L’essentiel
- À l’origine de près de 10 millions de décès en 2024, soit presque d’un décès sur six, le cancer est l’une des principales causes de mortalité dans le monde.
- Les cancers les plus courants sont le cancer du poumon, le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer de la prostate.
- Près d’un quart des décès par cancer est dû au tabagisme, à la consommation d’alcool, à un indice de masse corporelle élevé, à une faible consommation de fruits et légumes ou à un manque d’activité physique. La pollution de l’air est également un facteur de risque important de cancer du poumon.
- Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, environ 30 % des cas de cancer sont d’origine infectieuse. Ils peuvent, par exemple, être consécutifs à une hépatite ou à une infection à papillomavirus humain (HPV).
- De nombreux cancers peuvent être guéris s’ils sont détectés précocement et traités efficacement.
Vue d’ensemble
Le mot « cancer » est un terme générique désignant un large groupe de maladies pouvant toucher n’importe quelle partie de l’organisme. On parle aussi de tumeurs malignes ou de néoplasies. Le cancer se caractérise par la multiplication rapide de cellules anormales, d’abord localement, puis dans le tissu avoisinant, puis à distance, où elles forment des métastases. La présence de nombreuses métastases est la principale cause de décès par cancer.
Nature du problème
À l’origine de près de 10 millions de décès en 2024, le cancer est l’une des principales causes de mortalité dans le monde. En 2024, les cancers les plus courants (en fonction du nombre de nouveaux cas) étaient les suivants :
- le cancer du poumon (2,6 millions de cas) ;
- le cancer du sein (2,4 millions de cas) ;
- le cancer colorectal (2 millions de cas) ;
- le cancer de la prostate (1,5 million de cas) ;
- le cancer de la peau (non-mélanome) (1,1 million de cas) ;
- le cancer de l’estomac (1 million de cas) ;
En 2024, les cancers à l’origine du plus grand nombre de décès étaient les suivants :
- le cancer du poumon (1,86 million de décès) ;
- le cancer colorectal (918 000 décès) ;
- le cancer du foie (732 000 décès) ;
- le cancer du sein (694 000 décès) ;
- le cancer de l’estomac (642 000 décès) ;
Les cancers les plus courants varient d’un pays à l’autre, et le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent chez les femmes dans 26 pays, principalement en Afrique subsaharienne et dans certaines parties d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale, de Mélanésie et d’Asie du Sud-Est.
Le cancer est une cause importante de décès chez les enfants et les adolescentes et adolescents. Chaque année, un cancer est diagnostiqué chez environ 400 000 enfants, adolescentes et adolescents âgés de 0 à 19 ans (2).
Causes
Le cancer est dû à la mutation de cellules normales qui deviennent tumorales, suivant un processus en plusieurs étapes qui a généralement pour point de départ une lésion précancéreuse, qui se transforme en tumeur maligne. Ces mutations résultent d’interactions entre des facteurs génétiques propres au sujet et des agents extérieurs classés en trois catégories :
- les cancérogènes physiques, comme les rayons ultraviolets et les radiations ionisantes ;
- les cancérogènes chimiques, comme l’amiante, les composants de la fumée du tabac, l’alcool, l’aflatoxine (un contaminant alimentaire) ou l’arsenic (un polluant de l’eau potable) ; et
- les cancérogènes biologiques, comme certains virus, certaines bactéries ou certains parasites.
L’OMS tient à jour une classification des agents cancérogènes par l’intermédiaire du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
L’incidence du cancer augmente considérablement avec l’âge, très vraisemblablement en raison de l’exposition cumulée à des facteurs de risque et car les mécanismes de régénération cellulaire tendent généralement à perdre en efficacité au fur et à mesure du vieillissement.
Facteurs de risque
Le tabagisme, la consommation d’alcool, une mauvaise alimentation, un manque d’activité physique et la pollution de l’air sont des facteurs de risque de cancer et d’autres maladies non transmissibles.
Certaines infections chroniques constituent, elles aussi, des facteurs de risque de cancer, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Environ 10 % des cancers diagnostiqués dans le monde en 2022 étaient imputables à des infections, notamment à celles dues à Helicobacter pylori, au papillomavirus humain (HPV), au virus de l’hépatite B, au virus de l’hépatite C et au virus d’Epstein-Barr (3).
Les virus de l’hépatite B et de l’hépatite C augmentent le risque de cancer du foie, tandis que certains types de HPV majorent le risque de cancer du col de l’utérus. L’infection à VIH multiplie par six le risque de cancer du col de l’utérus et accroît fortement le risque de certains autres cancers, comme le sarcome de Kaposi.
Réduction de la charge du cancer
À l’heure actuelle, il est possible de prévenir environ 38 % des cancers en évitant les facteurs de risque et en appliquant des stratégies préventives reposant sur des données probantes. On peut aussi réduire la charge du cancer grâce à une détection précoce et à un traitement et une prise en charge appropriés. La détection précoce et le traitement approprié de nombreux cancers augmentent les probabilités de guérison.
