mentaux. Il faut aussi qu’elles reconnaissent et prennent en compte les facteurs plus généraux qui favorisent la santé mentale. Il s’agit notamment d’intégrer la promotion de la santé mentale dans les politiques et programmes des secteurs public et privé concernant l’éducation, l’emploi, la justice, les transports, l’environnement, le logement et la protection sociale, ainsi que dans ceux du secteur de la santé.

La promotion de la santé mentale repose pour une large part sur des stratégies intersectorielles. Parmi les moyens concrets propres à favoriser la santé mentale, on peut citer:

  • les interventions dans la petite enfance (p. ex. visites à domicile pour les femmes enceintes, activités psychosociales avant la scolarisation, interventions combinant aide nutritionnelle et aide psychosociale à l’intention des populations défavorisées);
  • assistance aux enfants (p. ex. programmes d’acquisition de compétences, programmes de développement de l’enfant et de l’adolescent);
  • accès à l'autonomie socioéconomique des femmes (p. ex. amélioration de l’accès à l’éducation et dispositifs de microcrédit);
  • accompagnement social des personnes âgées (p. ex. initiatives visant à favoriser les contacts amicaux, centres communautaires de jour pour les aînés);
  • programmes à l’intention des groupes vulnérables, notamment les minorités, les populations autochtones, les migrants et les victimes de conflits et de catastrophes (p. ex. interventions psychosociales au lendemain de catastrophes);
  • activités de promotion de la santé mentale en milieu scolaire (p. ex. programmes favorisant le changement de comportement à l’égard de l’environnement dans les établissements scolaires, et écoles accueillantes pour les enfants);
  • interventions en santé mentale sur le lieu de travail (p. ex. programmes de prévention du stress);
  • politiques du logement (p. ex. amélioration du logement);
  • programmes de prévention de la violence (p. ex. initiatives de surveillance de quartier); et
  • programmes de développement communautaires (p. ex. initiatives «Communities That Care», développement rural intégré).

L’action de l’OMS

L’OMS s’associe aux gouvernements pour renforcer et promouvoir la santé mentale. Elle a évalué des données factuelles relatives à la promotion de la santé mentale et œuvre avec les gouvernements à la diffusion de cette information et à l’intégration des stratégies efficaces dans les politiques et les plans.

Plus concrètement, le Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) de l’OMS vise à développer les services de prise en charge des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’usage de substances psychoactives, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Lorsque ce programme aura été adopté et mis en œuvre, des dizaines de millions de personnes pourront être traitées contre la dépression, la schizophrénie et l’épilepsie, et protégées du suicide, et commencer à mener une vie normale – même là où les ressources sont limitées.

Pour de plus amples informations

Centre des médias de l’OMS
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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