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Maladies non transmissibles

Aide-mémoire N°355
Mars 2013


Principaux faits

  • Les maladies non transmissibles (MNT) tuent chaque année plus de 36 millions de personnes.
  • Près de 80% des décès dus aux MNT, soit 29 millions, se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Plus de 9 millions des décès attribués aux maladies non transmissibles surviennent avant l'âge de 60 ans. 90% de ces décès «prématurés» sont enregistrés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Les maladies cardiovasculaires sont responsables du plus grand nombre de décès dus aux MNT, 17.3 millions de décès par an, suivies des cancers (7,6 millions), des maladies respiratoires (4,2 millions) et du diabète (1,3 million1).
  • On impute à ces quatre groupes d’affections environ 80% de l’ensemble des décès dus aux MNT.
  • Elles ont en commun quatre facteurs de risque: le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et la mauvaise alimentation.

Aperçu général

Les maladies non transmissibles (MNT), également appelées maladies chroniques, ne se transmettent pas d’une personne à l’autre. Elles sont de longue durée et évoluent en général lentement. Les quatre principaux types de maladies non transmissibles sont les maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cardiaques ou cérébraux), les cancers, les maladies respiratoires chroniques (comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou l’asthme) et le diabète.

Les MNT ont déjà un impact disproportionné sur les pays à revenu faible ou intermédiaire, qui recensent près de 80% des décès dus à ces maladies, soit 29 millions. Elles sont les premières causes de mortalité dans toutes les régions, sauf en Afrique.

Cependant selon les projections actuelles, ce continent devrait enregistrer d’ici 2020 la plus forte augmentation du nombre des décès dus aux MNT. Celui-ci devrait dépasser le nombre cumulé des décès dus aux maladies transmissibles, aux maladies nutritionnelles et à la mortalité maternelle et périnatale. D’ici 2030, les MNT y deviendront la cause la plus courante de mortalité.

Qui est exposé au risque?

Toutes les tranches d’âges et toutes les régions sont affectées par les MNT. On les associe souvent aux groupes plus âgés, mais les faits montrent que plus de 9 millions des décès attribués aux maladies non transmissibles surviennent avant l'âge de 60 ans. 90% de ces décès «prématurés» sont enregistrés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Les enfants, les adultes et les personnes âgées sont tous vulnérables aux facteurs de risque, qu’il s’agisse de la mauvaise alimentation, de la sédentarité, de l’exposition à la fumée du tabac ou des effets de l’usage nocif de l’alcool.

Ces maladies sont induites par des phénomènes tels que le vieillissement, l’urbanisation rapide et non planifiée et la mondialisation des modes de vie défavorables à la santé. Par exemple, la mondialisation de la mauvaise alimentation peut se traduire au niveau individuel par une augmentation de la tension artérielle, de la glycémie, de la lipidémie, par le surpoids et l’obésité. On les appelle des «facteurs de risque intermédiaires» pouvant entraîner des maladies cardiovasculaires, qui font partie des MNT.

Facteurs de risque

Facteurs de risque comportementaux pouvant être modifiés

Le tabagisme, la sédentarité, la mauvaise alimentation et l’usage nocif de l’alcool augmentent le risque ou sont la cause de la plupart des MNT.

  • On impute au tabac près de 6 millions de décès par an (6 millions par tabagisme direct et 600 000 par exposition à la fumée des autres) et, selon les projections, ce chiffre devrait augmenter pour atteindre 8 millions d’ici 2030.
  • On impute environ 3,2 millions de décès par an à une activité physique insuffisante.
  • Environ 1,7 million de décès sont imputables à une faible consommation de fruits et de légumes.
  • La moitié des 2,3 millions2 des décès dus à l’usage nocif de l’alcool sont provoqués par des MNT.

Facteurs de risques métaboliques/physiologiques

Ces comportements entraînent principalement quatre modifications métaboliques/physiologiques augmentant le risque de MNT: hypertension artérielle, surpoids/obésité, hyperglycémie (trop de sucre dans le sang) et hyperlipidémie (trop de lipides dans le sang).

En nombre de décès imputables, le principal facteur de risque de MNT est l’hypertension artérielle (à laquelle on attribue 16,5% des décès dans le monde (1)), suivie du tabagisme (9%), de l’hyperglycémie (6%), de la sédentarité (6%) et du surpoids ou de l’obésité (5%). Le problème du surpoids chez les jeunes enfants croît le plus rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Quel est l'impact socio-économique des maladies non transmissibles?

