L’essentiel
- Près d’une personne sur sept dans le monde présente un trouble mental.
- Les troubles mentaux peuvent entraîner de graves perturbations au quotidien et des souffrances à long terme s’ils ne sont pas traités.
- Il existe de nombreux types de troubles mentaux,
- qu’il est possible de prévenir et de traiter efficacement.
- La plupart des personnes malades n’ont pas accès à des soins efficaces.
Un trouble mental se caractérise par une altération majeure, sur le plan clinique, de l’état cognitif, de la régulation des émotions ou du comportement. Il s’accompagne généralement d’un sentiment de détresse ou de déficiences fonctionnelles dans des domaines importants. Il existe de nombreux types de troubles mentaux, également appelés troubles de santé mentale. Cette dernière expression, plus large, englobe les troubles mentaux, les handicaps psychosociaux et d’autres états mentaux associés à un sentiment de détresse, à des déficiences fonctionnelles ou à un risque de comportement auto-agressif importants. Ces Principaux repères portent sur les troubles mentaux décrits dans la Onzième Révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11).
En 2021, 1,1 milliard de personnes (soit une sur sept) dans le monde présentaient un trouble mental, les troubles anxieux et les troubles dépressifs étant les plus courants (1). Alors qu’il est possible de prévenir et de traiter efficacement ces troubles, la plupart des personnes qui en souffrent n’ont pas accès à des soins efficaces. Nombre d’entre elles sont également victimes de stigmatisation ou de discrimination et leurs droits humains ne sont pas respectés.
Troubles anxieux
En 2021, 359 millions de personnes, dont 72 millions d’enfants et d’adolescents, présentaient un trouble anxieux (1). Les troubles anxieux se caractérisent par une peur et une inquiétude excessives et par des troubles du comportement connexes. Les symptômes sont suffisamment graves pour entraîner un sentiment de détresse important ou des déficiences fonctionnelles majeures. Il existe plusieurs types de troubles anxieux, dont le trouble d’anxiété généralisée (caractérisé par une inquiétude excessive), le trouble panique (caractérisé par des attaques de panique), le trouble d’anxiété sociale (caractérisé par une peur et une inquiétude excessives dans des situations sociales) et le trouble d’anxiété de séparation (caractérisé par une peur ou une anxiété à l’idée d’être séparé des personnes avec lesquelles on a un lien affectif fort). Il existe des traitements psychologiques efficaces et, en fonction de l’âge et de la gravité de la dépression, des traitements médicamenteux peuvent aussi être envisagés.
Dépression
La dépression diffère des sautes d’humeur habituelles et des réactions émotionnelles passagères face aux problèmes du quotidien. Un épisode dépressif se caractérise par une morosité de l’humeur morose (sentiment de tristesse, d’irritabilité, de vide) ou une perte de plaisir ou d’intérêt, pendant la majeure partie de la journée, presque tous les jours, pendant au moins deux semaines. Plusieurs autres symptômes peuvent également être présents : difficultés de concentration, sentiment de culpabilité excessive ou dévalorisation de soi, sentiment de désespoir face à l’avenir, pensées liées à la mort ou au suicide, troubles du sommeil, variations de l’appétit ou du poids, et sensation de grande fatigue ou de manque d’énergie. Les personnes dépressives sont plus exposées que les autres au risque de suicide. Cependant, il existe des traitements psychologiques efficaces et, en fonction de l’âge et de la gravité de la dépression, des traitements médicamenteux peuvent aussi être envisagés.
Trouble bipolaire
En 2021, 37 millions de personnes, dont 3,8 millions d’adolescents âgés de 10 à 19 ans, présentaient un trouble bipolaire (1). Les personnes atteintes d’un trouble bipolaire présentent, en alternance, des épisodes dépressifs et des épisodes maniaques. Les épisodes dépressifs se caractérisent par une morosité de l’humeur (sentiment de tristesse, d’irritabilité, de vide) ou par une perte de plaisir ou d’intérêt, pendant la majeure partie de la journée, presque tous les jours, pendant au moins deux semaines. Les épisodes maniaques se caractérisent par une euphorie excessive ou une irritabilité, une hyperactivité ou une énergie décuplée, ainsi qu’une logorrhée, une fuite des idées, une estime de soi exagérée, une réduction du besoin de sommeil, une distractibilité, et un comportement impulsif et téméraire. Les personnes qui présentent un trouble bipolaire sont plus exposées que les autres au risque de suicide. Des traitements efficaces existent toutefois, notamment la psychoéducation, la réduction du stress et le renforcement du fonctionnement en milieu social, ainsi que les traitements médicamenteux.
