L’essentiel
- Toutes les populations ou presque consomment trop de sodium.
- L’apport moyen des adultes dans le monde est de 4310 mg de sodium par jour (équivalent à 10,78 g de sel par jour). (1) C’est plus du double de la recommandation de l’Organisation mondiale de la Santé qui est de moins de 2000 mg de sodium par jour pour les adultes (équivalent à < 5 g de sel/jour, soit environ une petite cuillère).
- Le principal effet sur la santé d’une alimentation riche en sodium est l’hypertension artérielle, qui augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer gastrique, d’obésité, d’ostéoporose, de maladie de Ménière et de maladie rénale.
- On estime que 1,89 million de décès chaque année sont associés à une consommation excessive de sodium. (2)
- La réduction de l’apport en sodium est l’une des mesures les plus efficaces et les plus économiques pour améliorer la santé et réduire la charge de morbidité due aux maladies non transmissibles : pour chaque dollar investi dans une des interventions de réduction du sodium, le retour sur investissement sera d’au moins 12 dollars des États-Unis.
Vue d’ensemble
La charge de morbidité due aux mauvaises habitudes alimentaires constitue un problème majeur pour la santé publique et le développement dans le monde entier. Il est nécessaire d’agir d’urgence pour modifier la surproduction et la surconsommation d’aliments et de boissons dont le profil nutritionnel n’est pas sain, principalement les aliments fabriqués par l’industrie agroalimentaire. Le plus grand sujet de préoccupation tient à la consommation excessive de sodium, de sucres et de graisses mauvaises pour la santé, en particulier les acides gras trans et les acides gras saturés, ainsi qu’à la faible consommation de céréales complètes, de légumineuses, de légumes et de fruits. Dans de nombreux pays à revenu élevé, et de plus en plus dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, une part importante du sodium dans l’alimentation provient des aliments transformés.
On estime que 1,89 million de décès chaque année sont associés à une consommation excessive de sodium, une cause bien établie d’hypertension artérielle et d’augmentation du risque de maladie cardiovasculaire. (2)
La réduction de l’apport en sodium est l’un des moyens les plus efficaces et les plus économiques pour améliorer la santé et réduire la charge de morbidité due aux maladies non transmissibles, un grand nombre d’événements cardiovasculaires et de décès pouvant ainsi être évités pour un coût total très faible. L’OMS recommande plusieurs mesures relatives à l’apport en sodium qui présentent un très bon rapport coût-efficacité et peuvent être prises rapidement par les pays pour prévenir les maladies cardiovasculaires et les coûts associés. Il s’agit notamment de réduire la teneur en sel des aliments ; de mettre en place un étiquetage sur la face avant de l’emballage ; de mener des campagnes dans les médias ; et de sensibiliser les services d’achat et de restauration publics.
Quelques notions sur le sodium
- Le sodium est un nutriment essentiel nécessaire au maintien du volume plasmatique, à l’équilibre acido-basique, à la transmission de l’influx nerveux et au fonctionnement normal des cellules.
- Une carence en sodium est extrêmement improbable chez les individus en bonne santé.
- L’excès de sodium a des conséquences néfastes pour la santé, dont l’hypertension artérielle.
- Les principaux facteurs contribuant à la consommation de sel dans l’alimentation dépendent du contexte culturel et des habitudes alimentaires d’une population.
- Le sodium et le chlorure sont les principaux composants du sel de table classique, mais le sodium existe sous d’autres formes et se trouve à l’état naturel dans divers aliments, comme le lait, la viande et les crustacés. Il est souvent présent en grandes quantités dans les aliments transformés tels que le pain, la viande transformée et les produits de grignotage, ainsi que dans les condiments (la sauce soja et la sauce de poisson, par exemple).
- Le sodium est également contenu dans le glutamate de sodium, un ingrédient et additif alimentaire utilisé dans de nombreuses régions du monde.
Recommandations pour réduire l’apport en sodium
- Pour les adultes, l’OMS recommande de consommer moins de 2 g de sodium par jour (équivalent à moins de 5 grammes de sel par jour), soit un peu moins d’une cuillère à café.
- Pour les enfants âgés de 2 à 15 ans, l’OMS recommande d’ajuster à la baisse la dose recommandée pour les adultes en fonction de leurs besoins énergétiques. Cette recommandation pour les enfants ne couvre pas la période de l’allaitement maternel exclusif (0-6 mois) ni celle de l’alimentation complémentaire avec poursuite de l’allaitement maternel (6-24 mois).
- Si vous choisissez d’utiliser du sel de table, l’OMS suggère de remplacer le sel classique par des substituts du sel à faible teneur en sodium contenant du potassium.
- Tout le sel consommé doit être iodé (enrichi en iode), un composé essentiel pour un développement sain du cerveau du fœtus et du jeune enfant et pour optimiser les fonctions mentales en général.