Les MNT compromettent les progrès pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les Nations Unies. La pauvreté leur est étroitement associée. On prévoit que la croissance rapide des MNT fera obstacle aux initiatives de réduction de la pauvreté dans les pays à faible revenu, en particulier en obligeant les ménages à faire des dépenses de santé. Les personnes vulnérables et socialement désavantagées sont malades et meurent plus vite que celles occupant une position sociale élevée, en particulier parce qu’elles ont un risque plus grand d’exposition à des produits nocifs, comme le tabac, la mauvaise alimentation, et ont un accès limité aux services de santé.

Dans les situations de faibles ressources, les coûts de santé pour les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les pneumopathies chroniques peuvent rapidement épuiser les ressources des ménages et acculer les familles à la pauvreté. Les coûts exorbitants des MNT, avec fréquemment des traitements longs et coûteux et la disparition des soutiens de familles, acculent des millions de personnes par an dans la pauvreté et étouffent le développement.

Dans de nombreux pays, l’usage nocif de l’alcool, la mauvaise alimentation et les modes de vie défavorables à la santé concernent à la fois les groupes à revenus élevés et faibles. Toutefois, les premiers ont accès à des services et des produits qui les protègent des plus grands risques, alors que les seconds n’en ont pas les moyens.

Prévention des maladies non transmissibles et lutte

Pour atténuer l’impact des MNT sur les individus et la société, il faut une approche globale nécessitant que tous les secteurs, santé, finance, affaires étrangères, éducation, agriculture, planification et d’autres, collaborent pour réduire les risques associées à ces maladies et fassent la promotion d’interventions pour les éviter et les endiguer.

Un moyen important de faire reculer les MNT est de s’attacher à réduire les facteurs de risque qui leur sont associés. Il existe des solutions peu coûteuses pour diminuer les facteurs de risque communs et modifiables (principalement le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et l’usage nocif de l’alcool) et pour cartographier l’épidémie des MNT et de leurs facteurs de risque.(1)

Un autre moyen a trait aux interventions essentielles contre les MNT, ayant un fort impact et qui pouvant faire appel aux soins de santé primaires pour renforcer la détection précoce et le traitement en temps voulu. Les faits montrent que ces interventions sont d’excellents investissements économiques car, si on les applique de manière précoce aux patients, on peut réduire les besoins en traitements plus coûteux. Ces mesures peuvent être mises en œuvre à tous les niveaux de ressource. Le plus grand impact sera obtenu en établissant des politiques publiques qui favorisent la lutte contre les MNT et la prévention et réorientent les systèmes de santé pour satisfaire les besoins des personnes atteintes.

Les pays à faible revenu ont en général moins de moyens de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles.

La probabilité que les services de soins des MNT soient couverts par une assurance maladie est presque quatre fois plus grande dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu. Il est improbable que les pays ayant une couverture insuffisante de l’assurance maladie fournissent l’accès universel aux interventions essentielles contre les MNT.

Action de l’OMS

Le Plan d’action 2008–2013 de la stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles propose aux États Membres, à l’OMS et aux partenaires internationaux des mesures pour lutter contre les MNT dans les pays.

L’OMS agit aussi par des mesures atténuant les facteurs de risque associés aux MNT:

  • La mise en œuvre par les pays des mesures antitabac énoncées dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac peuvent réduire grandement l’exposition des populations au tabac.
  • La Stratégie mondiale de l’OMS pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé vise à promouvoir et à protéger la santé en permettant aux communautés de réduire les taux de morbidité et de mortalité liés à la mauvaise alimentation et à la sédentarité.
  • La Stratégie mondiale de l’OMS visant à réduire l’usage nocif de l’alcool propose des mesures et détermine des domaines d’action prioritaires pour protéger les populations de l’usage nocif de l’alcool
  • Comme demandé dans la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, l’OMS élabore un cadre global mondial de suivi comprenant une série d’indicateurs et de cibles mondiales volontaires pour la lutte contre les maladies non transmissibles.
  • Pour faire suite à la résolution WHA64.11 de l’Assemblée mondiale de la Santé, l’OMS élabore un Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 qui servira de feuille de route pour concrétiser les engagements pris lors de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le projet de plan d’action sera présenté à l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2013 pour adoption.

1 Sur la base de données tirées de certificats de décès.

2 Ce chiffre prend en compte l'impact estimé bénéfique des faibles niveaux de consommation d'alcool sur certaines maladies et auprès de certains groupes de population.

Référence

(1) Lim SS, Vos T, Flaxman AD, Danaei G, Shibuya K, Adair-Rohani H et al. A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable to 67 risk factors and risk factor clusters in 21 regions, 1990-2010: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010. Lancet 2012; 380(9859):2224-2260.

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