Trouble de stress post-traumatique
Un trouble de stress post-traumatique peut survenir à la suite d’un événement ou d’une série d’événements particulièrement menaçants ou horribles. Ce trouble se caractérise par l’ensemble des symptômes suivants : 1) la personne revit l’événement ou les événements traumatisants (souvenirs envahissants, réminiscences ou cauchemars) ; 2) la personne évite de penser à l’événement ou aux événements, ou de se les rappeler, ou évite les activités, situations ou personnes qui les lui rappellent ; et 3) la personne perçoit une menace accrue en permanence. Ces symptômes durent au moins plusieurs semaines et provoquent d’importantes déficiences fonctionnelles. Il existe des traitements psychologiques efficaces.
Schizophrénie
La schizophrénie touche environ 23 millions de personnes – soit une sur 345 – dans le monde (1). Les personnes qui en sont atteintes ont une espérance de vie de neuf ans inférieure à celle de la population générale (2). La schizophrénie se caractérise par une distorsion notable de la perception et par des altérations du comportement. Les symptômes sont notamment les suivants : idées délirantes récurrentes, hallucinations, désorganisation de la pensée et du comportement ou agitation extrême. Les personnes atteintes de schizophrénie peuvent éprouver des difficultés cognitives durables. Il existe toutefois des options thérapeutiques (traitements médicamenteux, psychoéducation, interventions en milieu familial et réadaptation psychosociale).
Troubles de l’alimentation
En 2021, 16 millions de personnes, dont près de 3,4 millions d’enfants et d’adolescents, présentaient des troubles de l’alimentation (1). Les troubles de l’alimentation, tels que l’anorexie mentale et la boulimie nerveuse, se caractérisent par un comportement alimentaire anormal et une préoccupation excessive pour la nourriture, qui s’accompagnent de vives inquiétudes concernant le poids et la forme du corps. Ces symptômes ou comportements entraînent un risque voire des effets très néfastes pour la santé, un grand sentiment de détresse ou encore des déficiences fonctionnelles majeures. L’anorexie mentale apparaît souvent pendant l’adolescence ou au début de l’âge adulte et est associée à une mort prématurée, due à des complications médicales ou au suicide. Les personnes boulimiques sont exposées à un risque significativement accru d’usage de substances psychoactives, de suicide et de complications médicales. Il existe des traitements efficaces, notamment des thérapies familiales et cognitives.
Comportements perturbateurs et trouble de la personnalité antisociale
En 2019, 41 millions de personnes, y compris des enfants et des adolescents, présentaient un trouble de la personnalité antisociale (1). Ce trouble, aussi connu sous le nom de trouble des conduites, constitue l’un des deux troubles dyssociaux, le second étant le trouble oppositionnel avec provocation. Le trouble de la personnalité antisociale se caractérise par des troubles du comportement récurrents (actes de provocation ou de désobéissance incessants ou comportements systématiquement contraires aux droits fondamentaux d’autrui ou aux principales normes, règles ou lois de nature sociale applicables à l’âge de la personne). Ces troubles apparaissent généralement, mais pas toujours, pendant l’enfance. Il existe des traitements psychologiques efficaces (acquisition d’aptitudes cognitives à la résolution des problèmes ou de compétences sociales), auxquels doivent souvent participer les parents, les aidants et les enseignants.
Troubles neurodéveloppementaux
Les troubles neurodéveloppementaux sont des troubles du comportement et cognitifs qui surviennent au cours du développement et entraînent des difficultés importantes dans l’acquisition et l’exécution de fonctions intellectuelles, motrices, langagières ou sociales spécifiques.
Parmi les troubles neurodéveloppementaux figurent le trouble du développement intellectuel, le trouble du spectre de l’autisme et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Ce dernier se caractérise par une inattention et/ou une hyperactivité-impulsivité persistantes qui ont des effets négatifs directs sur le fonctionnement scolaire, professionnel ou social. Les troubles du développement intellectuel se manifestent par un fonctionnement intellectuel et un comportement adaptatif extrêmement limités, c’est-à-dire des difficultés à acquérir les aptitudes théoriques, sociales et pratiques nécessaires à la vie quotidienne. Le trouble du spectre de l’autisme regroupe un ensemble d’affections qui se caractérisent par un certain degré d’altération de la communication sociale et des interactions sociales, ainsi que par des modes de comportements, intérêts ou activités qui sont systématiquement limités, répétitifs et rigides.
