Centre des médias

Maladies non transmissibles

Aide-mémoire N°355
Juin 2017


Principaux faits

  • Les maladies non transmissibles (MNT) tuent chaque année plus de 40 millions de personnes, ce qui représente 70% des décès dans le monde.
  • Chaque année, 15 millions de personnes, âgées entre 30 à 69 ans, meurent d’une maladie non transmissible; plus de 80% de ces décès «prématurés» surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Les maladies cardiovasculaires sont responsables du plus grand nombre des décès dus aux maladies non transmissibles, 17,7 millions par an, suivies des cancers (8,8 millions), des maladies respiratoires (3,9 millions) et du diabète (1,6 million).
  • On impute à ces 4 groupes d’affection plus de 80% des décès «prématurés» dus aux maladies non transmissibles.
  • Le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et une mauvaise alimentation augmentent le risque de mourir d’une maladie non transmissible.
  • La détection, le dépistage et le traitement des maladies non transmissibles, de même que les soins palliatifs, sont des éléments essentiels de la riposte contre ces maladies.

Aperçu général

Les maladies non transmissibles, appelées également maladies chroniques, tendent à être de longue durée et résultent d’une association de facteurs génétiques, physiologiques, environnementaux et comportementaux.

Les principaux types de maladies non transmissibles sont les maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cardiaques ou cérébraux), les cancers, les maladies respiratoires chroniques (comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou l’asthme) et le diabète.

Elles ont un impact disproportionné dans les pays à revenu faible ou intermédiaire qui recensent plus des trois quarts des décès dus à ces maladies, soit 31 millions de morts.

Qui est exposé au risque?

Toutes les tranches d’âges et toutes les régions sont affectées par les maladies non transmissibles. On les associe souvent aux groupes plus âgés, mais les faits montrent que 15 millions des décès attribués aux maladies non transmissibles surviennent entre 30 et 69 ans. On estime que plus de 80% de ces décès «prématurés» sont enregistrés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les enfants, les adultes et les personnes âgées sont tous vulnérables aux facteurs de risque, qu’il s’agisse de la mauvaise alimentation, de la sédentarité, de l’exposition à la fumée du tabac ou des effets de l’usage nocif de l’alcool.

L’expansion de ces maladies est alimentée par des phénomènes tels que l’urbanisation rapide et non planifiée, la mondialisation des modes de vies défavorables à la santé et le vieillissement des populations. La mauvaise alimentation et la sédentarité peuvent se traduire au niveau individuel par une augmentation de la tension artérielle, de la glycémie, de la lipidémie et l’obésité. On parle de facteurs de risque métaboliques pouvant entraîner des maladies cardiovasculaires, cause principale de décès prématurés.

Facteurs de risque

Facteurs de risque comportementaux pouvant être modifiés

Le tabagisme, la sédentarité, la mauvaise alimentation et l’usage nocif de l’alcool sont tous des comportements qui augmentent le risque de maladies non transmissibles, mais ils peuvent être modifiés.

  • On impute au tabac 7,2 millions de décès par an (y compris ceux par exposition à la fumée des autres) et, selon les projections, ce chiffre devrait sensiblement augmenter dans les prochaines années.1
  • On impute environ 4,1 millions de décès par an à une consommation excessive de sel/sodium.1
  • Plus de la moitié des 3,3 millions de décès par an imputables à l’alcool sont dus aux MNT, parmi lesquelles le cancer.
  • On peut attribuer 1,6 million de décès par an à une activité physique insuffisante.1

Facteurs de risques métaboliques/physiologiques

Les facteurs de risque suivants contribuent à 4 modifications du métabolisme qui augmentent le risque de maladies non transmissibles:

  • l’hypertension artérielle;
  • le surpoids/l’obésité;
  • l’hyperglycémie (élévation du taux de glucose dans le sang); et
  • l’hyperlipidémie (élévation du taux de lipides dans le sang).

En nombre de décès qui lui sont imputables, le principal facteur de risque métabolique est à l’échelle mondiale l’hypertension artérielle (responsable de 19% des décès dans le monde),1 suivie du surpoids et de l’obésité, puis de l’hyperglycémie.