Interventions de santé publique visant à réduire l’apport en sodium
L’OMS a identifié un ensemble d’interventions fondées sur des données probantes et qualifiées de « meilleurs choix » pour lutter contre les maladies non transmissibles. Si elles sont entreprises immédiatement, ces interventions devraient se traduire par des résultats rapides en matière de vies sauvées, d’années de vie en bonne santé gagnées, de cas de maladies et de coûts évités.
Ces « meilleurs choix » pour réduire l’apport en sodium sont au nombre de quatre :
- reformuler les produits alimentaires afin qu’ils contiennent moins de sodium et fixer une cible concernant la teneur en sodium des aliments et des repas ;
- créer, dans les établissements publics tels que les hôpitaux, les établissements scolaires, les lieux de travail et les maisons de retraite, des conditions permettant de proposer une alimentation plus pauvre en sodium ;
- mettre en place un étiquetage sur la face avant de l’emballage et
- favoriser la communication et les campagnes dans les médias incitant à un changement des comportements.
L’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques de réduction de l’apport en sodium devraient être dirigés par le gouvernement et protégés contre d’éventuels conflits d’intérêts.
L’OMS a élaboré une carte des résultats (Sodium Country Score Card) permettant de suivre les progrès accomplis par les pays dans la prise d’engagements nationaux et l’adoption d’une approche diversifiée pour la mise en œuvre de politiques visant à réduire l’apport en sodium.
Comment réduire votre consommation de sodium ?
- en mangeant principalement des aliments frais et peu transformés
- en retirant la salière de la table
- en cuisinant sans ajouter de sodium/sel, ou très peu
- en utilisant des herbes et des épices pour aromatiser les aliments, plutôt que du sel
- en remplaçant le sel de table classique par des substituts à faible teneur en sodium et contenant du potassium
- en limitant l’utilisation de sauces, de vinaigrettes et d’autres produits tout prêts disponibles dans le commerce
- en limitant la consommation d’aliments transformés
- en choisissant des aliments à faible teneur en sodium ou des produits pauvres en sodium.
Convertisseur sodium-sel
Il vous permettra de convertir la teneur en sodium indiquée sur les produits alimentaires en grammes de sel et vice versa.
- 1 gramme de sel équivaut à 400 mg de sodium
- 5 grammes de sel équivalent à 2000 mg de sodium
Action de l’OMS
Les lignes directrices de l’OMS sur le sodium indiquent les seuils acceptables pour une bonne santé et décrivent des mesures visant à améliorer l’alimentation pour prévenir les maladies non transmissibles (MNT) chez les adultes et les enfants.
La Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé a été adoptée en 2004 par l’Assemblée mondiale de la Santé. Elle appelle les gouvernements, l’OMS, les partenaires internationaux, le secteur privé et la société civile à agir au niveau local, régional et mondial pour favoriser une alimentation saine et l’exercice physique.
En 2010, l’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé un ensemble de recommandations sur la commercialisation des aliments et des boissons non alcoolisées destinés aux enfants. Ces recommandations aident les pays à concevoir de nouvelles politiques et à renforcer celles qui existent déjà afin de réduire l’impact sur les enfants de la commercialisation d’aliments néfastes pour la santé. Les bureaux régionaux de l’OMS ont élaboré des modèles de profils nutritionnels que les pays peuvent utiliser dans l’application de ces recommandations de commercialisation.
En 2011, les dirigeants du monde se sont engagés à réduire l’exposition des populations à la mauvaise alimentation. Ils ont pris cet engagement dans la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles.
En 2012, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté 6 cibles mondiales en matière de nutrition, parmi lesquelles la réduction du nombre d’enfants présentant un retard de croissance, une émaciation ou une surcharge pondérale, l’amélioration de l’allaitement maternel, la réduction de l’anémie chez les femmes en âge de procréer, et de l’insuffisance pondérale à la naissance.
En 2013, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté 9 cibles volontaires à l’échelle mondiale pour la lutte contre les MNT, comprenant l’arrêt de la recrudescence du diabète et de l’obésité, et une baisse relative de 30 % de l’apport moyen en sel d’ici 2025. Le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 fournit des orientations et propose une série de mesures à l’intention des États Membres, de l’OMS et des autres institutions des Nations Unies pour atteindre ces cibles. Le calendrier pour atteindre ces objectifs a été prolongé jusqu’en 2030 par une décision de l’Assemblée mondiale de la Santé en 2019 afin qu’il soit aligné sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
En 2023, le premier rapport mondial sur la réduction de l’apport en sodium a été publié sur la base de la Sodium Country Score Card. Il vise à suivre les progrès accomplis et à recenser les domaines d’action dans l’application des politiques de réduction de l’apport en sodium et d’autres mesures au sein des États Membres ainsi que dans les Régions de l’OMS et les catégories de revenus selon la Banque mondiale.
Références bibliographiques
- Portail des données sur les maladies non transmissibles. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2022.
- Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) diet high in sodium. Global Burden of Disease; 2019.