Il existe des options thérapeutiques efficaces (interventions psychosociales, interventions comportementales, ergothérapie et orthophonie). Pour certains diagnostics et certaines tranches d’âge, des traitements médicamenteux peuvent aussi être envisagés.
Facteurs de risque
Différents facteurs individuels, familiaux, communautaires et structurels peuvent se combiner pour former un ensemble qui protège ou, au contraire, compromet la santé mentale. Si la plupart des personnes sont résilientes, celles qui sont exposées à des conditions difficiles – y compris la pauvreté, la violence, le handicap et les inégalités – sont plus vulnérables. Parmi les facteurs de protection et de risque figurent les facteurs psychologiques et biologiques, tels que les compétences émotionnelles et la génétique. Les changements intervenant dans la structure et/ou le fonctionnement du cerveau ont une influence sur de nombreux facteurs de protection et de risque.
Systèmes de santé et soutien social
Les systèmes de santé ne répondent pas encore de manière adéquate aux besoins des personnes qui présentent des troubles mentaux et font face à un manque criant de ressources. Partout dans le monde, il existe un écart béant entre l’offre et les besoins de traitements. Qui plus est, les traitements administrés sont souvent de mauvaise qualité. Par exemple, seulement 29 % des personnes présentant une psychose (3) et un tiers des personnes atteintes de dépression reçoivent des soins de santé mentale structurés (4).
Par ailleurs, les personnes atteintes d’un trouble mental ont besoin de soutien social, notamment pour nouer et entretenir des relations personnelles, familiales et sociales. Elles peuvent aussi avoir besoin d’aide pour suivre une formation, trouver un emploi et un logement, et prendre part à d’autres activités intéressantes.
Action de l’OMS
Dans son Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2030, l’OMS reconnaît le rôle essentiel que joue la santé mentale à l’égard de l’objectif de la santé pour toutes et tous. Ce plan comporte quatre grands objectifs :
- renforcer le leadership et la gouvernance dans le domaine de la santé mentale ;
- fournir des services de santé mentale et d’aide sociale complets, intégrés et adaptés aux besoins dans un cadre communautaire ;
- mettre en œuvre des stratégies de promotion et de prévention dans le domaine de la santé mentale ; et
- renforcer les systèmes d’information, les bases factuelles et la recherche dans le domaine de la santé mentale.
Le Programme d’action Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP) s’appuie sur des orientations, outils et supports de formation fondés sur des données factuelles pour développer les services dans les pays, en particulier ceux dont les ressources sont limitées. Il porte sur un ensemble prioritaire d’affections, orientant le renforcement des capacités vers les prestataires de soins non spécialisés dans le cadre d’une approche intégrée en faveur de la santé mentale à tous les niveaux des soins. La version 2.0 du Guide d’intervention mhGAP de l’OMS, qui fait partie de ce programme, contient des orientations sur l’évaluation et la prise en charge des troubles mentaux à l’intention des médecins, du personnel infirmier et des professionnels de santé travaillant dans des contextes sanitaires non spécialisés.
Références bibliographiques
(1) 2021 Global Burden of Disease (GBD) [base de données en ligne]. Seattle: Institute for Health Metrics and Evaluation; 2024 (https://vizhub.healthdata.org/gbd-results/, consulté le 13 août 2025).
(2) Yung NCL, Wong CSM, Chan JKN, Chen EYH, Chang WC. Excess mortality and life-years lost in people with schizophrenia and other non-affective psychoses: an 11-year population-based cohort study. Schizophr Bull. 2021;47(2):474–84 (https://doi.org/10.1093/schbul/sbaa137).
(3) Mental health atlas 2020. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2021 (https://iris.who.int/handle/10665/345946). Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.(4) Moitra M, Santomauro D, Collins PY, Vos T, Whiteford H, Saxena S, et al. The global gap in treatment coverage for major depressive disorder in 84 countries from 2000–2019: a systematic review and Bayesian meta-regression analysis. PLoS Med. 2022;19(2):e1003901. doi:10.1371/journal.pmed.1003901.