Quel est l'impact socio-économique des maladies non transmissibles?

Les maladies non transmissibles compromettent les progrès pour la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, comportant la cible de réduire d’un tiers le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles d’ici 2030.

Il y a un lien étroit entre la pauvreté et les maladies non transmissibles . On prévoit que la croissance rapide des maladies non transmissibles fera obstacle aux initiatives de réduction de la pauvreté dans les pays à faible revenu, en particulier du fait de la hausse des dépenses de santé à la charge des ménages.

Les personnes vulnérables et socialement désavantagées sont malades et meurent plus vite que celles à un niveau social plus élevé, notamment parce qu’elles ont un risque plus grand d’exposition à des produits nocifs, comme le tabac, de mauvaises habitudes alimentaires et parce qu’elles ont un accès limité aux services de santé.

En situation de limitation des moyens financiers, les coûts des soins pour les maladies non transmissibles épuisent rapidement les ressources des ménages. Les coûts exorbitants des maladies non transmissibles, avec souvent des traitements longs et onéreux et la disparition des soutiens de familles, acculent chaque année des millions de personnes dans la pauvreté et étouffent le développement.

Prévention des maladies non transmissibles et lutte

Un moyen de lutte important consiste à réduire les facteurs de risque associés à ces maladies. Il existe des solutions peu coûteuses pour les gouvernements et les autres parties prenantes pour diminuer les facteurs de risque courants pouvant être modifiés. Il est important de suivre l’évolution et les tendances des maladies non transmissibles et des risques pour orienter les politiques et les priorités.

Pour atténuer l’impact des maladies non transmissibles sur les individus et la société, il faut une approche globale nécessitant que tous les secteurs, santé, finance, transport, éducation, agriculture, planification et d’autres, collaborent pour réduire les risques associés à ces maladies et fassent la promotion d’interventions pour les éviter et les endiguer.

Il est crucial d’investir dans une meilleure prise en charge des maladies non transmissibles , comprenant la détection, le dépistage, le traitement, ainsi que l’accès aux soins palliatifs pour ceux qui en ont besoin. On peut délivrer des interventions essentielles ayant un fort impact en faisant appel à l’approche des soins de santé primaires pour renforcer la détection précoce et le traitement rapide. Les faits montrent que de telles interventions sont d’excellents investissements économiques, car mises en œuvre rapidement pour les patients, elles peuvent réduire le besoin de traitements plus coûteux.

Il est improbable que les pays n’ayant pas une couverture suffisante de l’assurance-maladie puissent donner l’accès universel aux interventions essentielles contre les maladies non transmissibles. Les interventions de prise en charge sont fondamentales pour atteindre la cible mondiale d’une baisse relative de 25% du risque de mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles d’ici 2025 et la cible des objectifs de développement durable d’une diminution d’un tiers d’ici 2030.

Action de l’OMS

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 reconnaît les maladies non transmissibles comme un défi majeur pour le développement durable. Dans le cadre de ce Programme, les chefs d’États et de gouvernements se sont engagés à monter des actions nationales ambitieuses et d’ici 2030 à réduire d’un tiers la mortalité prématurée due aux MNT grâce à la prévention et au traitement (cible 3.4 des ODD).

Cette cible a été établie lors des réunions de haut niveau sur les maladies non transmissibles organisées par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2011 et en 2014, réaffirmant le rôle de leadership et de coordination de l’OMS pour la promotion et le suivi de l’action mondiale contre les MNT. L’Assemblée générale des Nations Unies convoquera une troisième réunion de haut niveau sur ce sujet en 2018 pour examiner les progrès accomplis et établir un consensus sur la voie à suivre de 2018 à 2030.

Pour aider les pays dans leurs efforts nationaux, l’OMS a élaboré un Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013–2020, comportant 9 cibles mondiales ayant le plus fort impact sur la mortalité mondiale due à ces maladies. Ces cibles portent sur la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles.


Référence

1 GBD 2015 Risk Factors Collaborators. Global, regional, and national comparative risk assessment of 79 behavioural, environmental and occupational, and metabolic risks or clusters of risks, 1990–2015: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2015. Lancet, 2016; 388(10053):1659-1724