Prévention
Il est possible de réduire le risque de cancer :
- en ne consommant pas de tabac ;
- en gardant un poids de forme ;
- en adoptant une alimentation saine à base de fruits et légumes ;
- en faisant régulièrement de l’exercice physique ;
- en évitant de boire de l’alcool ou en en buvant moins ;
- en se faisant vacciner contre le HPV et l’hépatite B si l’on appartient à un groupe pour lequel la vaccination est recommandée ;
- en évitant de s’exposer aux rayonnements ultraviolets (provenant principalement du soleil et des cabines de bronzage) et/ou en prenant des mesures pour se protéger du soleil ;
- en veillant à un usage sans risque et approprié des rayonnements dans le cadre des soins de santé (à des fins diagnostiques et thérapeutiques) ;
- en limitant le plus possible l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants ; et
- en réduisant l’exposition à la pollution atmosphérique et à la pollution de l’air intérieur, notamment au radon (gaz radioactif issu de la désintégration de l’uranium, qui peut s’accumuler à l’intérieur des bâtiments – logements, établissements scolaires et lieux de travail).
Détection précoce
La détection et le traitement précoces des cas permettent de réduire la mortalité liée au cancer. La détection précoce repose sur deux éléments : le diagnostic précoce et le dépistage.
Diagnostic précoce
Si le cancer est diagnostiqué précocement, le traitement a plus de chances d’être efficace, ce qui permet d’améliorer la survie, de réduire la morbidité et de faire baisser les coûts. En détectant les cancers à un stade précoce et en évitant des retards de traitement, on peut sensiblement améliorer la vie des patientes et des patients.
Le diagnostic précoce comporte trois volets :
- la sensibilisation aux symptômes des différentes formes de cancer et à l’importance de consulter un médecin en cas d’anomalies ;
- l’accès à des services d’évaluation clinique et de diagnostic ; et
- l’orientation rapide vers des services de traitement.
Le diagnostic précoce des cas symptomatiques est important dans tous les contextes et pour la majorité des cancers. Les programmes de lutte contre le cancer doivent avoir pour but de réduire les retards et de lever les obstacles en matière de diagnostic, de traitement et d’accès aux soins de soutien.
Dépistage
Le dépistage vise à identifier les personnes dont les résultats d’examens sont évocateurs d’un cancer ou de lésions précancéreuses avant l’apparition de symptômes. Lorsque le dépistage met en évidence des anomalies, des examens complémentaires doivent être réalisés pour établir un diagnostic définitif et la personne doit être orientée vers des services de traitement si la présence d’un cancer est avérée.
Les programmes de dépistage sont efficaces pour certains types de cancer, mais pas tous. En règle générale, ils sont bien plus complexes et requièrent beaucoup plus de ressources que le diagnostic précoce, car ils nécessitent des équipements et du personnel spécialisés. Même lorsqu’il existe des programmes de dépistage, des programmes de diagnostic précoce demeurent nécessaires pour repérer les cas de cancer parmi les personnes qui ne répondent pas aux critères d’âge ou de facteur de risque établis pour le dépistage.
Pour éviter un taux excessif de faux positifs, la sélection des personnes pouvant bénéficier d’un dépistage se fonde sur l’âge et les facteurs de risque. Parmi les méthodes de dépistage employées figurent, notamment,
- les tests de dépistage du HPV (notamment par détection de l’ADN ou de l’ARNm), qui constituent la méthode à privilégier pour le dépistage du cancer du col de l’utérus ; et
- la mammographie pour le dépistage du cancer du sein chez les femmes âgées de 50 à 69 ans dans les régions où les systèmes de santé sont (relativement) robustes.
Les programmes de dépistage comme de diagnostic précoce nécessitent une assurance de la qualité.
Traitement
Il est essentiel de diagnostiquer correctement un cancer pour le traiter de façon adaptée et efficace, car chaque type de cancer nécessite un protocole de traitement spécifique. Le traitement du cancer repose généralement sur la chirurgie, la radiothérapie et/ou un traitement systémique (chimiothérapie, traitements hormonaux, thérapies biologiques ciblées). Le choix du protocole thérapeutique dépendra à la fois du cancer à traiter et du profil du patient ou de la patiente. Il est important que le protocole thérapeutique soit achevé dans un laps de temps défini pour obtenir le résultat thérapeutique attendu.
Il est essentiel de commencer par définir les objectifs du traitement. En général, il s’agit avant tout d’obtenir la guérison ou de prolonger considérablement la vie, tout en améliorant la qualité de vie. On peut y parvenir en prodiguant des soins contribuant au bien-être physique, psychosocial et spirituel, ainsi qu’en offrant des soins palliatifs en phase terminale.
Pour certains des types de cancer les plus courants, comme le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la cavité buccale et le cancer colorectal, la probabilité de guérison est élevée s’ils sont détectés précocement et traités selon les meilleures pratiques.
Pour d’autres types de cancer, comme le séminome testiculaire ou différents types de leucémies et de lymphomes de l’enfant, les taux de guérison sont élevés s’ils sont traités correctement, même en cas de métastases.
Cependant, la disponibilité des traitements varie sensiblement entre les pays en fonction de leur niveau de revenu. La plupart des pays n’incluent pas entièrement les services essentiels de prise en charge du cancer – y compris la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et les soins palliatifs – dans leurs programmes de prestations de santé financés par l’État, mettant en lumière des lacunes importantes dans l’instauration de la couverture santé universelle (4).
Soins palliatifs
Les soins palliatifs ne visent pas à guérir le cancer, mais à atténuer les symptômes et les souffrances qui en résultent, ainsi qu’à améliorer la qualité de vie des patients et patientes et de leurs proches. Les soins palliatifs peuvent aider les personnes à vivre plus confortablement. Ils sont particulièrement importants dans les lieux comptant une proportion élevée de patients atteints d’un cancer à un stade avancé, pour lesquels les chances de guérison sont minces.
Les soins palliatifs peuvent contribuer à atténuer les problèmes physiques, psychosociaux et spirituels chez plus de 90 % des personnes atteintes d’un cancer à un stade avancé.
Pour dispenser des soins palliatifs aux patients et aux patientes et soulager leur douleur ainsi que celle de leurs proches, il est essentiel de mettre en œuvre des stratégies de santé publique efficaces, prévoyant une prise en charge au niveau communautaire et à domicile.
Il est fortement recommandé d’améliorer l’accès à la morphine administrée par voie orale pour soulager les douleurs modérées à fortes causées par le cancer, dont souffrent plus de 80 % des patientes et des patients en phase terminale.
Action de l’OMS
En 2017, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la résolution WHA70.12 sur la « Lutte contre le cancer dans le cadre d’une approche intégrée », dans laquelle les États Membres et l’OMS sont instamment invités à agir plus vite pour atteindre les objectifs définis dans le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, en vue de réduire le taux de mortalité prématurée due au cancer.
L’OMS et le CIRC collaborent avec d’autres institutions des Nations Unies, dont l’Agence internationale de l’énergie atomique, et des partenaires afin :
- de renforcer l’engagement politique en faveur de la lutte contre le cancer ;
- de coordonner et de mener des recherches sur les causes de cancer chez l’être humain, ainsi que sur les mécanismes de la carcinogenèse ;
- de surveiller la charge du cancer (dans le cadre des travaux de l’Initiative mondiale pour le développement des registres du cancer) ;
- d’identifier les « meilleurs choix » et d’autres stratégies parmi les plus rentables pour prévenir et combattre le cancer et qui devraient être mises en œuvre en priorité ;
- d’élaborer des normes et des outils pour guider la planification et la mise en œuvre d’interventions visant à favoriser la prévention du cancer, le diagnostic précoce, le dépistage, le traitement, les soins palliatifs et les soins aux survivants, chez l’adulte comme chez l’enfant ;
- de renforcer les systèmes de santé au niveau national et local pour améliorer l’accès aux traitements contre le cancer ;
- d’établir le programme d’action en matière de prévention et de lutte dans le Rapport de situation mondial sur le cancer 2026 ;
- de jouer un rôle directeur au niveau mondial et de fournir une assistance technique pour aider les gouvernements et leurs partenaires à instaurer et à pérenniser des programmes de qualité pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus, conformément à la Stratégie mondiale en vue d’accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus ;
- d’améliorer la lutte contre le cancer du sein et de réduire le taux de décès évitables dus au cancer du sein, en mettant l’accent sur la promotion de la santé, le diagnostic rapide et l’accès aux soins, et en accélérant ainsi la mise en œuvre coordonnée de la nouvelle initiative mondiale de l’OMS relative à la lutte contre le cancer du sein ;
- d’aider les gouvernements à améliorer le taux de survie des enfants atteints de cancer au moyen d’une aide ciblée apportée aux pays, de réseaux régionaux et d’une action mondiale menée dans le contexte de l’Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant de l’OMS, reposant sur l’approche CureAll ;
- d’améliorer l’accès aux médicaments essentiels contre le cancer, en particulier dans le cadre de la Plateforme mondiale pour l’accès aux médicaments contre le cancer de l’enfant ; et
- de fournir une assistance technique pour favoriser un transfert rapide et efficace des interventions fondées sur les meilleures pratiques dans les pays.
Références bibliographiques
(1) Ferlay J EM, Lam F, Laversanne M, Colombet M, Mery L et al. Global Cancer Observatory : Cancer Today [site Web]. Centre international de recherche sur le cancer, 2026 (https://gco.iarc.fr/today).
(2) Steliarova-Foucher E, Colombet M, Ries LAG, et al. International incidence of childhood cancer, 2001-10 : a population-based registry study. Lancet Oncol. 2017;18(6):719-731.
(3) Fink H, Langselius O, Vignat J, Rumgay H, Rehm J, et al. Global and regional cancer burden attributable to modifiable risk factors to guide prevention. Nat Medicine. 2026;32(4):1306-1315.
(4) WHO global survey on the inclusion of cancer care in health-benefit packages, 2020–2021. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2024.